LIVRE TL
s'engage à un registre de durée, de toute sa toi, de toute- sa -force. Les plus délicieux plaisirs, si se digèrentils au-dedans*, luient à^ laisser trace de soi et fuient la vue, non seulement du peuple, mais d'un autre. Combien de fois m'a cette besogne diverti de cogitations ^ ennuyeuses (et doivent être comptées pour ennuyeuses toutes les frivoles) ! Nature nous a étrennés d'une large faculté à nous entretenir à part; et nous y appelle souvent, pour nous apprendre que nous nous devons en partie à la société, mais en la meilleure partie à nous. Aux fins de ranger^ ma fantaisie à rêver même par quelque ordre et projet, et la garder de se perdre et extravaguer au vent^, il n'est que de donner corps et mettre en registre t^nt de menues pensées qui se présentent à elle. J'écoute à mes rêveries parce que j'ai à les enrôler^. Quantes fois^ étant marri^ de quelque action que la civilité et la raison me prohibaient de reprendre à découvert, m'en suis-je ici dégorgé, non sans dessein de publique instruction? Et si^, ces verges poétiques :
Zoii sur l'œil, zon^sur le groin, Zoii sur le dos du sagoin *^,
s'impriment encore mieux en papier qu'en la chair vive. Qnoi^*, si je prête u^i peu plus attentivement l'oreille aux livres, de[)uis (p.ie je guette si j'en pourrai friponner