‹ Princesse et favoriteChapitre 75 sur 105 · ACTE QUATHIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATHIÈME

votre convoitise, que votre ambition voulût s’assurer des droits à une couronne royale, je le comprends! mais vous ne prétendiez pas être aimé, Je suppose !

Non, madame, et je ne vous aimais pas!... Ah! vous pleurez mon frère! Il vous a donc laissé un bien tendre souvenir, ce bel amoureux!.,. Soyez franche jusqu’au bout! Il allait à la cour de Zelle avant votre mariage; en est-il resté aux soupirs et aux respects?... Il est permis d’en douter quand on voit de quel air vainqueur il vous menait une aventure galante! demandez à madame la comtesse!

SOPHIE

Je dédaigne de me défendre, comme je dédaigne d’accuser !

GEORGES

Vous dédaignez!... mais remerciez-moi donc plutôt de vous offrir un si beau prétexte à faire casser notre mariage!... Il n’en faut pas plus pour obtenir le divorce! N’est-ce pas cela que vous voulez?,.. Vous le pleurerez à votre aise, votre Maximilien !... Ah I vous me méprisez! vous me haïssez I... Eh bien! non ! cette chaîne qui vous est odieuse, rien ne la brisera, entendez-vous! vous la sentirez toujours plus pesante et plus étroite ! vous resterez liée à moi jusqu’à la mort!... c’est là ma vengeance I... El quand, par hasard, j’irai frapper à votre porte, souvenez-vous que vous êtes ma femihe pour que je ne vous rappelle pas que vous êtes ma servante ! Et je vous défends de pleurer ! et je veux que vous soyez souriante!... Et je vous forcerai bien à plier devant moi, madame I... (llfatl un pas vers Sophie avec un geste menaçant.)

ÉLISABETH, se jetant entre Georges et Sophie.

Monsieur le duc !

SOPHIE, fièrement.

Madamel... je vous défends de vous mettre entre mon mari et moit... je vous le défends I... (Élisabeth s’écarte.)

GEORGES, se remettant.

Vous m’avez entendu ? réfléchissez bien à ce que je vous ai dit I Comme, après tout, vos amours ne sont plus de ce monde, je vais lever l’ordre qui vous fait prisonnière. Mais pour couper court aux méchants propos, je veux que vous paraissiez en public auprès de moi, et vous viendrez me ■rejoindre à souper... Je vous laisse le temps d’essuyer vos larmes!... Ne comptez plus trouver en moi un mari, mais un maître !... A bientôt I (ii sort.)

ÉLISABETH, venant anprèt de Sophie.

, Je sauve M. de Kœnigsmark ! je fais taire mon ressenti-

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ment! j’aftlrme votre innocence! Je décide M. le duc à vous voir! Je veux vous défendre de ses violences!... et vous m’insultez !

SOPHIE

Sortez, madame !... sortez !

ELISABETH

Oui, je sors 1... mais pour retrouver derrière cette porte toutes les mauvaises pensées que j’avais chassées de mon cœur !... Ah ! je voulais renaitre à une vie nouvelle ! j’avais honte de moi ! Je me sentais touchée de vos peines ! et voilà ma récompense !... Sottise et duperie que tout cela l Je relève la léie,. madame ! Je redeviens la comtesse Platen ! la rivale préférée et triomphante! Chassez-moi! c’est bien !... vous saurez comment je pardonne les injures I (Etie sort.)

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