LIVRE II
loi
raient Lucrèce : je suis d'opinion que c'est, à la vérité, une comparaison inégale; mais j'ai bien à faire à me rassurer en cette créance*, quand je me trouve attaché à quelque beau lieu de ceux de Lucrèce. S'ils se piquaient de cette comparaison, que diraient-ils de la bêtise et stupidité barbaresque de ceux qui lui comparent à cette heure Arioste? Et qu'en dirait Arioste lui-même?
0 saeclum insipiens et inficetum^!
J'estime que les anciens avaient encore plus à se plaindre de ceux qui appariaient Plante à Térence (celui-ci sent bien mieux son gentilhomme^) que Lucrèce à Virgile. Pour l'estimation et préférence de Térence, fait^ beaucoup que le père de l'éloquence romaine^ l'a si souvent en la bouche, seul de son rang: et la sentence que le premier juge des poètes romains donne de son compagnon^. Il m'est souvent tombé en fantaisie comme, en notre temps, ceux qui se mêlent de faire des comédies (ainsi que les Italiens, qui y sont assez heureux) employent trois ou quatre arguments de celles de Térence pu de Plante pour en faire une des leurs; ils entassent en une seule comédie cinq ou six contes de Boccace. Ce qui les fait ainsi se charger de matière, c'est la défiance (ju'ils ont de se pouvoir soulenirde leur propres grâces : il faut ([u'ils tiouvent un corps où s'appuyer; et n'ayant pas du leur assez de quoi nous arrêter, ils veulent que le conte nous anmse ^ Ihen va de mon auteur tout au