‹ Princesse et favoriteChapitre 48 sur 105 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

(Ja oratoire cliigaDt. — Portières de velonrs.

scEnk imiemiEke

ÉLISABKTH, BUSCHE

(Elisabeth est noochalanimciit élonduc sur un divan cl s’évente, Busche est debout devant elle.)

ÉLI.*ABETH .

Ainsi vous m’avez l)ien comprise, monsieur Rasimiis? un poison violent, acljf, discret surloul, qui épargne aux mourants les longs discours et les soniïrances inuliles, qui puisse lenir au besoin dans le chaton d’une bague, un poison de bonno compagnie, enfin.

RUSCIIE.

Oui, madame la comtesse.

ÉI.ISABETII.

N’esl-ce pas d’un sen:blrblc poison que vous avez fait |’hi‘uieu'''e expérience sur ce pauvre .\1. Biischc?

niTSCIlE.

Oui, madame la comtesse.

ÉLISAnETII, souriant.

Je vois à voire air cU'aré que vous supposez des choses qui sont fort loin de la vérité, |C vous jure... rassurez-vous, docteur!... je ne suis pas si méchante que vous le croyez.

llUSr.HE.

Oh! madame la comtesse...

ÉI.ISABETH.

Puisqu’il vous faut ma confidence tout entière, la voici : Je suis an faite des grandeurs et du pouvoir; je commande ici en reine; on me flatte, on m'admire, un m’envie... J'ai une cour à moi; cour ciii|)ressee et docile qui ne cherche qu’à dcNiiier mes désirs et à prévenir mes caitricos... Cela

serait tout à fait charmant, doclour, si cela était éternel... Malheureusement mon palais est bâti sur le sable et peut s’écrouler en un moment, comme ces demeures enchantées des contes de fée qu’un coup de baguette édifie et fait disparaître... Eh bien! le jour où je serais entraînée dans ct‘s ruines, où de ces splendeurs je serais précipitée dans la honte el l’oubli, ce jour-lh, je veux auprès de moi un ami sûr qui me suive dans ma chute et m’aide du moins à tomber avec grâce.

BÜSCHE.

C’est d’un grand cœur, madame la comtesse! (a pari.) Si tu çrois que je suis la dupe.

ÉUSABETH.

Quand aurai-je ce poison?

BUSrilE.

Mais... le temps de réunir certains éléments... indispensables...

ÉLISABETH, se levaDt et d’un ton impérieux.

Il me le faut ce soir.

BUSCHE, après un moment de silence.

Vous l’aurez.

ÉLISABETH

Maintenant, monsieur Rasimus, je ne vous dissimule pas que la discrétion est pour vous une question de vie ou de mort,

BÜSCHE.

De morti...

ÉLISABETH

C’est à moi que vous devez de ne pas avoir été arrêté avec M. de Kœnigsmark.

BÜSCHE.

Mais, madame, je vous jure que j’ignorais...

ÉLISABETH

Quoi donc?... croyez-moi, docteur, ne jouons pas au plus lin!... votre vie est dans mes mains; servez-moi avec zèle, je vous sauve; essayez de me tromper, je vous abandonne à M. Plalen... est-cé clair?

BÜSCHE.

Ohl... parfaitement clair. (La porto s'ouvro et Catherine parait.)

ÉLISABETH, so retournant.

Qui vient là?

BÜSCHE, à part.

Ma femme!... seigneur Dieu !... faites qu’elle ne me reconnaisse pas !...

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