‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 86 sur 479 · Cet italianisme Iriuscire duilo = evaUere dodus) est le · texte numérisé non relu

Cet italianisme Iriuscire duilo = evaUere dodus) est le

résultat d'une correction: Montaigne avait d'abord écrit (1580-.S) :

d'en tirer un habile homme qu'un homme suivant.

♦). Tout d'abord.

7. Le mettre à l'épreuve, à l'essai. Montaigrne avait d'abord écrit rIo8l)-S) : s2ir Je frottoir le lieu où lesmarcbandsde cbevnux font voir et ti'otter les cbevaux à vendre). Cf. quelques lip^nes plus bas, gu'il le fasae trotter devant lui.

LTVRE l.

parler à son tour. Socratess et depuis, Arcésilaus- taisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux. Obest pleninique iisy qui discere volunt, aucloriias eonim qui docent^. Il est bon qu'il le fasse trotter devant lui, pour juger de son train et juger jusque à quel point il se doit ravaler pour s'accommoder à sa lorce. A tante de cette proportion, nous gâtons tout; et de la savoir choisir et s'y conduire bien niesurémeut, c'est une des plus ardues besognes que je sache ; et est l'efïet d'une haute àme et bieu forte, savoir condescendre à ces allures puériles et les gr.ider. Je marche plus ferme et plus sur à mont qu'à val*.

Ceux (pii, comme notre usage porte, entreprennent, d'une même leçon et pareille mesure de conduite, régenter plusieurs esprits de si diverses mesures et formes, ce n'est pas merveille si, en tout un peuple d'enfants, ils en rencoiUrent à peine deux on trois qui rapportent quelque juste fruit de leur discipline, Ou'il ne lui demande pas seulement conq»(e des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance; et qu'il juge du profit qu'il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie. Que ce qu'il viendra d'api^rendre, il le lui fasse mettre en ceut visages et acconuiioder à autant de divers sujets, poiu' voir s'il l'a encore bien pris et bien fait sieu ; preiiaut l'instruction de son progrès des pédagogismes de Platon \ C'est témoignage de crudité et indigestion ijue de rci^or'izer^ In vinn<ie ccimme

l. Tout \o passMpro qui suif (Jusqu'à /*/•//// (/(' leur (/i.s<l/)/ln(\ ]. ISj qui iut(M'i'oiii|it. on «tu moins raltMilil le 4lôveIo|»(KMiieiit, esi une adil. de iri^»5.

"i. Arc<''silas i-enqiiar.i Cr.inlor à la tète de la série acad«'Mnique, et l'ut le j>!(Mnier qui eu^aj^ca lecole dans la voie du scepticisme (51o-:2i«M.

5. « L'autorité de ceux qui enseivjnent nuit souvent à ceux qui

>euleiii a[>pF'endro. » (Cicéron, De \n/. D'or., L 5.)

t. Kn montant qu'en descendant.

5. D'ap''**^ '*ï méthode pédalo ^n<jue i\o Si»crat(», expos«'e par IMalon. — [Prenant... Platon, a«id.

de i:)V6.

G. l'roprement : rendre par la goi'^i'e. "Ils I lrsenrant>) mangeront jusiju'à rei,^orger. >» (.1.-.!. Kousseau, EinUe^ II.)

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on Ta avalée; Testomac n'a pas fait son opération, s'il n'a fait changer la façon et la forme à ce qu'on lui avait donné à cuire. Notre âme ne branle qu'à crédits liée et contrainte à l'appétit des fantaisies d'autrui, serve et captivée sous l'autorité de leur leçon; on nous a tant* assujettis aux cordes^ que nous n'avons plus de franches alhires; notre vigueur et hberté est éteinte : Nunqnam tiitelœ suœ fiuni^.

Je vis privément à Pise un honnête homme, mais si aristotélicien que le plus général de ses dogmes est (( Que la touche et règle de toutes imaginations solides et de toute vérité, c'est la conformité à la doctrine d'Aristote; que hors de là, ce ne sont que chimères et inanité ; qu'il a tout vu et tout dit. )) Cette sienne proposition, pour avoir été un peu trop largement et iniquement interprétée, le mit autrefois et tint longtemps en grand accessoire^ à l'Inquisition à Rome.

Qu'il lui^ fasse tout passer par l'étamine^, et ne loge rien en sa tête par simple autorité et à crédit. Les principes d'Aristote ne lui soient principes, non plus que ceux des Stoïciens ou Épicuriens. Qu'on lui propose cette diversité de jugements, il choisira, s'il peut: sinon il en demeurera en doute :

Che, non men che saver, dubbiar m'aggrata'^.

1. Notre âme ne se meut qne sur la foi d'autrui. — Tout le passage qui suit (.jusqu'à : l'Inquisition à Rome) est une add.

de 1588. Montaigne l'avait d'abord introduite par deux phrases qu'il a eiracées en 1595, s'apcrcevant sans doute qu'elles faisaient double emploi avec un passage antérieur : on ne cherche réputation que de science. Quand ils disent :

« c'est un homme savant », il leur semble tout dire.

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