‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 347 sur 479 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

s'empêche cpii ne veut ^... Toutefois ceux encore qui s'y engagent tout à fait le peuvent avec tel ordre et attrempance^ que l'orage devra couler par dessus leur tète sans offense^....

Mais il ne faut pas appeler devoir, comme nous faisons tous les jours, une aigreur -et une intestine àpreté qui naît de l'intérêt et passion privée ; ni courage, une conduite traîtresse et malicieuse. Ils nomment zèle leur propension vers la malignité et violence : ce n'est pas la cause qui les échaufTe ^, c'est leur intérêt; ils attisent la guerre^, non parce qu'elle est juste, mais parce que c'est guerre.

Rien n'empêche qu'on ne se puisse comporter commodément entre des hommes qui se sont ennemis, et loyalement : conduisez-vous y d'une, sinon partout égale affection (car elle peut soulfrir différentes mesures), mais au moins tempérée^, et qui ne vous engage tant à l'un ({u'il puisse tout requérir de vous; et vous contentez aussi d'une moyenne mesure de leur grâce et de couler en eau trouhle, sans y vouloir pêcher. L'autre manière, de s'ollrir de toute sa force à ceux-là et à ceux-ci", tient encore moins de la prudence que de la conscience. Celui envers qui vous en trahissez un, duquel vous êtes pareillement bien venu, sait-il i)as que de soi vous en faites autant kson tour? Il vous tient pour un méchant homme; cependant il vous oit, et tire de vous «, et fait ses atfaires (le voire déh^yauté : car les honunes doubles sont utiles en ce qu'ils a[)[)orlent; mais il se faut garder (ju'ils n'em|)ortent que le moins qu'où i)eut.

Je ne dis rien à l'un que je ne puisse dire à Tautre, à

1. Auxquelles pourt.înt nos lois nous oblifii^ent de prendre part.

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