‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 348 sur 479 · Il vous écoute et vousutilise · texte numérisé non relu

Il vous écoute et vousutilise

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son heure, l'accent seulement un peu changé; et ne rapporte que les choses, ou indilïérentes, ou connues ou qui servent en coiîimun. 11 n'y â point d'utilité pour laquelle je me permette de leur mentir. Ce qui a été fié à mon silence, je le cèle religieusement ; mais je prends à celer le moins que je puis : c'est une importune garde (lu secret* des princes, à qui n'en a que faire. Je présente volontiers ce marché : qu'ils me fient peu, mais qu'ils se fient hardiment de ce que je leur apporte. J'en ai toujours plus su que je n*ai voulu. L'n parler ^ ouvert ouvre un autre parler, et le tire hors, comme fait le vin et l'amour.

PliiHppides répondit sagement, à mon gré, au roi Lysimachus"% qui lui disait : (( Que veux-tu que je te communique de mes biens? » — « Ce que tu voudras, pourvu que ce ne soit de tes secrets. » Je vcis que chacun se mutine si on lui cache le fond des atfaires auxquels on l'emploie, et si on lui en a dérobé quelque arrière-sens; pour moi, je suis content qu'on ne m'en die* non plus qu'on veut que j'en mette en besogne^; et ne désire pas que ma science outrepasse et contraigne ma parole. Si je dois servir d'instrument de tromperie, que ce soit au moins sauve ma conscience ; je ne veux être tenu serviteur ni si affectionné, ni si loyal, qu'on me treuve bon à trahir personne : qui est infidèle à soimême, l'est excusablement à son maître. Mais ce sont princes^, qui n'acceptent pas les hommes à moitié, et méprisent les services lim.ités et conditionnés. Il n'y a remède : je leur dis franciiement mes bornes; car esclave, je ne le dois être que delà raison; encore n'en puis-je bien venir à bout. Et eux ^ aussi ont tort d'exiger

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