n ne contribue (lat. confert
t). Cette belle prosopopee est inspirée par un célèbre passag^e de Lucrèce, dont elle n'est, eu
MONTAIGNE
qu'en nos maisons (autrement ce serait une armée* de médecins et de pleurards) ; et, elle étant toujours une, qu'il y ait toutes fois^ beaucoup plus d'assurance parmi les gens du village et de basse condition que les autres. Je crois à la vérité que ce sont ces mines et appareils effroyables, de quoi^ nous Tentournons^, qui nous font plus de peur qu'elle : une toute nouvelle forme de vivre ; les cris des mères, des femmes et des enfants; la Visitation de personnes étonnées^ et transies; l'assistance d'un nombre de valets pâles et éplorés ; une chambre sans jour, des cierges allumés, notre chevet assiégé de médecins et de prêcheurs; somme <5, tout horreur et tout effroi autour de nous : nous voilà déjà ensevehs et enterrés. Les enfants ont peur de leurs amis même quand ils les voient masqués: aussi avons-nous. Il faut ôter le masque aussi bien des choses que des personnes : ôté qu'il sera^ nous ne trouverons au-dessous que cette même mort, qu'un valet ou simple chambrière passèrent dernièrement sans peur. Heureuse la mort qui ôte le loisir aux apprêts de tel équipage! (Chap. XIX)
bien des passages, qu'une simple traduction.
1. Ce désigne, par prolepse, armée : « Cette armée, l'armée où il en serait ainsi,enseraitunede... »
2. Le mot est toujours écrit ainsi au xvr siècle et cette forme est déjà due à un rapprochement fautif avec /'ois; l'ancienne langue disait toutes voies (c.-à-d. par
quelque voie, de quelque façon que ce soit).