‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 375 sur 479 · LIVRE IIÏ · texte numérisé non relu

LIVRE IIÏ

que* je cours inadvertemment^, mais les imperfections qui sont en moi ordinaires et constantes, ce serait trahison de les ôter. Quand on m'a dit, ou que moi-même me suis dit : « Tu es trop épais en figures ; voilà un mot du cru de Gascogne^; voilà une phrase dangereuse (je n'en refuis aucune de celles qui s'usent emmi^* les rues françaises : ceux qui veulent combattre l'usage par la grammaire se moquent); voilà un discours ignorant; voilà un discours paradoxe; en voilà un trop fou; tu te joues ^ souvent ; on estimera que tu dis à droit ^ ce que tu dis à feinte. » — « Oui, fais-je ; mais je corrige les fautes d'inadvertance, non celles de coutume. Est-ce pas ainsi que je parle partout? Me représenté-je pas vivement? Suffit : j'ai fait ce que j'ai voulu : tout le monde me reconnaît en mon livre et mon livre en moi. »

Or, j'ai une condition singeresse et imitatrice : quand je me mêlais de faire des vers (et n'en Ils jamais que des latins), ils accusaient évidemment le poète que je venais dernièrement de lire ; et de mes premiers Essais, aucuns puent' un peu l'étranger; à Paris s, je parle un langage aucunement autre qu'à Montaigne. Qui que je regarde avec attention m'imprime facilement (juoique chose du sien; ce que je considère, je l'usurpe : une sotte contenance, une déplaisante grimace, une forme de parler ridicule. (Cluq). V)

1. C.-à-d. je suis plein de telles" erreurs dès que. Ce sens de ainsi que esl assuré par un autre passage de Mt)iilaigne : « In charbon ardent s'éLant «'coul»'' dans la manche dun enl'anU laeédt'uionien ainsi qu'il encensait... »

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