‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 261 sur 479 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

puissance de connaître la moindre partie, tant s'en faut de. la commander? Et ce privilège qu'il s'attribue d'être seul en ce grand bâtiment qui ait la suffisance d'en reconnaître la beauté et les pièces, seul qui en puisse rendre grâces à l'architecte et tenir compte de la recette et mises* du monde, qui lui a scellé ce privilège? Qu'il nous montre lettres ^ de cette belle et grande charge : ont-elles été octroyées^ en faveur des sages seulement? elles ne touchent guère de gens. Les fous et les méchants sont-ils dignes de faveur si extraordinaire, et, étant la pire pièce du monde, d'être préférés à tout le reste? En croirons-nous cettui-là^? Quorum igiiur causa quis dixerii effcctum esse mundum? Eorum scilicet animnniium, qtisi ratione uiuniur ; hi sunt dii et Jwmines, quibus profeclo niliil est melius^ : nous n'aurons jamais assez bafoué l'impudence de cet accouplage^. Mais, pauvret, qu'a-il en soi digne d'un tel avantage? A considérer cette vie incorruptible des corps célestes, leur beauté, leur grandeur, leur agitation continuée d'une si juste règle :

Qiium siispicimus mag:ni cœlestia niiindi Wmpla super, stellisque micantibus cTthera fixiim, Et veiiit in mentein lunae solisqiie viaruin"...;

à considérer la domination et puissance que ces corps-U\

cem) aV o(\ e mp('rerh\\\\\'\'>, on a dit. à i'iiuilatioii (Us mois on ier [ai' a ri US) empericr, cmprrieri' ; impératrice a ôtô repris an latin an XVI* siècle.

1. Mettre, en ancien français, si«,qiilie dépenser ic'est en elFet le contraire do prendre) \ les mises sont donc les dépenses.

2". Les lettres patentes l'iTivestissant de. Montaigne continue sa métaphore.

Page 1