‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 83 sur 479 · Je serais d'une grande force · texte numérisé non relu

Je serais d'une grande force

8. Je n'entreprends d'imiter que les passa^^es les plus rcmar- ,

qnahles. — Remarquez les pins, et Doii le plus:. Idi distinction entre les deux formes est l'œuvre des grammairiens du xvn* siècle.

y. Ce De explétif, ouvrant une proposition infinilive pkicée clloméme en tête de la phrase, est fréquent jusqu'au xviu" siècle :

« De les appeler hérétiques, cela n'y a nul rapport. » (Pascal.) — Le sens de cette phrase embarrassé^, mais nor^irré<,'^ulière, est :

« Faire comme certains auteurs, imiter les anciens de très près en donnant cette imitation comme originale, c'est d'abord injustice..., puis sottise... »

10. Lorsqu'il s'agit d'id-^es générales (savants, habiles). Plus l'idée est î'énérale, plus l'imitation est facile a dissimuler.

LIVHE l.

qui les veulent cacher et faire propres, c'est preUiièt^ement injust^ice et lâcheté, que, n'ayant Hen en leur vaillant ' par où se produire, ils cherchent à se présenter^ par une valeur purement étrangère; et puis, grande sottise, SB contentant par piperie de^ s'acquérir l'ignoranle approbation du vulgaire, se décrier envers les gens d'entendement, qui hochent du nez^ cetta incruslalioti cm})runtée; desquels seuls la louange a du paîds; Deina part il n'éët rien que je veuille moins faire; je ne dis les autres sinon pour d'autant plus me dire*. Ceci ne touche pas les centons, qui se publient pour centons : e.t j'en ai vu de très-ingénieux en mon temps, enti^ autres un, sous le nom de CapiUipus^, outre les anciens^; Ce sont des esprits qui se font voir et par ailleurs et par là^ comme Lipsius^ eii ce docte et laborieux tissu de ses PoiUiques,

fjuoi qu'il en soit, veux-je dire, et quelles que soient ces inepties, je n'ai pas délibéré de les cacher, non plus qu'un mien portrait chauve et grisonnant, où le peintre aurait mis, non un visage parfait, mais le mien. Car

1. Rien qui leur nppartiomnj ; Cf. iVavoir ])(is un sou l'ailluuf.

Vahh\vo\\\\\\v /'o>//o/7\av;nt jndis deux parLicipes pr«'»stMi s. l'un fornié sur le radical i\o l'indicatif, L'autrH siii- le radical du siihjunctif : râlant et vuUlunt ; voulant et I eu niant ; vaillant n'est plus usilé (|ue dans la locutioii cit«'e plus haut, et veuUlant (avec une orllio^iiaphe itu-otiecte qui a f aussi' la p; ouoticialion) dails les'coinposés btent'tillant, malveillant.

"1. Se /frrscnter.se. rendre acceplahles, se faii-e valoir.

5. liochi'v (luelqu'un du vez, proprement : le saisir par le bout du \\e>. et le secouer. Cf. notre hiclwr delà tête à ; le complément direct est peut-être ici par imitation de la locutiim latine aliqucm (aliquod) auspendcrc

naso.

i. Je ne cite les autres que pour me faire mieux connaîtie.

5. Leiîo Capilupi. de Mantoue, (1 41)8-1 560), auteur de divei's poèmes satiriques en cenlons dt; Viri;ile.

6. Le centon a été connu des anciens : Ilosidius Géta, dès le siècle dAu«,Miste, cotnposa Une Médce avec «tes trat,Muenls de Vji-- «;ile ; Ausone a donné la délinition du peni-e el s'y est particulièrement disting^ué.

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