‹ Princesse et favoriteChapitre 103 sur 105 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

S re palais, les ordres secrets qu’il a reçus de nous, pour laéfense de notre personne et de notre honneur grièvement offensés..., et ce sera justice... En foi de 'quoi nous avons signé Georges. > (II descend du piédestal.)

ÉLISABETH

Vous avez entendu ?

REYNHOLD.

Que faut-il faire?

C’est à voire dévoûment que votre maître s’adresse, mes amis; c’est son honneur qu’il remet entre vos mains...

TRAUGOTT, Ui remettant le papier.

Que faut-il faire ?...

ÉLISABETH

Il faut tuer ceux qui vont sortir par cette porte.

. REYNHOLD.

M. de Kœnigsmark ?

La duchesse ?

TBAUGOTX-

ÉLISABETH

Je vous ai dit : ceux qui sortiront par celte porte I

TRAUGOTT

Diable!... c’est que...

ÉLISABETH

Vous hésitez ?

TRAUGOTT

Cela méritait d’êlre écrit en toutes lettres...

ÉLISABETH

Qu’importe? l’ordre n’est-il pas précis? n’avons-nous pas les pleins pouvoirs de Son Altesse ?

TRAUGOTT

Monsieur le comte... ou vous ?...

ÉLISABETH

Mais parlez donc, monsieur Platen...

PLATEN

Il me semble que mon silence confirme assez ce que vous dites...

REYNHOLD.

C’est que M. de Kœnigsmark est homme à en découdre, madame I

ÉLISABETH. '

Vous dit-on de l’attaquer en face ?

TBAÜGOTT.

Et puis nous ne nous soucions pas de tuer des l'emmes.

KLISABETll.

Quand votre maître l’ordonne !

TRAUGOTT

Il peut s’en repentir demain...

ÉLISABETH, se retournant vers Platcn,

Que leur avez-vous donc donné ?

PLATEN

Cent florins à chacun.

ÉLISABETH, anx Trabans.

Je vous en promets cinq cenlsl... Est-ce trop peu ?... tenez I... voilà mes bracelets, mon collier 1 partagez-vous

tout cela ! (Elle jette aux Trabans son collier et ses bracelets ; regardant la porte.) AhI pourvu qu’ils ne sortent pas encore !...

TRAUGOTT, anx autres Trabans.

Qu’en dites-vous ?

REYNHOLO.

Puisque le duc le veut t

TRAUGOTT

Allons I (a Élisabeth.) SoitI

ÉLISABETH

Enfin !... vous ne reculerez pas au moins.

TRAUGOTT

Soyez tranquille 1 ce qui est dit est dit. (La lumière de la fenêtre disparaît.)

PLATEN

La lumière s’éteint !...

Placez-vous là... sous l’escalier... vous, de ce côté, de façon à l’envelopper!... vous me comprenez bien?... et surtout ne frappez pas avant...

TRAUGOTT

Eh, madame !... nous savons ce qui nous reste à faire. (Les Trabans se postent sons la cage de l’escalier.)

PLATEN, il Élisabeth.

Venez-vous ?

ÉLISABETH

Où donc ?

ACTK CINQUIÈME 123

PLATEN

Mais... je suppose que vous ne comptez pas...

ÉLISABETH

Et qui nous répond de ces hommes, si nous les abandonnons?... ^

PLATEN

Pardon!... c’est déjà beaucoup que mon nom soit sur ce papier, et je vous avoue...

ÉLISABETH

C’est bien !... je ne vous retiens pas, monsieur!... vous êtes libre !

Tudieu !... vous êtes jalouse !... (il s’éloigne.)

ÉLISABETH

Lâche! (An* Trabans.) Vous êtes prêts? (Écoutant.) Süencel... (Elle se jette derrière le piédestal de la statue et se trouve placée de façon à ce que l’escalier lui masque la vue de la pièce d'eau. La porte du pavillon s’ouvre ; Kcenigsmark parait an haut de l’escalier et s’arrête sur le perron.)

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