Ils ont appiis à parler aux
antres et non pas à eux-mêmes. »
(CicOron. Tusc, V. 56.)
S. « II ne s'a«;it plus de parler, mais de conduire le vaisseau. »
(Sénèqne, Ep. cviii.)
\). I.a suite d«^ la pensée n'est pas très claire. 11 faut ici suppléer une idée : que les pédî^nts, mal- ^rr»' toute leur science, no sont bons à rien, tandis que d'autres, moins savants, sont plus ricbes de leur fonds.
10. Rivalisent avec les productions les plus arti'iliques. Montaigne a exprimé ailleurs (1, oi)
MONTAIGNE
d^ine chalemie^, est -il délicat^ Bouha prou beu ha, mas à remuda lous dits qu'em. Souffler prou souffler'^, mais à remuer les doits, nous en sonwirs là.] Nous savons dire : (( Cicero dit ainsi ; voila l'opinion de Platon ; ce sont les motz mesmes d'Aristote. )) Mais nous, que disons nous nous mesmes? qu'opinons nous ^2 que jugeons nous? Autant en feroit^ bien un parroquet.
Gete façon me lait justement souvenir^ de ce riche Romain qui avoit esté soigneux, a fort grande despence, de recouvrer des hommes suffisans en tout genre de sciences, qu'il tenoit continuelement autour de luy, affin que, quand il escheoit^ a entre ses amis quelqu'occasion de parler d'une chose ou d'autre, ilz supplissent' sa place, et fussent tous ^ pretz a luy fournir, qui d'un discours, qui d'un vers d'Homère, chacun selon son gibier: et pensoit ce sçavoir estre sien, par ce qu'il estoit en la teste de ses gens. Et comme font aussi ceux desquelz la suffisance loge en leurs somptueuses librairies^. \fen cognoy, à qui quand je demande ce qu'il sçait, il me demande un livre pour le montrer : et noseroit me dire, qu'il a le derrière galeux. sHl ne va sur le chajnp estudier en son lexicon que c^est que galeux, et que cest que derrière.]
Nous de mesmes*^, nous prenons en garde les opinions et le sçavoir d'autruy, et puis c'est tout : il les faut faire nostres. Nous semblons proprement celuy qui, ayant besoing de feu, en iroit quérir chez son voisin, et y en ayant trouvé un beau et ^rand, s'arresteroit la a se chaufTer, sans plus se souvenir d'en raporter ctiez soy.
son admiration pour la poésie populaire.