‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 146 sur 479 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

pour les autres études de la règle* : car les principales parties que mon père cherchait à ceux à qui il doiniait charge de moi, c'était la débonnaireté et facilité de complexion. Aussi n'avait la mienne autre vice que langueur et paresse : le danger n'était pas que je fisse mal, mais que je ne fisse rien ; nul ne pronostiquait que je dusse devenir mauvais, mais inutile; on y prévoyait de la fainéantise, non pas de la malice. Je sens^ qu'il en est advenu comme cela. Les plaintes qui me cornent aux oreilles sont telles : il est oisif, froid aux offices d'amitié et de parenté, et aux offices publiques, trop particulier^, trop dédaigneux. Les plus injurieux mêmes ne disent pas : « Pourquoi a-il pris, pourquoi n'a-il payé? », mais : a Pourquoi ne quitte-il*, pourquoi ne donne-il? )) Je recevrais à faveur qu'on ne désirât en moi que tels effets de superérogation\ Mais ils sont injustes d'exiger ce que je ne dois pas, plus rigoureusement beaucoup qu'ils n'exigent d'eux ce qu'ils doivent. En m'y condamnant, ils etfacent la gratification de l'action et la gratitude qui m'en serait due : là où le bien-faire actif devrait plus peser de ma main, en considération de ce que je n'en ai de, passif nul qui soit<^. Je puis d'autant plus librement disposer de ma

1 . Var. : autres étmleaplus nécessaires (158()-8i. — M'assLijettissant an tlevoii- pour toiltes les autres .ludes Imposées.

i.. \\ y a dans ce dernier passage (jusqu'à que je ne fais^ lin du §), qui est une addilion de 1595, (jneliiue embarras el passablement d aigreur; Montaigne y répond viaiseinblablement aux critiques (|u'avail provo(jn(''es sa conduite comme maiie de Bordeaux. Cf. p. 017, n. 7.

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