‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 435 sur 479 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

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je ne le veux passer, je le relate S je m'y tiens-. II faut courir le mauvais et se rasseoir au bon. Cette pin^ase vjidinaire de « passe-temps )) et de « passer le temps )) représente Tusage de ces prudentes gens qui ne pensent point avoir meilleur compte'" de leur vie que de la )uler et échapper*, de la passer, gauchir^, et, autant (ju'il est en eux, ignorer et fuir comme chose de qualité inuyeuse et dédaignable. Mais je la connais autre; et ! trouve et prisable et commode, voire en son dernier décours^, où je la tiens; et nous l'a Nature mise en inain, garnie de telles circonstances et si favorables que -, nous n'avons à nous plaindre qu'à nous, si elle nous presse, et si elle nous échappe inutilement : SluUi vita ingrala est y iivpida est, tola in fulunim fertur'. Je me ' impose^ pourtant à la perdre sans regret : mais comme f.erdable de sa condition, non comme moleste^ et importune; aussi *^ ne sied-il proprement bien de ne se déplaire pas à mourir qu'à ceux qui se plaisent à vivre. Il y a du ménage à la jouir'* : je la jouis au double'- des : autres; car la mesure en la jouissance dépend du plus ? ou moins d'application que nous y prêtons. Principalement à cette heure, que j'aperçois la mienne si brève 1] temps, je la veux étendre*' en poids; je veux arrêter , la promptitude de sa fuite par la promptitude de ma iisie, et, par la vigueur de l'usage, compenser la hàiiveté de son écoulement. A mesure que la possession du

! palier ;"aUusiorî au sens que Montaij;nc donne, comme il va nous le dire, au moi p4isseî\

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