PROLOGUE
MAXIMILIEN
Comment?... lu es donc?...
BUSCHE
Eh ! oui I Biische !... voire ancien précepteur, Busche !... Ma perruque me change-i-elle au point que vous no reconnaissiez pas votre fidèle Nicklausse Biischc. (ii ôie sa perruque.)
MAXIMILIEN
Ah I mon pauvre ami I
KOENISGMARK, à part.
Encore un joli nom, Busche !
BUSCHE
Hélas I vous le voyez! en fuite comme vous ; victime, comme vous, de ma pétulance et de mon étourderie l
KORMGSMARK, à part.
On est jeune I...- '
BUSCHE, reinettaDt sa perruque.
Réduit à cacher sous li- nom et la perruque de Basimus, les chagrins et les iribula lions de NicKlaus.se Busche.
MAXIMILIEN
Ainsi c’est bien vrai, ce que je viens de lire?... Sophie est mariée à Georges?
BUSCHE, s>' relevant.
Hélas ! oui, monseigneur, defiuis plus de six mois !
MAXIMILIEN, se lovant.
Infamie !
KOENIGSMARK
Allons! mon prince, du courage I Soyez homme, que diable!
MAXIMILIEN
Mais commeiil ce mariage a-t-il pu ?e conclure?. . . dismoi... raconte-moi... NonI c’est imp'ossiblel (il déchire la gravure et en jette les morceaux.)
ilUSCHE.
La princesse a clé demandée en mariage par le duc, voire frère, peu de temps après votre départ. Les droits éventuels du duc de Zelle à la couronne d’Angleterre ont clé sans doute les causes...
MAXIMILIEN
Tu as raison! l’ambiliou de mon frère ne pouvait laisser écliapper une si liclle proie. Mais que Sophie ail pu consentir à col odieux mariage, ait! c'col a douter de tout! (il tombe sur uo banc, la têtu autre set mains.)
PHINCESSE ET FAVORITE
Eh! monseigneur, comment résister aux obsessions dont elle a été l’objet?... A quelles infimies n’aura-t-on pas eu recours pour obtenir son consentement? Rien n’a transpiré des sourdes intrigues qui ont précédé le mariage, mais M. Platen, mon très-honoré frère, en était l’âme, c’est tout vous dire!
KOENIGSMARK
Ah I vous êtes le frère de...
BUSCFIE.
Hélas! oui, monsieur, son frère et son beau-frère.
KOENIGSMARK
Comment cela ?
BtJSCHE.
Tel que vous me voyez, J’ai commis l’irréparable folie d’épouser la sœur de madame Platen.
KCENIGSHARK.
Bah!
BUSCHE
Que voulez-vous? On a beau être alchimiste et grammairien, on n’en est pas moins homme. Son regard m’avait fasciné! par malheur, je m’aperçus bientôt qu’il en fascinait d’autres! *
KOENIGSMARK
Aïe!
BUSCHE
Une pastorale où madame Biische, en liamadryade, joua, chanta, dansa et se développa sous tous les aspects, fournit à ma jalousie l’occasion d’éclater!
Vous êtes jaloux?
• BUSCHE
Comme un tigre! Je m’oubliai, je m’emportai, je fis devant toute la cour un épouvantable scandale... Déjà suspect pour la tendre affection que jo portais au prince Maximilien, il n’en fallait pas plus pour me jeter dans quelque prison d’Élat, et madame Busche n’était pas femme à laisser échapper une si belle occasion de se débarrasser de moi!... Je compris la situation en un clin d’œil, monsieur, et, avant que la cour fût revenue de sa stupeur, j’étais déjà loin, tournant le dos à Hanovre et à ma femme.
KOENIGSMARK
Vous êtes prudent!
PHOLOGUE
BUSCItE.
Comme un lièvre!... El voilà pourquoi, monsieur, je cours les grands chemins, ma balle de colporleur sur le dos, au risque parfois de coucher à la belle étoile, et, ce qui esl plus grave, d’êire pendu.
K(KNIGSMARK.
II esl certain, mon cher monsieur Busche, que c’est assez
d être... (Coups de feu, cris au dehors.)
BUSCHE, faisant un bond.
Aïel...
ROENIGSMARK.
Quel est ce bruit?
CORBACH, paraissant an fond du théâtre.
L’ennemi, Kœnigsmark! à chevall à cheval I (n disparaît.)
K(£NIGSMARK.
Une surprise! diable I
MAXIMILIEN, se lorant.
Un mot!'... voici l’anneau de la princesse! tu le lui reporteras quand je nesiTai plus, et lu lui diras que je suis mort en pensant à ellel (ll lui donne labaRue.)
K(F.NKiSMAHK.
Vous voulez mourir?...
MAXIMILIEN
Oui.
BUSCHE
Ahl mon Dieu!
MAXIMILIEN
Tu me promets de faire ce que je te dis?
KŒNIGSMARK.
Je vous le promets; mais vous êtes un fou I
Mourir !... à votre âge!
MAXIMILIEN
J’ai trop vécu, mon pauvre ami, puisque j’ai vu le parjure de celle en qui je croyais comme eu Dieu! ... embrasse-moi!
BUSCHE , embrassant M.iximilien.
Ah! vous voulez mourir!... je ne vous aurai retrouvé que pour vous perdre!... et c’est moil... Eh bien I je mourrai avec vous I
MAXIMILIEN
A chevall Kœnigsmark.
KCENIGSHARK.
A cheval 1... (Kœoigsmark el Maximilien sortent.)
BUSCIIE.
A cheval!... (S’arrfiam.) Un inslanll... d’ahord je n’ai pas de cheval ! .. cl puis ma femme rirait trop si elle me savajt tué par les Turcs I Non' eon! je ne lui donnerai pas ce plaisir-là! (Pleurant ) Mon pauvre Maximil icnl mon cher enfant! AhI les Tiircsl les femmes! que le diable soit des femmes et des Turcs 1 (ll se cache sous la table ; au dehors les hnrras se mêlent an bmit de la fusillade; |a toile tombe.)