LIVRE II
sidérant lui-même par ses actions et le miracle de sa grandeur; tantôt* la pureté et inimitable polissurede son langage, qui a surpassé non-seulement tous les historiens, comme dit Cicero^, mais à l'aventure Cicero mème^ : avec tant de sincérité en ses jugements, parlant de ses ennemis*, que, saut* les fausses couleurs de quoi il veut couvrir sa mauvaise cause et l'ordure de sa pestilente^ ambition, je pense qu'en cela seul on y puisse trouver k redire qu'il a été trop épargnant à parler de soi; car tant de grandes choses ne peuvent avoir été exécutées par lui qu'il n'y soit allé beaucoup plus du sien qu'il n'y en met^.
J'aime les historiens ou fort simples ou excellents. Les sinjples, qui n'ont point de quoi y' mêler quelque chose du leur, et qui n'y apportent que le soin et la diligence de ranuisser tout ce qui vient à leur notice^, et d'enregistrer, à la bonne foi, toutes choses sans choix et sans triage, nous laissent le jugement entier pour la connaissance de la v^Tité : tel est entre autres, pour exenq)le, le bon Froissart^, qui a marché, en son entreprise, d'une si franche naïveté, qu'ayant fait une faute, il ne craint aucunement de la reconnaître el corriger en l'endroit où il en a été averti, et qui nous représente la diversité même des bruits qui couraient, et les ditférenls rapports qu'on lui faisait : c'est la matière de l'histoire
considérant, cli. XWIII.
7. Y lopivsento par syllopse Irur /»/.s7o/;v. mots inipli(jùés par W îMMis (le la phi'aso.
S. A leur connaissance ; latinisme.
0. Jean Froissa rt, né à Valcncicnncs en lôôT, mort veis 1 iOo, auteur d'une chronique, plusieurs fois remaniée par lui-même, sur les év('>nements de son temps ( lôi3-l iOO). Voy. notre .Vo//tr dans les Estraits <h's Chroniqueurs français et l'ouvrage de Mme M.
Darmesteler (dans les Grands êcrirain s fra n ça is } .