PRI\CESSES DE COMEDIE
Cette lettre, publiée par le Mercure, la peiat à ses débuts, en 1746 :
tt Elle parla.... Ah! messieurs, je crus entendre la voix de la ■» divine Duclos. Ces sons charmants m'entraînèrent; je consîr> dérai ractrioe; sa figure me charma. Sans m* en apercevoir, >« j'applaudis de tontes mes forces, et, je ne vous le cache pas, r je me retirai enchanté.
7} Voilà des vers qne je lui envoyai dans le premier moment de ^ mon enthousiasme. Je vous prie de les insérer dans votre 7) Mercure. J'aurais bien pris le parti de les faire ooorir an café; 7) mais depuis trois ans je ne vais plus chez Procope , et je suis T> bien sûr qu'on y trouverait mes vers détestables :
llélanie est actrice au sortir de FenCuice;
Elle joue et pourtant eUe n'imite pas.
La Noblesse, T Amour, les Grâces, Flnnocence,
S'expriment par sa voix, et marchent sur ses pas.
Ah! quelle expression! quels regards! quels appas!
Que de cœurs vont en foule implorer sa puissance !
Dieu d'amour! c'est Psyché qu*on croit voir dans tes bras.
n Cette jeune personne fit honneur à mademoiselle Clairon, )) dont elle avait pris des leçons; mais il ne lui fut pas donné n de les mettre longtemps en pratique. Elle joua pour la dernière » fois, le 31 octobre 1748, le rôle de Babet dans le Deuil, et fut y) attaquée de la petite vérole quelques jours après. »
Celui qui signait cette lettre s'intitulait Parterre- Jubilé, sifflant ou applaudissant « selon sa conscience » .
MADEMOISELLE MEZBRAY.
Une jolie minaudiëre qui fit regretter les grâces naturelles de mademoiselle Lange.
Mademoiselle Mezeray jouait presque toujours les nuances à contre-sens; mais si elle changeait l'esprit de la comédie, elle y répandait par sa beauté le rayon lumineux de l'amour.
u Montfleury avait de Fesprit infiniment, dit Chapuzeau, il s* en était fait une large effusion dans sa famille. » MademoiseUe de Montfleury avait en outre de la beauté; elle joua les grands rôles tragiques avec un air de noblesse et de dignité qui sentait son Olympe, comme si elle descendait en droite ligne de Junon. Mais il parait qu*elle n^avait pas pour les amoureux le beau dédain de la mère des dieux :
Elle aime les plaisirs et veut qu'ils soient secrets : Do moindre petit bruit son fier bonneur s'offense. Elle a beau désirer des amants bien discrets, Elle en a trop pour sauver l'apparence.