‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 356 sur 479 · Cl', p. i*J, n. ô · texte numérisé non relu

Cl', p. i*J, n. ô

MONTAIGNE

qu'en celui-là je suis le plus savant homme. qui vive; secondement, que jamais aucun ne pénétra* en sa matière plus avant, ni en éplucha plus distinctement les membres^ et suites, et n'arriva plus exactement et plus pleinement à la fm qu'il s'était proposée à sa besogne. Pour la parfaire, je n'ai besoin d'y apporter que la fidélité : celle-là y est, la plus sincère et pure qui se trouve. Je dis vrai, non pas tout mon saoul', mais autant cjue je l'ose dire : et l'ose un peu plus en vieillissant; car il semble que la coutume concède à cet âge plus de liberté de bavasser*, et d'indiscrétion à parler de soi. il ne peut advenir ici ce que je vois advenir souvent, que l'arlisan et sa besogne se contrarient : un homme de si honnête conversation^ a-il fait un si sot écrit? Ou des écrits si savants sont-ils partis d'un homme de si faible conversation? Qui a^ un entretien commun et ses écrits rares, c'est-à-dire que" sa capacité est en lieu d'où il l'emprunte, et non en lui. Un personnage savant n'est pas savant par tout ; mais le suffisant est p^r tout suffisant, et à ignorer même : ici nous allons conformément et tout d'un train, mon livre et moi. Ailleurs, on peut recommander et accuser l'ouvrage, à part de l'ouvrier : ici, non; qui teruche l'un, touche l'autre. Celui qui en jugera sans le connaître se fera plus de tort qu'à moi : celui qui l'aura connu m'a du tout satisfait 8.

(Chap. II)

5. Au sen^lai'm {ÔG convei'snri) \ c'est-à-dire qiïi, à le fréquenter, parait si distingué.

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