‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 86 sur 174 · D DR · texte numérisé non relu

D DR

Bosc avait nommé ce type R. trifoliata. Donn la nommé R. cherokeensis (Hortus Cantabrigiensis, ed. 8, p. 170, 1815). ‘

En 1815, De Candolle (Catalogus plantarum Horti botanici Monspeliensis, p. 137) a décrit un R. nivea qui est le même que le R. laevigata; la diagnose laisse planer un peu d'obscurité sur l'identité spécifique, mais la description qu'en a faite postérieusement Seringe Sur des échantillons authentiques ne permet plus de douter.

Chose assez étrange, ce type si distinet, si reconnaissable, fournit à Lindley, à Seringe et à Trattinnick matière à la création de plusieurs espèces.

Lindley admet tout d'abord le R. laevigata Mx comme une espèce distincte : il en avait vu des échantillons dans l’herbier de Sabine ; d’après un dessin chinois qu'il a reproduit et d’après des plantes vivantes et des échantillons d’herbier, il admet, en second lieu, un À. sinica; et enfin avec une forme sétigère, il constitue son R. hystrix qu'il figure tab. 17. J'ai vu dans l'herbier du British Museum l'échantillon qui a servi de type à cette dernière prétendue espèce, échantillon recueilli par Sir Stauton dans le province de Kiang-si en Chine.

À son tour, Seringe admet comme espèce les À. hystrix, R. nivea et R. laevigata et de plus, interprétant très-mal une figure du R. laevigata donnée dans le recueil de planches publié sous le titre de : cones plantarum sponte China, etc., il en fait son R. amygdalifolia. Je dois toutefois ajouter que cet auteur dit du R. hystrix : « An R. niveae var.? »

Trattinnick adopte, de son côté, les R. hystrix, R. nivea et À. laevigata et crée, avec la figure chinoise du R. laevigata dont il vient d’être question, son R. cucumerina. Cet

auteur décrivant le dessin chinois attribue à son espèce des « styli in columellam longam, gracilem coaliti; » or le cône qui surmonte le disque du fruit représenté dans la planche chinoise n’est qu'une grossière représentation du capitule stigmatique qui a été exagéré et mal rendu.

Il est fort probable que le R. triphylla de Roxburgh est identique avec le R. laevigata, quoique certains botanistes aient voulu voir le À. triphylla dans cette forme cultivée qui a reçu récemment le nom de À. Eerkei, onveno

En 1828, W.-J. Hooker (Botanical Magazine, New Ser., II, n° 2847) a décrit l'espèce avec beaucoup de détails en lui attribuant une partie des synonymes que J'ai rappelés ci-dessus, et sa description est accompagnée d'une bonne figure. Cette nouvelle description laisse peu de chose à ajouter en ce qui concerne la variété non sétigère à l’état florifère.

Dans cette planche n° 2847, l’une des feuilles du ramuseule florifère est 5-foliolée, ce qui, d’après ce que j'ai vu, parait bien rare, du moins dans la patrie de l'espèce. Déjà Michaux attribuait à son À. laevigata des feuilles 5-5-foliolées, et en effet, dans une belle collection de planches peintes par Madame Van Bruyssel représentant des plantes du midi des États-Unis, jai vu le À. laevigata portant des feuilles 5-foliolées.

Remarquons que, dans sa patrie, le R. laevigata est assez fréquemment sétigère sur ses ramuscules florifères, et que les sétules peuvent envahir les branches. Entre la forme abondamment sétigère et la forme lisse, il existe des transitions qui ne laissent aucun doute sur l'identité spécifique de la variété laevigata (R. laevigata Mx) et la variété hystrix (R. hystrix Lindl.).

La corolle est décrite par tous les auteurs comme étant

d'un blanc pur, ce qui a fait donner à l'espèce le nom de R. nivea par De Candolle, mais M. Maximowiez a vu, à Jokohama, une variété cultivée à fleurs roses et inodores.

Dans cette variété, la corolle est très-grande et mesure

près de 9 centimètres de diamètre, et, chose assez singulière, les stipules, même les supérieures, ont leurs ailes longuement adhérentes au pétiole. Malgré la couleur tout à fait exceptionnelle de la corolle et l'espèce d’anomalie présentée par les stipules, je ne pense pas qu'il soit besoin d'invoquer l'hybridité pour expliquer ces deux accidents, probablement dus à la culture.

