‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 422 sur 479 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

mais je ne forcené point*, s'il ne l'est. Je me prends ^ fermement au plus sain des partis ; mais je n'affecte pas qu'on me remarque spécialement ennemi des autres, et outre la raison générale. J'accuse ^ merveilleusement cette vicieuse forme d'opiner : (( Il est de la Ligue, car il admire la grâce de monsieur de Guise. L'activité du roi de Navarre l'étonné : il est huguenot. Il trouve ceci à dire aux mœurs du roi : il est séditieux ei>^on cœur )) ; et ne concédai pas au magistrat même qu'il eût raison de condamner un livre, pour avoir logé entre les meilleurs poètes de ce siècle un hérétique*. .N'oserions-nous 4ire d'un voleur qu'il a belle grève^....

Toutes actions publicpies sont sujettes à incertaines et diverses interprétations ; car trop de tètes en jugent. Aucuns disent de cette mienne occupation de ville ^ ( et je suis content d'en parler un mot^ non qu'elle le vaille, mais pour servir de montre de mes mœurs en telles choses ) que je m'y suis porté en homme qui s't'*meut trop lâchement, et d'une affection languissante: et ils ne sont pas du tout éloignés d'apparence s. J'essaie à tenir mon àme et mes pensées en repos, cuni seinper nniura, tum etiam. œtate ,am quieius^, et si elles se débauchent parfois à quelque impression rude et pénétrante, c'est, à \[\ vérité, sans mon conseiM^^ De celte langueur naturelle on ne doit pourtant tirer aucune preuve d'impuissance ; car faute de soin et faute de sens, ce sont deux choses; et moins de mécomiaissance et d'in-

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