Cos dorniers mots aj
S. « On voit doux soloils et deux TliM)os n (oommo Ponthôo tVappé de folie par Baooluis). (Viri^'ile, /•>., IV, 470.)
y. « .\ussi voyons-nous partout la méchanceté et la laideur ôtre adoréos et jouir des jilus «grands honneurs. » (Lucrèco, IV, 1152; oit. ajoutôo en 1588.) 10. Occupé, absorbé.
214 MO^'TAIG^'E.
Si non advertas animum, proinde esse, quasi omni Tempore semot?e fuerint, iongeque reniotse*.
Il semble que l'àine retire au dedans et amuse les puissances^ des sens. Par ainsi et le dedans et le dehors de l'homme est plein de faiblesse et de mensonge.
Ceux qui ,ont apparié^ notre vie à un songe ont eu de la raison, à l'aventure plus qu'ils ne pensaient. Quand nous songeons, notre àrne vit, agit, exerce toutes ses facultés, ni plus ni moins que quand elle veille; mais si* plus mollement et obscurément; non de tant^ certes, que la différence y soit comme de la nuit à une clarté vive : oui^, comme de la nuit à l'ombre; là elle dort, ici elle sommeille; plus et moins, ce sont toujours ténèbres, et ténèbres Cimmériennes^^..
Nous n'avons aucune communication à l'être, parce que toute humaine nature est toujours au milieu, entre le naître et le mourir, ne baillant de soi qu'une obscure apparence et ombre, et une incertaine et débile opinion; et si de fortune vous fichez votre pensée à vouloir prsndre son ètre^, ce sera ni plus ni moins que qui voudrait empoigner de l'eau; car tant plus il serrera et pressera ce qui de sa nature coule partout, tant plus^ il perdra ce qu'il voulait tenir et empoigner. Ainsi, vu que toutes choses sont sujettes à passer d'un changement en autre, la raison, qui y cherche une réelle subsistance, se trouve déçue, ne pouvant rien appréhender de subsistant et permanent, parce que tout ou vient en être et n'est
1. « Même quand les objets sont bien visibles, si tu n'appliqives pas ton esprit, c'est comme si la chose était toujours restée absente ou très éloignée. » (Lucrèce^ IV, 812; trad. Crouslé.)