On explique ordinairement
« On ne songe autour de lui qu'à entretenir les chimères que se for*(ent sa vaine colère, etc. » Ne serait-ce pas plutôt (en prenant enireticn au sens de conversation) : « on ne s'entretient autour de lui que des inventions dont on leurre sa... etc. »? — Sur compte équivalant i)eut-être ici à conte^ cf. p. 50, n. 1.
7. Si quelque serviteur s'attache à lui (et veut l'éclairer), sou-
l.i vieillesse mord si volontiers de soi-mèine. Ouantes lois* s'est-il vanté à moi de la bride qu'il donnait aux siens, et exacte obéissance et révérence qu'il en recevait: combien il voyait clair en ses affaires!
îlle solus nescit omnia-.
Feu Monsieur le maréchal de Monluc^, ayant perdu son fils*, qui mourut en l'île de Madères, brave gentilhomme à la véi^itéet de grande espérance, me faisait fort valoir, entre ses autres regrets, le déplaisir et crève-cœur qu'il sentait de ne s'être jamais communiqué à hii: et, sur cette humeur d'une gravité et grimace paternelle^, avait perdu la commodité de goûter et bien connaître son lils, et aussi de lui déclarer l'extrême amitié qu'il lui portait, et le digne jugement qu'il taisait de sa vertu. « Et ce pauvre garçon, disait-il, n'a rien vu de moi qu'une contenance renfrognée et pleine de mépris, et a emporté cette créance que je n'ai su ni l'aimer ni l'estimer selon son mérite. A qui gardais-je à découvrir cette singulière atl'ection que je lui portais dans mon âme? Était-ce pas lui qui en devait avoir tout le plaisir et toute l'obligation*^? Je me suis contraint et géhenne pour maintenir ce
dnin les antres l'amènent à le soupçonner.
1. O'it^ ^«^fois ; (juaut iqunnius) [\\[\\l pi)Mr ('t>rrélat if tniit, varialde «oiiini»' lui.
'1. « Il est le seul à tout \^\\oler. >» (T«'renee, Ad.. IV, xi, 1).|
7). niaise de Moulue, né vers VM\7k mort «*n 1.S77. (N'iôhre j)ar la ri^meur iiujiitoyaljle avee laj|uelle il r('*prima,sous Charles IX, les révoltes des protestants en Guyenne, auteur des Connncutaires\\\ «Hait maréolialdeFrance depuis 1571.
i. Var. : celui de sen en fa tifs (1580-SK — Il s'aprit de Pierre- Bertrand, (pit^ son père dt'signe sous le nom de capitaine de Mou-
lue : « Ne pouvant non plus vivre en repos que son père, se voyant inutile en France poui* nôtre eourtisan, et ne sachant nulle «xueire où semployer. il dessei- ^^na une entreprise sur nier, pour tirer en Arrl(|ue et conqu«'M'ir (pielque chose... Il perdit la vie, ayant t'té empoitt' dime uuuis- ({uetade tMi \'\\o de .Madèies, où il lit descente pour l'aire aiguade...
Bref, Je l'ai perdu en la Heur do son A{;e, et lorstpie je pensais (|u'il serait et uu>n hàton de vieillesse et le soutien de son pays. »
[CoTH'neufuires, livre V.)
o. Poui- satisfaire ce caprice diuu' morj^^ue....
Ci. I,a leconnaissance.
MONTAIGNE
vain masque; et y ai perdu le plaisir de sa conversation*, et sa volonté* quand et quand, qu'il ne me peut avoir portée autre que bien froide, n'ayant jamais reçu de moi que rudesse, ni senti qu'une façon lyrannîque. )) Je trouve que cette plainte était bien prise^ et raisonnable ; car, comme je sais par une trop certaine* expérience, il n'est aucune si douce consolation en la perte de nos amis, que celle que nous apporte la science^ de n'avoir rien oublié à leur dire, et d'avoir eu avec eux une parfaite et entière communication. 0 mon amiî En vaux-je mieux d'en avoir le goût^, ou si j'en vaux moins? J'en vaux certes bien mieux. Son regret' me console et m'honore. Est-ce pas un pieux et plaisant office de ma vie d'en faire à tout jamais les obsèques? Est-il jouissance qui vaille cette privation? Je m'ouvre aux miens tant que je puis, et leur signifie très-volontiers l'état de ma volonté^, et de mon jugement envers eux, comme envers un chacun : je me hâte de me produire et de me présenter, car je ne veux pas qu'on s'y mécompte^,'^à quelque part que ce soit^^. (Ghap. YIII)