‹ Principe universel du mouvement & de la vieChapitre 5 sur 13 · DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

DE LA MATIÈRE

§ 1. — Cause expérimentale de répulsion universelle

par chocs ou vibrations.

Après avoir cherché la loi qui régit l'univers dans les phénomènes les plu3 variés et les plus complexes, nous" avons fini par la trouver dans les faits les plus simples et les plus communs. Les effets que nous pouvons observer sur la matière tangible étant régis par la même loi que ceux de la matière non tangible, il nous suffit de regarder autour de nous pour saisir cette loi.

Toutes nos machines le montrent, la pression ou répulsion est Tunique effort qui leur donne le mouvement et les fait travailler de mille manières. La pression est aussi Tunique effort que le milieu où nous vivons puisse exercer; elle équivaut, pour les seuls fluides tangibles de Tatmosphère, à 0,76 de mercure ou 103 kilogrammes par décimètre carré et pourtant nous ne sentons rien à cause des équiUbres qui s'établissent.

Nous savons aussi que la force des gaz et des vapeurs résulte des chocs ou vibrations moléculaires, de même que la chaleur et la lumière, et nous voyons de toute part que les chocs ne peuvent produire que de la répul*

sion. Regardons sur le tapis vert du billard les chocs des billes entre elles comme avec les queues ou lorsqu'elles sont répercutées entre les bandes; ils ne produisent que de la [répulsion, jamais d^attraction . La boule qui frappe les quilles, le marteau qui frappe l'enclume, toujours de la répulsion. Il en est de même de nos efforts mécaniques : le coin, le levier, l'engrenage ne sont que des modes de pression. Le cheval môme, qui semble tirer, ne fait que s'appuyer sur son collier pour agir sur des corps solides dont nous verrons encore la même cause d'union. Tout le monde sait aujourd'hui que la puissance de nos machines dérive de la pression ou répulsion des fluides, notamment de celle des gaz que la chaleur développe. Cette répulsion nous montre très clairement que la force et le mouvement résultent de la différence des pressions répulsives qui luttent entre elles. Lorsque l'agitation moléculaire domine dans le récipient de vapeur, considéré dans sa plus simple expression et placé horizontalement pour éviter la pesanteur, elle repousse le piston à l'extérieur; puis, lorsque ôette répulsion diminue assez, c'est la pression extérieure, seul et unique effort que Tatmosphère puisse exercer, qui refoule le piston dans l'intérieur; alors il se rapproche comme s'il était attiré, par cela seul que la répulsion intérieure est plus faible.

L'expérience nous le montre, tous les chocs des corps ne peuvent donner que de la répulsion, et par une incontestable conséquence, l'étherqui subit des centaines de millions de vibrations par seconde, ne peut produire qu'une pression immense, que deux causes nous empêchent généralement de sentir. D'abord l'équilibre qu'il établit en s'introduisant entre les autres corps, équilibre qui nous empêche même de sentir la pression des fluides tangibles, et ensuite les modes différents de transmission de force que nous allons examiner. D'ail-

leurs, quand nous nous déplaçons avec une vitesse de chemin de fer de 10 mètres par seconde, la vitesse des vibrations éthérées étant de 300.000 kilomètres ou 30 millions de décamètres dans le même temps, nous ne troublons cette force que de 30000006' c'est-à-dire d'une manière tout à fait insensible. Nous verrons son action sous d'autres formes.

Depuis Fresnel, on .mesure par des moyens assez faciles le nombre des vibrations lumineuses qui, des rayons rouges aux rayons violets, se multiplient au nombre prodigieux de 394 à 758 millions par seconde, en se basant sur la vitesse de 300.000 kilomètres par seconde. Pour que tous les corps, toutes les pressions puissent se faire équilibre, il faut en effet que la vitesse augmente à mesure que la densité diminue.

Depuis près de trois siècles que les propriétés de la vapeur furent découvertes par Salomon de Caus, la science officielle connaît la propriété répulsive des milieux en général que Ton désigne sous le nom de force vive, et même que l'on croyait calculer exactement. Mais, sans connaître encore la loi des transmissions de cette force, on a cru qu'elle devait expliquer d'une manière immédiate ou consécutive tous les phénomènes de la nature et par conséquent conduire au matérialisme et nuire à la morale. Sans s'éclairer davantage, notre philosophie se mit à l'œuvre pour imaginer une foule d'hypothèses fausses, propres à dérouter la science tout en lui laissant une certaine latitude. Telle est l'hypothèse de l'attraction, qui n'est que le côté négatif de la répulsion universelle et qui permet certains calculs astronomiques moyennant des substitutions de signes. Mais la répulsion universelle dans son idée simple, pas plus que l'attraction fictive, n'explique l'infinie variété des mouvements et des phénomènes de la nature. Il fallait encore connaître la loi de transmission de la force vive, pour que l'homme

puisse apprécier le milieu où il vit et prendre possession des ressources infinies qu'il met à sa disposition.

