‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 327 sur 479 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

Or mes opinions, je les trouve infiniment hardies et constantes à condamner mon insuffisance,. De vrai c'est aussi un sujet auquel j'exerce mon jugement autant qu'à nul autre. Le monde regarde toujours vis-à-vis : moi, je replie^ ma vue au dedans; je la plante, je l'amuse là. Chacun regarde devant soi, moi je regarde dedans moi. Je n'ai affaire qu'à moi, je me considère sans cesse, je me contrerôle, je me goûte. Les autres vont toujours ailleurs, s'ils y pensent bien ; ils vont toujours avant,

Nemo iii sese tentât descendere-;

moi, je me roule en moi-même. Cette capacité de trier le vrai, quelle qu'elle soit en moi^, et cette humeur libre de n'assujettir aisément ma créance, je la dois principalement à moi : car les plus fermes imaginations que j'aie, et générales, sont celles qui, par manière de dire, naquirent avec moi ; elles sont naturelles et toutes miennes*. Je les produisis crues et simples, d'une production hardie et forte % mais un peu trouble et imparfaite ; depuis je les ai établies et fortifiées par l'autorité ({'autrui et par les sains exemples ^ des anciens, auxquels je me suis rencontré conforme en jugement. Ceux-là^ m'en ont assuré de la prise, et m'en ont donné la jouissance et possession plus claire. La recommandation^ que chacun cherche de vivacité et promptitude (l'esprit, je la prétends du règlement: d'une action éclatante et signalée ou de quelque particulière suftisance, je la prétends de l'ordre, correspondance et trancpiillité d'opinion et d(» mœurs. (Chap. XVII)

jtorlrr, voilà ma science. » (LucrtH'o, V. 951).) Texte modillé.

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