‹ Princesses de comédie et déesses d'opéraChapitre 48 sur 65 · MADAME DESBROSSES · texte numérisé non relu

MADAME DESBROSSES

Modeste et savante , dit la chronique. Mais il ne faut pas trop croire les chroniques , lorsqu'elles disent que les jolies actrices sont modestes. La science a aussi le droit d'être orgueilleuse. Si madame Desbrosses fut une savante au théâtre, c'est qu'elle voulut se montrer la digne héritière de son père, qui était un auteur du Théâtre italien. Cet excellent père lui donna tous les excellents professeurs. A sept ans, elle débuta devant 8a Majesté le roi Louis XV. C'e^ par oe royal chemin qu'elle arriva aux royaux emplois, — après avoir passé par la Servante maitre^ie, parColinette dans la Clochette , '^ i^nis dans Jeannette, l'amante de Jeannot.

La jolie Jeannette devint la brillante Justine , dans Aleadi et Justine. ^^ Justine était ambitieuse ; elle captiva Alexis sous les yeux mêmes de madame Dugaxon , — qu'elle remplaça finalement à rOpéra-Comique.

Mais la svelte amoureuse prit l'embonpoint de la duègne, et elle dut s'emboîter dans des emplois plus graves, — s'il est quelque chose de plus grave que l'amour!

Ainsi qu*elle avait succédé à madame Dugason, si célèbre amoureuse , elle succéda à madame Gauthier, si célèbre duègne. On voit que l'heureuse madame Desbroeses était née pour la célébrité.

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