‹ Princesses de comédie et déesses d'opéraChapitre 65 sur 65 · VIOLETTE · texte numérisé non relu

VIOLETTE

Quand on rencontrait mademoiselle Violette hors du théAtre, elle se faisait appeler la signora Rusca. G'était Susanne tranchant de la grande dame à la ville. La grande dame, en effet, avait toute la légèreté de Rosine : elle aurait écouté le Barbier, faute d'Almaviva ; elle eût souri au Docteur, &ute de Ghérubin , tant elle était bonne fille au fond ! Son talent n'était guère que beaucoup de vivacité ; mab la vivacité au théAtre , c'est ce que Voltaire appelait le diable au corps.

Violette était bien le plus maUn diable rose de la Comédie italienne à sa résurrection.

On dit que les diables jet les monstres n'ont pas de postérité : cependant Violette eut une enfant charmante, du nom mystérieux de Sidonie. Cette Sidonie, quand elle eut vingt ans, se fit applaudir assez follement dans la FoUe raisonnable, Violette, ce soir-là, se dit qu*elle avait eu raison d^élre folle, puisque c'était la folie qui lui avait donné sa fille.

Qui encore? Madame Savi, une belle amoureuse; mademoiselle Nielle, qui dansait comme une cigale; mademobelle Mandeville, qui s'appelait l'Art de plaire ; la Sanareni et la Bacelli , qui chan* taient l'éloge de la folie ; la Paganini , qui a légué son âme dans un violon de Stradivarius à celui qui nous a tous émerveillés.

Qui encore? Combien de belles visions qui n'ont pas écrit leur nom sur leur chapeau de fleurs! Combien de douces voix qui n*ont pas eu d'écho! Combien de Tprpsichores qui ont replié leurs ailes sans même avoir une épitaphe !

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