LIVRE II
et épicuriennes, plus éloignées de Fusage commun, mais, selon moi, plus commodes en particulier et plus fermes. Il paraît- en Sénêque qu'il prête un peu* à la tyrannie des empereurs de son temps, car je tiens pour certain que c'est d'un jugement forcé qu'il condanme la cause de ces généreux meurtriers de César; Plutarque est libre partout-. Sénêque est plein de pointes et saillies: Plutarque, de choses. Celui-là vous échauffe plus et vous émeut; cettui-ci vous contente davantage et vous paye mieux; il nous guide, l'autre nous pousse'.
Quant à Cicero, les ouvrages qui me peuvent servir chez lui à mon dessein, ce sont ceux qui traitent de la philosophie spécialement morale*. Mais, à confesser hardiment la vérité (car, puisqu'on a franchi les barrières de l'impudence, il n'y a plus de bride), sa façon d'écrire me semble ennuyeuse^, et toute autre pareille façon : car ses préfaces, définitions, partitions, étymologies, consument la plus part^ de son ouvrage; ce qu'il y a de vif et de moelle est étouffé par ces longueries d'apprêts". Si j'ai employé une heure à le lire, qui est beaucoup pour moi, et que je ramentoive® ce que j'en ai tiré de