PROLOGUE
MAXIMILIEN
i\ Tu ne crois donc pas à la vertu des femmes?
' KGENICSMARK.
j Tout juste comme je crois au diable.
MAXIMILIEN
I El lu ne crois pas au diable?
KOEMGSMARK.
j Tout juste comme je crois à la vertu des femmes.
MAXIMILIEN
Eh bien I je te demande grâce pour ma cousine.
KOENIGSMARK
A la bonne heure! il n’y a que la foi qui sauve!
MAXIMILIEN, sVt(*nd»nt sur no lit de camp.
Tu as trop vécu, Kœnigsmark.
KOCNIGSMARK.
El vous pas assez, monseigneur... Quoi qu’il en soit, complez, sur mon silence et sur mon dévoûmenl.
MAXIMILIEN, lui serrant lamaiD.
Merci.
KOENIGSMARK
Bonsoir, monseigneur !
MAXIMILIEN
Bonsoir, Kœnigsmark! (ii s’endiri.)
KŒMGS.MARK, s’asseyant et se versant k boire.
Brave cœurl... ah ! la jeunesse!... adorable naïveté I sublime confiance! (ll se retoamn vers Maximilien.) Le voilà qui s’endort, avec son anneau au doigi, en chantant des cantiques à la fidélité de sa maitresse 1 Ah I moi aussi, j’ai aimé ! moi aussi, j’ai chanté des cantiques !... El je ne chante plus que des chansons. (Chantant à demi-voix.)
Si quelquefois.
Suivant nos douces lois,
La raison se perd et s’oublie,
Ce que ie vin nous cause de folie Commence et finit en un jour;
Mais quand un cœur est enivré d’arnour...
Souvent c'est pour toute la vie!
(ll boit.)
Ce n’esl pas vrai ; mais c’est la chanson qui le dit. (Sc levant et regardant Maximilien.) Il paraît que SQ eoilfldence lui B fait retrouver le sommeil; je ne l’avais jamais vu si bien dormir.. .Tâchons d’en faire autant! (ii s'étend sur une fourrure.)
Je gage que je vais rôver de madame Plalen !... tudieu !... quelle femme !... (Fredonnant.)
Mais quand un cœur est enivré d’amour...
(S’ondornnant.)
Oui, oui... c’est pour toute la vie...
Bonsoir!...
BUSCHE, dans la conlisse.
Je VOUS en supplie, mes bons messieurs, ne me faites pas de mal.
UNE VOIX, dans la conlisse.
Allons, marche, coquin !
KOENIGSMARK, se relevant.
Qu’esl-ce que cela? (Bnsche, condnit par nn sergent et déni soldats, parait à l’entrée de la tente.)