Nos recherches faites sous bien des formes, nous ont conduit en premier lieu à cette loi qui exprime les faits, mais non leur cause : chaleur ou matière se repoussent en raison de leur similitude, et relativement s'attirent en raison de leur différence. Cette loi renferme en germe le principe des transmissions de force.

§ 2. — Principe des transmissions de force démontré

par rexpérience et les faits.

Maintenant, il importe de remarquer comment ces mouvements, cette force vive, se transmettent entre tant de corps différents. La loi des actions ne changeant pas selon le plus ou moins de grandeur des corps, nous allons d'abord expérimenter les transmissions de force vive par de simples rangées de billes, se transmettant leurs chocs ou force vive en ligne droite, et confirmer ensuite ces résultats par une foule d'autres expériences et de faits. Pour ces premières expériences nous sommes d'ailleurs dans le même cas que la théorie mécanique, qui décompose la force vive d'un milieu en trois résultantes se coupant à angle droit, pour les ramener à des actiops en lignes droites. Ati lieu déposer les conditions les plus compliquées et perdues dans des bases hypothétiques d'équations, nous allons exposer des résultats très simples, mais qui auront l'avantage de nous donner facilement la clef des phénomènes.

Au moyen de diverses expériences nous pouvons constater que les corps élastiques égaux se transmettent leur mouvement ou force vive immédiatement avec toute leur puissance, comme nous le montre l'appareil classique formé d'une rangée de billes égales en ivoire (figure i, page ô). Le choc de la première se transmet subitement et complètement, chaque bille restant en repos après son

choc, jusqu'à la dernière qui conserve seule ce mouvement, cette force vive proportionnelle au poids ou masse de chacune multiplié par sa fonction de vitesse. Mais, si les corps ne sont pas semblables, il n'en est plus de même. Si la bille incidente est plus forte, elle conserve de son mouvement direct et ne peut tout le transmettre à la bille plus petite. Si la bille incidente est plus faible, elle revient au contraire sur elle-même avec ime vitesse d'autant plus rapprochée de la vitesse d'incidence, qu'il y a plus de différence de masse ou de densité entre ces billes; et la plus grosse prend une force égale à celle d'incidence détruite, plus à celle de réflexion. Le corps dense a donc acquis plus de chaleur ou de mouvement que n'en avait le coi-ps incident; mais comme sa vitesse est d'autant plus faible que les corps ont plus de différence de niasse, si alors il choque une autre petite bille égale à la première, il ne peut lui transmettre au plus qu'une vitesse double de la sienne et par conséquent une force beaucoup plus faible que celle de la première. bille, il en résulte encore, par l'alternative des corps différents, une perte de transmission de force vive et la grosse bille conserve une force équivalente. La transmission de force est donc complète entrecorpssemblables,ellenerestpasentrecorpsdifférents.

Ensuite, si entre deux billes égales nous intercalons une série de billes plus ou moins puissantes, elles nous permettent de constater l'ensemble des phénomènes caloriques, lumineux, etc. Après son choc, la première bille revient avec une certaine force sur elle-même, c'est la réflexion. La dernière s'éloigne, quoique faiblement, c'est la transmission calorique lumineuse ou sombre, qui est employée à d'autres actions du milieu extérieur, et dont le corps considéré ne possédera plus la puissance. De plus, on voit les billes de différents poids s'éloigner les unes des autres d'une certaine quantité par suite des réflexions internes ; cet écartement répond à la dilatation des corps sous l'action du mouvement. Ensuite, nous voyons l'amplitude des oscillations diminuer, et les billes se rapprocher à mesure qu'elles perdent ce mouvement en le transmettant, ce qui répond encore à la contraction dii corps qui se refroidit en transmettant sa force extérieurement.

