SCÈNE IX
SOPHIE, MADEMOISELLE DE KNESEBECK
SOPHIE, éclatant en sanglots.
AhI Cliarlolte! ma pauvre Gharlotle! comprencls-fu mainlenanl dans quel abime je suis tombée?... (Elle se laisse tomber dans un fauteuil.)
MADEMOISELLE DE KNESEBECK
Madame!...
SOPHIE
Ai-je assez soulïerl! suis-je assez humiliéel... ohl cette femme !... celle femme, qui triomphe de son abjection même!... qui se pare de ma douleur!... et qui insulte à mes larmes I...
MADEMOISELLE DE KNESEBECK
Aussi, madame, on vous aime et l’on vous plaint.
SOPHIE
On me plaint donc bien bas!... Non, Charlotte ; Française par ma mère, je ne suis ici qu’une étrangère. L’intérêt jette aux pieds de la favorite tous ceux que l’indifférence éloigne de moi, et, s’il se trouve un cœur compatissant, il se tait, cl l’égoïsme étouffe en lui la pitié! (Se levant.) AhI ma pauvre mère!... que vous aviez raison, quand vous me disiez que le sort des princesses élan lamentablel et que vous faisiez bien de pleurer quand un Platen venait m’arracher de vos bras !... O ma maison bien-aimée !... ô chers vallons où je courais toute petite! ô temps où l’on m’aimait!...
MADEMOISELLE DE KNESEBECK
Ah! madamel je suis sûre qu’il vous aime toujours!
SOPHIE
Hélas! que dis-tu là?... oublies-tu celle lettre écrite par Maximilien à une autre femme!... et à ijui, grand Dieu! à elle!... oli ! ne cherche pas à le justifier! il ne m’a jamais aimée, Charlotte ; jamais 1
MADEI10ISEI.I.E DR KNBSEBECK.
Pourquoi donc alors a-l-il publique uenl insulté madame Platen?..,
SOPHIE
Eh! que sais-je? par jalousie, rans doule I... N’esl-ce pas là ce que M. Plalen a dit à ma mère!...
M.\DRUOISEI.LE DE KNESEBECK
C’est M. Plalen qui vous a luire lire celle lettre, madame! cela suflil pour n’y pas croire.
Ah! si lu dis vrai... (Chancelant.) Mon Dieu!... Charlotte! je n'y vois plus!...
MADEHOISEI.'.E DE RNRSEBECK. soolenant Sophie.
Madame!... qu’avez-vous?... (Elle l’aide à s’asseoir sur un fanleuil ) Ah! ciel!... elle se trouve mal!... quelqu’un!... du secoursl...