DE LA RICHESSE SOCIALE
PAR
Leon WALRA8
Professeur d'économie politique à l’Académie de Lausanne.
ÉQUATIONS DE LA CAPITALISATION
L’existence de revenus fonciers, personnels et mobiliers d’espèces (T), (T'), (T")... (P), (P'), (P")... (K), (K'), (K")... suppose l’existence de capitaux fonciers, personnels et mobiliers de mêmes espèces. Nous avons déterminé le prix des revenus ; mais nous n’avons pas encore déterminé le prix des capitaux dont ces revenus sont' l’usage ou le service. Le problème de cette détermination est le troisième grand problème de la théorie mâthématique de la richesse sociale : c’est celui que nous allons aborder dans ce quatrième et dernier mémoire.
Il ne saurait y avoir, pour nous, de prix que sur le marché. Par conséquent, de même que, pour déterminer le prix des produits et le prix des revenus producteurs, nous avons considéré un marché des produits et un marché des revenus producteurs, de même, pour déterminer le prix des capitaux, il nous faut considérer un
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marché que nous appellerons marché des capitaux et sur fl lequel se vendront et s’achèteront ces capitaux. Les produits sont demandés en raison de leur utilité; les revenus Jj producteurs sont demandés en raison du prix des pro- il duits qu’ils servent à fabriquer. En raison de quoi sont ‘ 1 demandés les capitaux producteurs? En raison de la rente, du travail et du profit, mais surtout en raison du fermage, du salaire et de l’intérêt qu’ils rapportent. Sans j doute, on peut acheter un capital aussi bien en vue de la consommation qu’en vue de la vente du revenu; mais J ce dernier point de vue doit être considéré comme do- f minant, en matière d’acquisition de capitaux, puisque Ji autrement on se bornerait à acheter le revenu, soit à. louer le capital. Un homme qui achète une maison pour I s’y loger lui-même doit être décomposé par nous en deux | individus dont l’un fait un placement de fonds et dont | l’autre consomme directement le revenu de son capital. J Nous avons déjà parlé de celui-ci; c’est à présent lepre- J mier qui nous occupe.
Le prix des capitaux dépendra donc essentiellement du g prix des revenus. C’est pourquoi celui-ci demande à être fl analysé sans plus de retard; car il se compose de trois 1 éléments très distincts.
En premier lieu, tous les différents capitaux qui exis- M tent ne se détruisent pas aussi rapidement les uns que les Ji autres par l’usage. De là cette conséquence qu’on achètera . M un capital plus ou moins cher, à égalité de revenu, selon, JI qu’il s’usera moins ou plus vite.
En second lieu, tous les différents capitaux ne sont pas. | également sujets à périr d’une manière subite et imprévue || par accident. D’où cette conséquence qu’on achètera en- Ji core un capital plus ou moins cher, à égalité de revenu, J
69 SEP. ÉQUATIONS DE LA CAPITALISATION BULL. 527 selon qu’il sera moins ou plus susceptible de disparaître accidentellement.
Rien de plus facile d’ailleurs que de tenir compte mathématiquement de ces deux circonstances.
En ce qui concerne la première, il n’y a qu’à supposer qu’on prélève sur le prix annuel du revenu la somme nécessaire soit pour entretenir toujours le capital à l’état de capital neuf, soit pour le rétablir lorsqu’il sera hors d’usage. C’est ce qui s’appelle faire Y amortissement du capital. La somme à prélever pour cet objet, ou 'prime d’amortissement, variera d’un capital à l’autre ; mais une fois qu’elle aura été prélevée, tous les capitaux seront devenus rigoureusement identiques sous le rapport de la détérioration par l’usage, puisque tous auront été rendus en quelque sorte indestructibles.
Il en est de même pour ce qui concerne la seconde circonstance : il n’y a qu’à supposer qu’on prélève sur le prix du revenu la somme nécessaire pour contribuer à la reconstitution de tous les capitaux similaires annuellement disparus par accident. C’est ce qui s’appelle faire Yassusurance du capital. La somme à prélever dans ce but, ou prime d’assurance, variera encore d’un capital à l’autre ; mais une fois qu’elle aura été prélevée, tous les capitaux seront devenus rigoureusement identiques sous le rapport de la disparition accidentelle, puisque tous auront été rendus pour ainsi dire impérissables.
Soit p le prix du revenu, y compris les deux primes d’amortissement et d’assurance; c’est le revenu brut. Soit p la prime d’amortissement, v la prime d’assurance. Ce qui reste du revenu brut après qu’on a retranché ces deux primes, soit tt — p — (p -f- v) , est le revenu net.
On s’explique à présent la différence des revenus bruts