Ainsi, les billes égales ont transmis immédiatement toute leur force vive, sans garderde mouvement et par conséquent sans s'écarter ou se dilater, ni s'échauffer. La transmission de force vive est donc complète et immédiate entre corps semblables et le corps ne s'échauffe pas. La capacité calorique serait ainsi infinie, puisqu'un tel corps peut recevoir n'importe quelle quantité de mouvement sans s'échauffer et en le transmettant complètement. Au contraire, entre corps différents, la transmission de force est moins complète, moins immédiate, et le corps s'échauffe^ s'agite ou s'illumine en conséquence. Ce résultat, étant indépendant de la grandeur absolue ou de l'échelle des corps, s'applique donc également aux formes tangibles ou non tangibles de la matière.

Les expériences qui précèdent nous font constater les principaux résultats suivants : 1° la similitude des corps

et leur homogénéité produit la transmission complète du mouvement depuis celui dit quantité de mouvement pour les corps denses, jusqu'à la transmission électrique pour les corps plus ténus ; 2** la ténuité du corps incident relativement à la densité du corps choqué détermine une réflexion puissante et la communication d'une force presque double au corps choqué s'il est isolé, mais ce corps transmettra cette force s'il est en rapport avec d'autres corps semblables ; alors il s'échaufFe d'autant moins que la quantité en est plus grande; 3» Talternation des corps différents diminue la transmission de force ainsi que la réflexion et produit dans le corps considéré une accumulation de force dépendant du degré de complexité. Le principe se résume dans cette loi : La force vive se transmet mieux entre corps semblables ou de vibrations semblables qu'entre corps différents. Les applications de cette loi sont innombrables; nous allons de suite en donner une idée.

Faute de principe, la plus grande confusion règne dans la science comme à l'Académie. Ainsi MM. Hérissant, Changeux, Pelouze, Gasparin, Menier, présentent successivement à l'Académie la pulvérisatioil comme découverte nouvelle facilitant la dissolution des corps. D'innombrables faits sans principe se voilent les uns les autres dans les monceaux de publications académiques. Les simples lois ci-dessus nous montrent pourquoi le bois pulvérisé peut devenir un aliment; pourquoi le verre pulvérisé peut être dissous dans l'eau chaude, quoique si résistant en masse, comment on peut arriver à la dissolution des corps réfractaires avec le plus d'efficacité, puisque chaque élément du corps isolé s'échauffe, garde la force au lieu de la transmettre à ses semblables. Avec cette loi, on voit qu'il est facile de constater les avantages de la pulvérisation de la division des aliments, engrais, etc., pour obtenir la dissolution,

la digestion, l'assimilation par les êtres organisés, etc. Avec cette loi on voit pourquoi il fait un froid excessif dans les régions élevées où la ténuité des éléments de Tatmosphère ne permet qu'une faible transmission de mouvement à nos organes plus denses, tandis que la chaleur devient sensible dans le milieu inférieur ovi une plus grande densité d'éléments transmet mieux sa force à nos organes denses. Par cette môme cause elle augmente à mesure que l'on descend dans la terre. Partout elle augmente par la pression qui rend les corps ou les milieux plus denses, aussi elle devient excessive sur le soleil, sans que les mathématiciens aient besoin d'en rechercher mille causes fantastisques.

Lorsqu'on nous dit que la pomme tombe sur le sol comme si elle était attirée par lui; que deux astres s'in- . fléchissent, en passant l'un vers l'autre, par une action attractive de ce milieu sidéral qui n'e peut que repousser, il y a là un énorme contre-sens. Il s'explique... oh! d'une manière bien simple : en remplaçant la fiction par la réalité. Si la pomme qu'observait Newton était au milieu d'un espace sidéral, uniforme, libre, elle recevrait également de toute part les vibrations éthérées qui la laisseraient en équilibre entre des pressions égales. Mais si cette pomme n'est qu'à quelques mètres au-dessus do la surface de la terre, elle reçoit encore la pression des vibrations éthérées également de tous les côtés où la voûte céleste est libre; mais du côté de la terre, les vibrations sont non pas détruites, mais seulement transformées, soit en traversant notre globe, soit pour celles opposées par réflexion contre un corps incomplètement élastique, ayant des mouvements fort différents de ceux de l'éther qu'il répercute mal cb les vibrations devenant moins semblables du côté de la terre, ne pouvant plus faire équilibre à celles venant des autres côtçs, la pomme tombe du côté de la terre, où elle est moins repoussée.

moins soutenue. Quant aux deux astres qui passent en face Tun de Tautre, vous n'attendrez pas même que j'aie fini : vous voyez déjà que, malgré leur éloignement, ils répercutent mal les vibrations et se protègent réciproquement contre une certaine partie de celles de la voûte céleste et que, pour cela même, ils s'infléchissent l'un vers l'autre en passant, comme s'ils s'attiraient. Newton a certainement douté de l'attraction, puisqu'il a dit que les corps agissaient comme s'ils s'attiraient.

