‹ Princesses dollar: operette en trois actesChapitre 48 sur 62 · SCENE II JEAN, FREDY% MEG · texte numérisé non relu

SCENE II JEAN, FREDY% MEG

JEAN, se tordant

C't'assez ! N'en jetez plus ! Ah mes cnfants, vous ne pouvez pas comprendre a quel point je suis heureux !

FREDY Tu as le bonheur facile.

JEAN, s'asseyant a gauche

Je m'explique, Sachezdonc que, centre mon secret espoir, la jeune personne a laquelle je me conjoignis semblait vouloir executer de point en point lecontrat loufoque que vous connaissez. Nous etions alors a Brussel, savez-vous, et je me disposals a noter sur mon carnet de route ma quinzieme nuit de chambre a part...

MEG, apitoyee

Aoh!

JEAN

Merci, bonne Meg! La chance voulut qu'une delicieuse petite boniche, prenommee Suzette, fut de ser- Yice a notre etage. Je m'arrangeai pour etre pince par Daisy au moment ou moi-meme je pin9ais...

MEG, scandalisee

Aoh !

JEAN

Meg a compris, je n'insiste pas. Le lendemain, a la meme heure, bien certain que ma jeune et chaste epouse etait a I'affut de mes moindres gestes, j'emboitai le pas a Suzette qui circulait dans notre corridor. Et lorsqu'elle eut disparu dans Tescalier, je lan9ai, juste assez haut pour que Daisy I'entendit, cette

phrase courte, mais expressive. « Entendu, dans une heure, mon petit chat ! »

MEG, suffoqnee

Aoh!

JEAN

Meg, votre faculte de comprehension commence a m'inquieter.

Un pen gros, le sel de ton histoire.

MEG, tres interessee, a Fredy

Votre bouche, baby !

JEAN

Bravo, I'huissiere ! Je poursuis le cours de mon ex> ploit ! (Lyrique) Mollement allonge dans mes draps virginaiix, je revassais, toute lumiere eteinte, lorsque de petits coups discrets firent gemir le bois de ma porte. Je reste le bee clos... laporte s'ouvre. Un suave parfum emplit soudain ma chambre, suivi d'un glissement dans I'ombre. Puis une petite main s'empare de la mienne, et une fluette et tremblante voixmurmure tendrement : « Que voulez-vous de Suzette ? »

FREDY, haussant les epaules

Simple aventure de commis-voyageur.

— i8o — MEG, enervee

Aoh ! Fred, vous etes vraiment bouche !

JEAN

Hourrah 1 pour la jeune english woman! Elle te fait la barbe, vieux frere, car Suzette...

MEG, avec assurance

C'etait Daisy !

FREDY Bien joue !

MEG, de plus en plus interessee

Et alors ?

JEAN, se levant

Alors...

N^ 14 bis CHANSON JEAN II convient que je gaze La suite du recit.

Sachez, sans plus de phrase, Que ma chere Daisy Tint avec bonne grace, - Sans trop se fair' prier, Le role qu'a sa place L'autre eut moins bien joue.

Sans un raccord

L'on fut d'accord, La chose alia de prime abord.

Toujours a la replique, Prenant tout au souffleur, Eir sut mettre en pratique L'exempr du professeur...

Parlez-moi, pour bien faire La pige aux vieux routiers, Des debutants qui flairent D'un coup Pfond du metier.

L'innocence a d'quoi plaire ; II n'est qu'les ecoliers Pour demontrer, defa9on claire, Qu'il faut revenir toujours Aux premieres amours !

Et depuis, il y eut tous les soirs. et dans tous les hotels, une Suzette a portee...

MEG

Aoh ! Tous les soirs ?

JEAN

Yes!

MEG, lui secouant energiqueiuent la main

Felicitations !

FREDY, a Jean

Alors, depuis que tu es ici?...

JEAN

Rien. J'ai craint de mettre la zizanie dans ton menage.

FREDY

Aliens^ tu demenages I Meg est une brave fille qui a ete roulee par Olga, desn-euse d'ecarter un temoia de sa vie passee. Elle tient mon petit menage en attendant mieux, et nous avons associe nos infortunes. Tu peux disposer d'elle sans m'indisposer le moins du monde, n'est-ce pas, Meg?

MEG Yes. Disposez.

JEAN, a Meg

Le mieux serait alors de vous decocher quelque epitre enflammee. qu'on s'arrangerait pour laisser tomber aux mains de Daisy.

FREDY Excellente idee. Mets-toi la. Ecris.

JEAN, s'asseyant a droite

Par exemple?

FREDY, dictant

Divine Meg...

MEG, flattee

Aoh!

- i83 - FREDY, dictant

Je ne puis resister plus longtemps a I'ardeur qui m'emporte vers vous. Je suis decide a violer...

MEG, choquee

Aoh!

FREDY, poursuivant

...toutes les lois de Thospitalite. Je vous attendrai pour cela, dans ma chambre, aussitot que ma femme sera dans la sienne.

JEAN

Et maintenant, comment faire croquer a Daisy ce poulet chaud ?

FREDY, reflechissant

Meg n'aura qu'a le lui montrer, en prenant son air le plus candide, sous pretexte d'avoir recours a sa vieille experience de femme mariee.

JEAN Parfait ! EUe reconnaitra mon ecriture, et ce soir...

FREDY

Je t'en prie, pas de details... Prends en pitie deux ames solitaires.

MEG, levant les yeux au ciel

Aoh ! Yes !

Et pour changer un peu le cours de tes idees, viens avec moi jusqu'a la mine.

MEG Et si mister Couder il arrive?

FREDY

Tu le laisseras poireauter, et serieusement, ainsi que sa suite. Defense de te montrer. II faut que Jean et moi soyons les premiers a I'aborder.

(Frsdy et Jean sortent rapidemsnt par le fond, a droite.)

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