‹ Princesses de comédie et déesses d'opéraChapitre 64 sur 65 · MADAME TRIAL · texte numérisé non relu

MADAME TRIAL

Madame Trial débuta en 1766, sous le nom de nuidemoiselle de Mandteville. Elle fut donc deux fois célèbre , et sous le nom de Mandeville et sous le nom de Trial. Figurez-vous le prince de Coudé débutant par le duc d*Enghien ! Duchesse, princesse, reine, elle passa par toutes les puissances et toutes les victoires. Sa voix était Tor le plus pur. Elle prenait Toreille , et elle allait jusqu*à Tâme, comme la musique des grands maîtres.

Son histoire est an opéra<*comiqae : « Un vieux commis aux fermes , appelé Gomolet , Favail fait élever, lui avait fait appren* dre la musique, Pavait ensuite épousée et fait débuter à la Comédie italienne. Le parterre lui trouvait la voix fort jolie, un goût de chant très-bon, mais le jeu un peu triste; c^est que sa vie Tétait. M. Comolet tenait madame Gomolet enfermée sous la def , et ne la relftchait que pour le temps où elle avait à jouer en public. Mais M. Gomolet a eu le bon esprit de mourir, et sa veuve est devenue en peu de temps une autre personne; sa figure est embellie, sa physionomie s^est éclaircie; elle a joué le rôle de Louise dans le Déserteur avec tant de succès » que madame Laruette n'a plus osé le reprendre. Elle vient de donner un suc^ cesseur à M. Gomolet dans la personne de M. Trial, acteur de œ théAtre. On peut renuirquer que messieurs les comédiens italiens ordinaires du roi ont le droit et la facilité de s'épouser en légitime nœud et en face de TEglise. M. Arlequin a épousé madame Arlequin très-solennellement à la paroisse Saint-Sauveur. M. et madame Laruette ont suivi cet exemple, M. et madame Trial viennent de le suivre. 11 s'en faut bien que messieurs les comédiens français ordinaires du roi aient le fiiéme privilège, et M. l'archevêque de Paris, leur refusant le sacrement du mariage^ les réduit au concubinage sans miséricorde; ainsi il n'y a point de péché ni d'excommunication de jouer la comédie sur la rive droite de la Seine, mais on est à tous les diables quand on la joue sur la rive gauche. »

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