Liés; latinisme
MONT. — EXT. DES ESS.US
MONTAIGNE
[)ul)liée*, par laquelle il excuse et explique la précipitation de notre intelligence^, si promptenient parvenue à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé (car nous étions tous deux honnnes faits, et lui plus de quelques années)^, elle n'avait point à perdre temps ^; et n'avait à se régler au patron des amitiés molles et régulières, auxquelles il faul tant de précautionâ de longue et préalable conversation^. Cette-ci n'a point d'autre idée^ que d'elle-même, et ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni deux, ni trois, ni quatre, ni mille ; c'est je ne sais quelle quintessence de tout ce mélange, qui, ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et se perdre dans la sienne; qui', ayant saisi toute sa volonté, l'amena se plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence^ pareille : je dis perdre à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fut propre, ni qui fût ou sien ou mien....
Au demeurant, cette réponse ^ ne sonne non plus que ferait la mienne à qui s'enquerrait à moi de cette façon : (( Si votre volonté vous commandait de tuer votre fille, la tueriez-vous? )) et que je l'accordasse : car cela ne porte aucun témoignage de consentement à ce faire; parce que je ne suis pas en doute de ma volonté, et tout aussi peu de celle d'un tel ami. Il n'est pas en la puis-
1. Elle l'avait <'té par Montaif,''ne lui-même à la suite des Vei^s français de son ami. — Satire au sens, où les Italiens d'alors prenaient souvent ce mot, de causerie en vers.
â. Liaison.