‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 255 sur 479 · LIVRE II. 17T · texte numérisé non relu

LIVRE II. 17T

Tlionias d'Aquiii*; car, de vrai, cet esprit-là, plein d'une érudition infinie et d'une subtilité admirable, était seul capable- de telles imaginations. Tant y a que, quiconque en soit l'auteur ou^ inventeur (et ce n'est pas raison d'ôter sans plus grande occasion à Sebond ce titre) c'était un très-sufllsant homme, et ayant plusieurs belles parties.

La première répréhension qu'on fait de son ouvrage, c'est que les chrétiens se font tort de vouloir appuyer leur créance par des raisons humaines, qui ne se conçoit que par foi et par une inspiration particulière de la grâce divine. En cette objection, il semble qu'il y ait quelque zèle de piété; et, à cette cause, nous faut-il. avec autant plus de douceur et de respect, essayer de satisfaire à ceux qui la mettent en avant. Ce serait mieux la charge d'un homme versé en la théologie que de moi, qui n'y sais rien : toutefois je juge ainsi, qu'à une chose si divine et si hautaine et surpassant de si loin l'humaine intelligence, comme est cette vérité de laquelle il a plu à la bonté^ de Dieu nous éclairera il est bien besoin qu'il nous prête encore son secours, d'une faveur extraordinaire et privilégiée, pour la pouvoir concevoir et loger en nous ; et ne crois pas ([ue les moyens purement humains en soient aucunement ( apables; et, s'ils Tétaient, tant d'âmes rares et excellentes, et si abondanmient garnies de forces naturelles es siècles anciens n'eussent pas failli, par leur discours^\ d'arriver à cette connaissance. C'est la foi seule qui embrasse vivement et certainement les hauts mystères de notre religion : mais ce n'est pas à dire (jue ce ne soit une très-belle et très-louable entreprise d'acconmioder encore au service de notre foi les outils naturels et humains

i. Var. : à lasacrosainte bonté

loSO-Si.

o. Var. : // ///m /;/<»/' 1 1580-8).

G. lUiisonnenient. Cl. p. 41), n. 1

MOM. — tXI. DES ESSAIS. l'J

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