LIVRE II
de son temps : aussi, en la plupart, en a-il été acteur lui-même, et en rang honorable. 11 n'y a aucune apparence que par haine, faveur ou vanité, il ait déguisé les choses; de quoi font foi les libres jugements qu'il donne des grands, et notamment de ceux par lesquels il avait été avancé et employé aux charges, comme du pape Clément septième ^ Quant à la partie de quoi il semble se vouloir prévaloir le plus, qui sont ses digressions et discours, il y en a de bons, et enrichis de beaux traits : mais il s'y est trop plu; car, pour ne vouloir rien laisser à dire, ayant un sujet si plein et ample, et à peu près infini, il en devient lâche, et sentant un peu le caquet scolastique^. J'ai aussi remarqué ceci, que de tant d'âmes et elïets qu'il juge, de tant de mouvements et conseils, il n'en rapporte jamais un seul à la vertu, religion et conscience, comme si ces parties-là étaient du tout 3 éteintes au monde; et de toutes les actions, pour belles par apparence qu'elles soient d'elles-mêmes, îl en rejette la cause à quelque occasion vicieuse ou à quelque profit. Il est impossible d'imaginer que, parmi cet infini nombre d'actions de quoi il juge, il n'y en ait eu quelqu'une produite par la voie de la raison : nulle corruption peut avoir saisi les hommes si universellement, que quelqu'un n'échappe de la contagion. Cela me fait craindre qu'il y ait un peu du vice de son goût; et peut être advenu* qu'il ail estimé d'autrui selon soi. » En mon Pliilippe de Connnines-^, il y a ceci : « Vous y trouverez le langage doux et agréable, d'une naïve sim-
1. r.lt''inont Vn, ]);ipo do 1520 à 155 i. l'uL iiièlt' ;iux «^iKMTos île François 1" et de Charles-Quint.
:2. Var. : lâche et enumifu.i et sentant au... (1580-8); et". p.V).n.1 1. — Il nous fati^rue suiMout j)ar une pédantesque imitation du style cicéronien.