‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 302 sur 479 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

s'est perdu plus de gens de bien aux occasions légères et peu importantes et à la contestation^ de quelque bicoque qu'es lieux dignes et honorables.

Oui tient sa mort- pour mal employée, si ce n'est en occasion signalée, au lieu d'illustrer sa mort, il obscurcit volontiers sa vie, laissant échapper cependant plusieurs justes occasions de se hasarder ; et toutes les justes sont illustres assez, sa conscience les trompettant suffisamment à chacun. Gloria nostra est test'imonium conscientiœ nosirœ^. Qui n'est homme de bien que parce qu'on le saura et parce qu'on l'en estimera mieux après l'avoir su; qui ne veut bien faire qu'en condition que sa vertu vienne à la connaissance des hommes, celui-là n'est pas personne de qui on puisse tirer beaucoup de services...

Il faut aller à la guerre pour son devoir, et en attendre cette récompense, qui ne peut faillir à toutes belles actions, pour occultes qu'elles soient, non pas même aux vertueuses pensées : c'est le contentement ([u'une conscience bien réglée reçoit,, en soi, de bien faire. Il faut être vaillant pour soi-même et pour l'avantage que c'est d'avoir son courage logé en une assiette ferme et assurée contre les assauts de la

foi'iune:

Virtus, repulsaî nescia sordidne, Iiitaiiiinatis fiilgot lioiiorihus; Nec suinit aut ponit secures Ar])itrio popularis aura^"*.

Ce n'est pas pour la montre (pie notre Ame doit jouer son rôle; c'est chez nous, au dedans, où luds veux ne

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