‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 289 sur 479 · Tenez-voua . scavezza, aj · texte numérisé non relu

Tenez-voua . scavezza, aj

5. Ca proverbe a été repioduit })ar l*étrai'(pie (chanson I\, v. 18):

son sens propre est : « 'A Irof) s'amincir on risque de se ronipn* >•- Montaigne jouo sur le sens de uKsuttiyliare^ (juil prend au

sens de subtiliser.

1. Synonyme de modération ; de l'a ne. fr. a trempé (de (id temperdtfis).

;>. Kussiez dû. (If. |i. U, n. ?>.

t). Les éd. de 1580-8 ajoutent ici : et qui se fût serei à faire son ain(fs d'autres que de notre 1^1 u turque.

MOMAlGNE

raient les mis les autres; et Platon vérilie que, sans lois, nous vivrions comme bètes*. Notre esprit est un outil vagabond, dangereux et téméraire; il est malaisé d'y joindre l'ordre et la mesure : et, de mon temps, ceu:^ qui ont quelque rare excellence au-dessus des autres et quelque vivacité extraordinaire, nous les voyons quasi tous déboi'dés en licence d'opinions et de mœurs ; c'est njiracle s'il s'en rencontre un rassis et sociable. On a raison de donner à l'esprit humain les barrières les plus contraintes- qu'an peut : en l'étude, comme au reste, il lui faut compter et régler ses marches 5; il lui faut tailler par art les limites de sa chasse. On le bride ^ et garrotte de religions, de lois, de coutumes, de science, de préceptes, de peines et récompenses mori elles et immorr telles; encore voit-on que, par sa volubilité et dissolution^, il échappe à toutes ces liaisons : c'est un corps vain, (juin'a par où être saisi et assené^; un corps divers et difforme, auquel on ne peut asseoir nœud ni priso. Certes, il est peu d'âmes si réglées, si fortes et bien nées à qui on se puisse tier de leur propre conduite et qui puis-ent^ avec modération et sans témérité, voguer en la liberté de leurs jugements, au delà des opinions comnumes : il est plus expédient de les mettre en tutelle. C'est un outrageux' glaive, à son possesseur même, que l'esprit, à qui ne sait s'en armer ordonnément et discrètement ; et n'y a point de bête^ à qui plus justement il faille donner des. orbières^, p«ur tenir sa vue sujette et contiainte devant ses pas, et la garder d'extravaguer ni çà ni là, hors les ornières que l'usage et les lois lui tracent : par quoi il vous siéra nneux de vous resserrer

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