Ainsi, dans un milieu uniforme, les vibrations éthérées semblables perdant doublement de leur force entre deux astres ou corps denses, qui les répercutent différemment, tandis qu'elles n'en perdent que d'un seul côté à l'extérieur, il est évident que ces deux corps denses tendront à se porter l'un vers l'autre, par le seul effet de la moindre répulsion qui les sépare. Le même effet se produit dans notre milieu entre les molécules et plus puissamment encore en raison de la propre différence de ces molécules. Pour cette raison surtout elles ne peuvent se transmettre toute leur force répulsive et il en résulte que les molécules assez différentes sont pressées les unes contre les autres, ce qui donne la solidité aux corps. La chimie les montre en effet composés, soit par l'alternation de molécules différentes, soit par des molécules qui cristallisent en raison des éléments différents dont chacune est composée.

La contre-partie de ces pressions nous montre très clairement ce résultat. En augmentant le mouvement ou la chaleur d'un corps solide, ses molécules arrivent à pouvoir lutter contre la pression éthérée, et non-seulement nous obtenons leur écartement, leur expansion en vapeur, qui constitue la force de nos machines, mais aussi les explosions qui fendent les rochers ou lancent les projectiles de guerre. Dans tous les cas, on obtient une force de répulsion équivalente à l'excès de puissance

-iode l'agitation calorique développée. Par contre, si l'agitation répulsive diminue sur un point, les corps voisins se rapprochent comme s'ils s'attiraient^ par cela seul qu'ils se repoussent moins. Le plus ou moins de répulsion suffit donc à produire ces phénomènes.

Les faits les plus simples et les plus palpables nous montrent cette loi de transmission relative de la force : lorsqu'il s'agit des vibrations d'un corps dense, ce sont les corps les moins denses qui les transmettent le moins. Ainsi, en faisant résonner un timbre dans l'éther seul de la cloche pneumatique, les sons ne s'entendent pas du tout; mais ils deviennent de plus en plus distincts, à mesure qu'on y laisse pénétrer de lair plus dense. Le son est encore mieux transmis par un corps dont la densité approche de celui qui l'émet. C'est ainsi que le très léger frottement d'une épingle dense, à l'extrémité d'une longue pièce de bois ou de fer, s'entend facilement à l'autre extrémité, alors que l'air est déjà impuissant à le transmettre.

C'est moins au rapprochement qu'à l'homogénéité du milieu qu'est due la transmission. Si l'on divise une chambre par une simple cloison en bois ou en métal, on entendra encore de part et d'autre ce léger frottement d'épingle, s'il a lieu immédiatement sur cette cloison; mais si ce frottement s'opère sur un autre morceau de bois ou de fer qui en est le moindrement séparé, on n'entendra pas à quelques centimètres ce qui, par la continuité de la môme matière, peut être entendu beaucoup plus loin. La non-transmission sera bien plus complète encore si les corps denses sont séparés par l'éther seul (dit le vide); dans ce cas, le bruit le plus puissant ne saurait être entendu à cette distance de quelques centimètres.

Ces faits bien connus s'expliquent d'eux-mêmes : lorsque la puissante vibration d'un corps dense se produit

dans le vide ou l'éther seul, les vibrations sont toujours excessivement lentes, par rapport à celles de Téther, qui en produit des centaines de millions par seconde; il en résulte que cette lenteur de vibrations appliquée à un corps d'une densité si peu appréciable que celle de Téther est une force presque nulle et impuissante à ébranler un autre corps dense. Ces exemples nous montrent avec évidence que la transmission est (fautant plus forte que les corps sont plus semblables, et d autant plus faible qu'ils sont plus différents. D'ailleurs les exemples sont partout, même au coin du feu.

Prenez la pincette, suspendez-la par un cordon dont vous tiendrez de chaque main les extrémités entre vos doigts: faites alors heurter la pincette ainsi suspendue contre un objet résistant, vous entendrez médiocrement ces vibrations, parce qu'elles sont obligées d'emprunter l'air, moins dense, pour arriver à vos oreilles. Mais portez alors les deux extrémités de la ficelle, légèrement pressées, dans vos oreilles, sans changer ces dispositions, et les vibrations étant transmises directement par la ficelle plus dense, vous entendrez un son tellement puissant, qu'il vous semblera que le bourdon d'une cathédrale résonne près de vous.

