‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 439 sur 479 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

que, où qu'elle jette sa vue, le ciel est calme autour d'elle; nul désir, nulle crainte ou doute qui lui trouble l'air; aucune difticulté passée, présente, future*, par dessus laquelle son imagination ne passe sans otrense^. Cette considération prend grand lustre de la comparaison des conditions diiïerentes : ainsi, je m^ propose ^ en mille visages ceux que la fortune ou que leur propre erreur emporte et tempête^; et encore ceux-ci plus près de moi, qui reçoivent si lâchement et incurieusement^ leur bonne fortune. Ce sont gens qui passent voirement leur temps; ils outrepassent le présent et ce qu'ils possèdent pour servir à^ l'espérance et pour des ombrages^ et vaines images que la fantaisie leur met au devant,

Morte obi ta qiiales fama est volilare figuras,^ Aut quae sopitos deludiint soirmia sensus^ ;

lesquelles hâtent et allongent leur fuite à même qu'on ^ les suit : le fruit et but de leur poursuite, c'est poursuivre; comme Alexandre disait que la lin de son travail, c'était travailler.

Nil aclum credeiis ciiiii quid superesset ag"cnJiini*^*.

Pour moi donc, j'aime la vie, et la cultive, telle qu'il a l)lu à Dieu nous l'octroyer; je ne vais pas désirant (pi'olle eut à dire** la nécessité de boire et de manger; et hk» send)le!'ait '- failHr lîon moins excusablement de désirei'

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