Titre d'un dialo^me faussement attribué à Platon
*.>. Var : juifcments, ni ne se donne témérairement la loi de les pouvoir accuser ( 1580-8).
MO^TAIG^'E,
donner juste interprétation aux apparences que sa conception lui présente ; mais elles sont imbéciles et imparfaites. La plupart des fables d'Esope ont plusieurs sens et intelligences : ceux qui les mythologisent* en choisissent quelque visage- qui cadre bien à la fable; mais pour la plupart 5, ce n'est que le premier visage et superticiel; il y en a tant d'autres plus vifs, plus essentiels et internes, auxquels ils n'ont su pénétrer : voilà comme j'en fais*.
Mais, pour suivre ma route, il m'a toujours semblé qu'en la poésie, Virgile, Lucrèce, Catulle et Horace tiennent de bien loin le premier rang; et signamment^ Virgile en ses Géorgiques, que j'estime le plus accompli^ ouvrage de la poésie : à comparaison duquel on peut reconnaître, aisément qu'il y a des endroits de VEnéide auxquels l'auteur eût donné encore quelque tour de pigne^ s'il en eût eu loisir; et le cinquième' livre en VEnéide me semble le plus parfait 8. J'aime aussi Lucain et* le pratique volontiers, non tant pour son style que pour sa valeur propre et vérité de ses opinions et jugements^. Quant au bon Térence, la mignardise *o et les grâces du langage latin, je le trouve admirable à représenter au vif les mouvements de l'Ame et la condition de nos mœurs; à toute heure nos actions me rejettent à lui'* : je ne le puis lire si souvent que je u'y treuve quelque beauté et grâce nouvelle. Ceux des temps voisins à Virgile se plaignaient de quoi aucuns lui compa-
1. Qui leur donnent un sens mythologique, c.-à-d. allégoriciue.