Lindley avait rangé le R. laevigata dans sa section des Banksiae ; celle-ci, selon cet auteur, comprend en outre les espèces suivantes : R. sinica Aït., R. recurva Roxb., R. setigera Mx, R. hystrix Lindl., KB. microcarpa Lindi. et R. Banksiae. Ainsi que je lai démontré précédemment, les R. laevigata, R. sinica et R. hystrix représentent le même type spécifique ; d'autre part, le R. setigera, dont j'ai vu l'échantillon type dans l'herbier de Michaux, est identique avec le R. rubifolia R. Br., qui est une espèce de la tribu des Synstylae, comme Fest du reste le R. microcarpa; de sorte que la section des Banksiae se réduirait à trois espèces, et même à deux : le R. recurca n'étant qu'un type obseur et qui n’est Jusqu'ici connu que par une description très-vague. Reste maintenant à voir si le R. laevigata peut rester associé au R. Banksiae. Ces deux types n’ont en commun que desstipules plus ou moins libres et plus ou moins caduques et, en dehors de cela, ils présentent de telles dissemblances, qu'il n'est pas possible de les tenir rapprochés dans la même section naturelle.

Le R. laevigata est fortement aiguillonné, tandis que

le R. Banksiae est ordinairement inerme ; le premier a les feuilles presque toujours 5-foliolées et non ordinairement 5-foliolées comme dans le R. Banksiae; ses fleurs sont solitaires et non réunies en une espèce d'ombelle simple; son réceptacle fructifère devient gros en prenant une forme toute spéciale et est couronné par les sépales persistants, tandis que dans le R. Banksiae, le réceptacle fructifère est très-petit et dénudé au sommet par la chute des sépales, qui restent réfléchis après l’anthèse.

Il est pour moi hors de doute que le R. laevigata constitue un type à part et qu'il doit donner lieu à la création d’une nouvelle section. On pourra assigner à celle-ci, qui jusqu'à présent serait monotype, le nom de Sinicae, afin de rappeler ainsi le nom de R. sinica, appliqué si généralement à l'espèce en question.

La véritable patrie du R. laevigata est incontestablement l’extrème Orient.

Michaux croyait que cette espèce était indigène en Amérique; mais depuis cet auteur des doutes se sont élevés, et malgré la rapide propagation de ce type en Géorgie, dans l’Alabama, la Floride, la Caroline du Sud, la Louisane et la Jamaïque, la plupart des auteurs américains le considèrent comme étant d'origine étrangère. Remarquons du reste que cette magnifique Rose s'est également naturalisée au Cap de Bonne-Espérance, où MM. Kuhl et v. Hass l’ont observée entre 100 et 150 pieds d'altitude (Herbier du Musée de Leyde).

Au Japon, elle est fréquemment cultivée dans quelques localités, de facon qu'il n’est guère facile de distinguer quand les échantillons d’herbier à fleurs simples ont été recueillis dans les jardins ou dans le voisinage de ceux-e1. Von Siebold la cultivait au Japon sous le nom de

R. Camellia. M. le D' Maximowiez, qui l'a récoltée à Nagasaki et à Jokohama, dit, sur l’une des étiquettes accompagnant des échantillons de la première localité : « In sepibus et muris frequens, vix non semper culta. » Outre les localités de Nagasaki et de Jokohama, j'en ai vu des spécimens récoltés par M. de Brandt à Hakodadi, mais Je ne sais s'ils proviennent des jardins ou s'ils sont indigènes. En présence du témoignage de M. Maximowiez, il est permis de concevoir quelques doutes sur l'indigénat de l'espèce au Japon.

M. Oldham l'a recueillie à Tamsuy, dans l'ile Formose, où elle est peut-être indigène.

Voici maintenant les localités chinoises qui me sont connues par des échantillons : Chusan. Com. M. de Monügny, 1855 (Herb. Hort. Paris.). — Province de Kouy- Tcheou. Com. Perny, 1858 (Ibidem). Shanghai. Com. Helol et d’Argy, 1865 (Ibidem). Whampoa. Coll. Hance, 1860 et 1872. Province de Kiang-si. Coll. Sir Stauton (Herb. Brit. Mus.).

J'ai en outre vu des spécimens recueillis dans le nord de la Chine par Fortune, en 1845 et 1847 (Herb. Mus. Paris. et Hort. bot. Petrop.).

M. Bentham (Flora Hongkongensis, p. 106) la signale, d'après M. Harland, à Hongkong.

En somme, 1l est certain que cette espèce habite bien la partie sudo-orientale de la Chine et peut-être une partie de la région boréo-orientale du même empire, qu'elle s'étend dans les iles Chusan et qu'elle atteint Formose. Il restera à s'assurer si elle n’a pas été introduite au Japon.

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