‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 256 sur 479 · Var. : et · texte numérisé non relu

Var. : et

que Dieu nous a donnés ; il ne faut pas douter que ce ne soit l'usage le plus honorable que nous leur saurions donner, et qu'il n'est occupation ni dessein plus digne d'un homme chrétien que de viser, par tous ses études et pensementsS à embeUir, étendre et amphfier la vérité de sa créance^....

Or, nos raisons et nos discours humains, c'est comme la matière lourde et stérile : la grâce de Dieu en est la l'orme; c'est elle qui y donne la façon et le prix.' Tout ainsi que les actions vertueuses de Socrates et de Caton demeurent vaines et inutiles pour n'avoir eu leur fin, et n'avoir regardé l'amour et obéissance du vrai Créateur de toutes choses et pour avoir ignoré Dieu, ainsi est-ii de nos imaginations et discours ; ils ont quelque corps, mais c'est une masse informe, sans façon et sans jour, si la foi et grâce de Dieu n'y sont jointes. La foi venant à teindre et illustrer les arguments de Sebond, elle les rend fermes et solides : ils sont capables de servir d'acheminement et de première guide à un apprenti, pour le mettre à la voie de cette connaissance; ils le façonnent aucunement, et rendent capable de la grâce de Dieu, par le moyen de laquelle se parfournit et se parfait après notre créance. Je sais un homme d'autorité, nourri aux lettres, qui m'a confessé avoir été ramené des erreurs de la mécréance par l'entremise des arguments de Sebond. Et quand on les dépouillera de cet ornement et du secours et approbation de la foi, et qu'on les prendra pour fantaisies pures humaines 5, pour en combattre ceux qui sont précipités aux épouvantables et horribles ténèbres de l'irréligion, ils se trouveront encore lors aussi solides et autant fermes

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