LIVRE I
In vera nescis niillum fore morte alium te. Qui possit viviis tibi te lugere peremptuiii^ Stansque jacentem^
ni ne désirerez la vie que vous plaignez ^ tant ;
Nec sibi enim quisquani tum se vitamque requirit,... Nec desiderium nostri nos afticit ulkim^.
La mort est moins à craindre que rien, s'il y avait quelque chose de moins que rien.
Multo... mortem minus ad nos esse putandum, ^ Si minus esse potest quam quod nihil esse videmus*.
Elle ne vous concerne ni mort ni vif : vif, par ce que vous êtes ; mort, parce que vous n'êtes plus. Davantage nul ne meurt avant son heure : ce que vous laissez de temps n'était non plus vôtre que celui qui s'est passé avant votre naissance, et ne vous touche non plus 5.
Respice enim quam nil ad nos anteacta vetustas Temporis reterni fuerit^.
Où que votre vie finisse, elle y est toute. L'utilité^ du vivre n'est pas en l'espace, elle est eu l'usage : tel a vécu longtemps qui a peu vécu. Attendez-vous y ^ pendant que vous y êtes : il gît en^ votre volonté, non au nombre des ans, que vous ayez assez vécu.' Pensiez-vous jamais
tive. Tout ce passage {Et si... voits n'êtes plus, 1. 12) est une addition de 1588 et de 1595.
1. « Ne savez-vous pas que* la mort ne laissera pas subsister un autre vous-même qui puisse, vivant, gémir sur votre perte et pleurer, debout, auprès de votre cadavre? » (Lucrèce, lll, 898.)