V entendement et la conscience
APPENDICES
bec sans le taster, pour en faire bêchée* à leurs pelitz, ainsi nos pédantes vont pillotant la science dans les livres, et ne la logent qu'au bout de leurs lèvres, pour la dégorger seulement et mettre au vent. [Cest vierveiJJe combien proprement la sottise se loge sur mon exemple^. Est-ce pas faire de mesme, ce que je fay en la plus part de cette composition? Je VI en vay escorn if fiant par-cy par-là ,- des livres, les sentences qui me plaisent ; non pour les garder, car je n'ai point de gardoire^, mais pour les transporter en cettuy-cy ; où, à vray dire, elles fie sont non plus miennes , qu'en leur première place. Nous ne sommes, ce croy-je, sçavants, que de la science présente : non de la passée, aussi peu que de la future.] Mais, qui* pis est, leurs escoliers et leur^ petits ne s'en nourrissent et alimentent non plus; ains elle passe de main en main, pour cete seule tin d'en faire parade, d'en entretenir autruy, et d'en faire des contes, comme une vaine monnoie inutile à tout autre usage et emploite^ qu'à conter et jetter^. [Apiid alios loqui didicerunt, non ipsi secum^. Non est loquendum, sed gubernandum^. Nature^, pour montrer qu'il n'y a rien de sauvage en ce quelle conduit, faict naistre souvent es nations moins cultivées par art, des productions d'esprit, qui luittent les plus artistes productions^^. Comme sur mon t^ropos, le proi'erbe Gascon tiré