Durant une longue période
5. Professé et ]>ra tiqué, t. Sur o/jense^ invariable, p. 1, n. 3.
MONTAIGNE
nous invoquons* Dieu et sou aide au complot de nos fautes et le convions à Tinjustice :
Quie, nisi seductis iiequeas committere divis^.
L'avaricieux le prie pour la conservation vaine et superflue de ses trésors; l'ambitieux pour ses victoires et conduite de sa fortune ; le voleur l'emploie à son aide pour franchir le hasard et les difficultés qui s'opposent à l'exécution de ses méchantes entreprises, ou le remercie de l'aisance qu'il a trouvé à dégosiller^ un passant; au pied de la maison qu'ils vont écheler^ ou pétarder^, ils font leurs prières, l'intention et l'espérance pleine de cruauté, de luxure et d'avarice^....
Une vraie prière et une religieuse réconciliation de nous à Dieu, elle ne peut tomber en une âme impure et soumise, lors même, à la domination de Satan. Celui qui appelle Dieu à son assistance pendant qu'il est dans le train du vice, il fait comme le coupeur de bourse qui appellerait la justice à son aide, ou comme ceux qui produisent le nom de Dieu en témoignage de mensonge :
Tacite mala vota susurre Coricipimus"^.
(Ch. LVI)
1. Var. : Je vois qu'en nos vices mêmes nous appelons Dieu à noire aide et (iii complot (1580-8).
2. « En demandant des choses qu'on ne peut confier aux dieux qu'en les prenant à part ». (Perse, II, i;,cit. aj. loS8.
5. Éf^or^^er : projirenient, couper le gosier (du pr*>lixe dé, du tlièiue de gosier et du sutiixe verbal iUer\ cf. égosiller).
i. Ce mot a été remplacé par escalader^ pris au xvi' siècle à l'italien.