LUI
La guerre civile et la peste*.
A quoi 2 faire nous allons-nous gendarinant par ces etlbrls^ de la science? Regardons à terre: les pauvres gens que nous y voyons épandus, la tête penchante après leur besogne, qui ne savent ni Arislote ni Catan, ni exemple ni précepte, de ceux-là tire Nature tous les jours des effets de constance et de patience plus purs et plus raides que ne sont ceux que nous étudions si curieusement en l'école: combien en vois-je ordinairement qui méconnaissent ta pauvreté; combien qui désirent la mort, ou qui la passent sans alarme et sans afllictiou? Celui-là qui fouit mon jardin, il a, ce matin, enterré son père ou son fils. Les noms même de quoi ils appellent les maladies en adoucissent et amollissent l'àpreté: la phtisie, c'est la toux peureux; la dysenterie, dévoiement d'estomac; un pleurésis, c'est un morfondement* : et, selon qu'ils les nomment doucement, ils les supportent aussi; elles sont bien grièves, quand elles rompent leur travail ordinaire; ils ne s'alitent^que pour moiu'ir. S'nnplex illa et aperla virtiis in ohsciivam cl solertem scientiam versa esl^.
1. « Tout ce chai)itre,dit Sainte- Beuve, est beau, touchant, anpro- ])rié, se sentant à la fois d'une noble élévation sloïque et de cette nature débonnaire et populaire de laquelle Montai^^me se disait à bon droit issu et formé. Il ne saulait y avoir au-dessus d'un tel chapitre, à titre de consolation dans les calamités publiques, qu'un chapitre de quelque autre livre non plus humain, mais véritablement divin, (pii feiait sentir la main do Dieu partout, et
non point par nianièie d'acquit comme le fait Montaif^ne, mais la main réellement présente et vivante. >' {Causeries du Lundi., IV, 7S.)