ACTE DEUXIÈME
SCHWARTZ
C’est monsieur Busche qui vous a dit cela?
BUSOHE.
11 est vrai que nous avons beaucoup causé pendant le peu de temps que j’ai eu le plaisir de le connaître.
SCHWARTZ
Ehl eh! vos drogues ne devaient pas le mettre de bonne humeur, entre nous.
On ne ment pas devant la mort, monsieur le baron.
SCHWARTZ
Et... que reprochait-il à sa femme, ce monsieur Busche?
BUSCHE
Oh ! tout simplement d’être coquette, futile, minaudière, envieuse, perfide, hypocrite, astucieuse, impudente, bavarde, menteuse, médisante, gourmande, vaniteuse, indolente, colère, avare, et mçchante comme la peste.
SCHWARTZ
Voilà tout?
BUSCHE
Ce n’est pas assez?...
SCHWARTZ
Ehl eh! je sais tout cela aussi bien que vous, monsieur Rasimus?...
BUSCHE
Hein?
SCHWARTZ
Mais à côté de ces petits défauts, inséparables de la nature humaine, madame Busche a une vertu dont vous ne parlez pas et que M. Busche ne savait pas apprécier.
BUSCHE
Laquelle ?
C’est d’être la sœur de madame Platen I une femme supérieure, monsieur Rasimus, dont le beau-frère, s’il a un peu d’esprit, peut prétendre aux plus hautes destinées.
BUSCHE
Oui, entre autres à celle de Ménélas, de Vulcain, d' Amphitryon, de Putiphar, et de quelques autres personnages célèbres.
PRINCKSSE ET FAVORITE
SCHWARTZ
Ben I ce sont là des bagatelles auxquelles un philosophe ne prend pas garde.
nUSCME.
De sorte qu’en dépit de ces bagatelles vous persistez à vouloir épouser ma... madame Rusche ?
SCHWARTZ
Parraitemeut !... Est-ce la tout ce que vous aviez à me dire?
BUSCIIE.
Eh bien! non !... Je voulais vous cacher la vérité, monsieur le baron, mais il est impossible de voir se noyer un honnête homme comme vous sans lui tendre la perche! (a pari.) Bandit 1
SCHWARTZ
Qu’est-ce donc?
BUSCHE, ti pari.
Au l'ait! puisque j'ai sauvé Busche deux fois, je peux bien le sauver une troisième. (iiaut.) Busche est vivant, monsieur le baron!
SCHWARTZ
Vivant !...
BUSCHE
Cbuil... ce malheureux était traqué comme une bête fauve ; — il m’a supplié de le faire passer pour mort, comprenez-vous? et il a pris la clef des champs.
SCHWARTZ
Mais... un mort ne s’en va pas comme cela sans qu’on s’en aperçoive 1 qui avez-vous mis à sa place?
BUSCHE
Un Turc!...
SCHWARTZ
Diable!... voilà qui devienlgravel... je ne peux pourtant pas me rendre complice de bigamie! Si encore j’ignorais... — Pourquoi me l’avez-vous dit?... ou plutôt quel besoin aviez-vous de sauver ce coquin?... vous ne pouviez pas con- ' linuer vos expériences?... c’est honteux!...
BUSCHE, h pari.
Je suis peut-être allé un peu loin; mais au moins il ne l’épousera pas !
SCHWARTZ, se parlael & lui-même.
Je sais bien que le mariage ne changerait pas grand’chose à mes affaires...
Hein?...