‹ Princes de l'espritChapitre 2 sur 6 · MON CHER AMI LE D' MAURICE BOIGEY · texte numérisé non relu

MON CHER AMI LE D' MAURICE BOIGEY

JTai écrit ces études, au cours des années, sur des êtres qui ne sont plus. Mais ils vivent toujours pour moi. Je songe à eux avec une gratitude infi' nie. Je les vénère. Je leur dois de beaux songes ou de profonds conseils, et Je ne cesse de leur en redemander.

Je les appelle Princes de l'Esprit. Certains sem^ bleront devoir être appelés plutôt des Princes de la Forme. Mais je ne me suis pas trompé. Forme et Esprit ne sont qu'un, dans ces hommes admirables. Un fil d'or les relie. Il m'a guidé pour préciser en' tre eux certaines correspondances subtiles. Au fond, ils ont tous cherché la même chose, avec ingénuité. Les artistes sont des enfants perdus qui s'en vont vers l'inconnu, l'ignoré, le noir, comme nous tous. Mais ce sont de merveilleux et prudents petits Poucets qui sèment derrière eux des cailloux blancs.

pour retrouver leur route. Ils ne reviennent pourtant jamais. C'est l'humanité qui, timide et curieuse, s'aventure à leur suite, et elle trouve les cailloux blancs, qui sont des joyaux sans prix. Elle les appelle des chefs-d'œuvre, et de chef-d'œuvre en chef-d'œuvre elle avance en tâtonnant sur le chC' min de l'infini et de l'inconnaissable.

Ni siècles, ni techniques, ne séparent vraiment ces hommes. Ils sont pareils par la foi, la bonté, V amour. Ils se ressemblent dans les bienfaits qu'ils nous offrent. Je ne les étudie que comme les diverses facultés d'un même être surhumain. Ils sont la noblesse du monde. Ils nous font tous signe (V aller plus liaut.

Page 1