Malheureux que je suis, tu m'es donc ravi, ô mon frère
Avec toi ont péri tous mes plaisirs. Tu emportes avec toi dans la tombe toutes les joies que me donnait ton amour. Avec toi mon àmô tout entière est ensevelie !
Depuis que je t'ai perdu, j'ai bann toutes les chères études qui naguère faisaient mes délices.... Ne pourrai-je donc plus te parler ni entendre tes paroles? iNe pourraije plus jamais te voir, ô frère qui m'étais plus cher que la vie?
Ah ! du moins, je t'aimerai toujours. » (Au vers 1, Ei^jo ego te.) (Catulle, LXVII, 20; LXV,'9; — texte modifié.)
Les défaites triomphantes.
C'est la qualité d'un portefaix, non de la vertu, d'avoir les bras et les jambes plus roides; c'est une qualité morte et corporelle que la disposition*; c'est un coup de la fortune de faire broncher notre ennemi et de lui éblouir les yeux par la lumière du soleil; c'est un tour d'art et de science, qui peut tomber en une personne Lâche et de néant, d'être suftîsant à l'escrime. L'estimation et le prix d'un homme consiste au cœur et en- la volonté : c'est là où git son vrai honneur. La vaillance, c'est la fermeté, non pas des jambes et des bras, mais du courage et de l'àme; elle ne consiste pas en la valeur de notre cheval, ni de nos armes, mais en la nôtre. Celui qui tombe obstiné en son courage, si succiderit, de gcnu pugnat-; qui, pour quelque danger de la mort voisine, ne relâche aucun point de soiï assurance ; qui regarde encore, en rendant l'àme, son ennemi d'une vue ferme et dédaigneuse "\ il est battu, non pas de nous, mais de la fortune; il est tué, non j)as vaincu* : les |)lus vaillants sont parfois les plus infortunés. Aussi y a-il des pertes triomi)hantes à l'envie des victoires. Ni ces (juatre victoires sœurs, les plus belles que le soleil ait onques vu de ses yeux, de Salamine, de Platées, de Mycale, de Sicile, n'osèrent onques opposer toute leur gloire ensemble à la gloire de la décontiture du roi Léonidaset des