Pour que chacun puisse remarquer que les expériences qui démontrent la grande loi universelle sont partout et constamment à sa portée, remarquons que si» dans la pièce ou nous nous trouvons, les vibrations sonores, caloriques ou lumineuses sont mal ou faiblement transmises, sauf par le verre homogène et synchronique pour la lumière, c'est que les clôtures interrompent l'uniformité du milieu qui nous les transmet. Ouvrez portes et fenêtres, et la lumière, le bruit et la chaleur, entrant ou sortant selon le cas, seront transmis plus facilement. Si votre écran vous garantit du feu, c'est parce qu'il rompt l'uniformité du milieu. Regardez votre

main : vous la voyez grâce à runiformité suffisante du milieu qui la sépare de vos yeux. Interposez un corps différent et vous ne la verrez plus, bien qu'elle continue à recevoir les mêmes vibrations lumineuses : elles ne sont plus transmises à vos yeux.

Portez votre main contre un corps de température différente : s'il est poli, vous sentirez vivement la chaleur se transmettre; mais s'il est poreux ou séparé par la moindre couche d'air moins dense, vous la sentirez très peu. Même dans les cristaux, où les couches sont peu sensibles, M. de Sénarmont a montré que la conductibilité est plus grande dans le sens des couches du clivage que dans le sens perpendiculaire. Il en est de même relativement aux couches des fibres du bois. Depuis que nous avons fait connaître cette loi, l'Académie Ta vérifiée amplement. (Voir les Comptes-rendus), En un mot, la preuve du principe universel est partout.

Le simple rapprochement de ces expériences démontre de la manière la plus évidente que la force vibratoire est d'autant moins transmise qu'elle emprunte l'intermédiaire de corps de densités plus différentes et moins homogènes.

Gomme les transmissions de force par vibrations différentes, directes ou indirectes, par échauffement et rayonnement, doivent se compenser et se faire équilibre, à des distances qui dépendent de la dimension des corps, nous remarquerons que lorsque ces compensations s'opèrent entre des corps de dimensions inappréciables^ comme celles des gaz et de l'éther, les équilibres et l'élasticité totale seront rétablis à des distances tellement minimes, que la transmission ne paraîtra pas troublée. Mais lorsque les différents corps ont des dimensions appréciables, comme autour de nous, ou immenses, comme pour les corps célestes, les transmissions de forces directes et rayonnantes devienn-ent très distinctes et ce

sont ces différences de transmission d'action qui vont nous expliquer la généralité des phénomènes en nous fournissant autant de nouvelles preuves de la loi que nous constatons par l'expérience.

§ 3. — Confirmations par l'union spontanée des matières différentes.

Par cela même que les corps différents se transmettent moins bien leur force vive, on comprend que, sous la pression générale, ils tendront à s'approcher ou à se mêler ou à réunir chacun de leurs éléments différents s'ils sont mobiles, puisque la répulsion sera moins grande entre molécules différentes qu'entre molécules semblables. Ils se mêleront avec d'autant plus de facilité que leur mobilité sera plus grande, si une autre force supérieure ne s'y oppose. L'état fluide est donc une bonne condition pour que de faibles tendances puissent se manifester, et en expérimentant d'abord au moyen des fluides tangibles, nous pouvons, avec toute facilité, confirmer expérimentalement cette loi.

1*» Moindre répulsion des liquides différents, — Lorsqu'on superpose divers liquides de densités différentes, au moyen de quelques précautions, comme Ton fait Priestley, Dutrochet, Dubrunfant et autres, ou comme dans Tancienne et populaire expérience qui consiste à faire surnager du vin sifr de l'eau, il semble d'abord que . leur différence de densité va les maintenir chacun à leur niveau; il n'en est rien : avec un certain temps, le mélange s'effectue parfaitement, malgré le repos le plus ^ absolu et contrairement à l'action, de la pesanteur, qui tend à les maintenir à leur niveau respectif.

Les expérimentateurs reconnaissent que « Ton est ainsi obligé d'admettre que les liquides superposés sont le siège de forces qui déterminent les mouvements néces-

saires à 1 accomplissement du mélange... » « La force se trouve au maximum là où Vinégalité des densités des différents liquides se trouve elle-même au maximum,.. » « La force n'agit pas dans toutes les directions, mais normalement à la surface de contact des liquides... » « L'expérience démontre en outre que la même force varie en intensité suivant les différences de densités des couches liquides entre lesquelles elle s'exerce... et Taction se ralentit à mesure que les différences de densités diminuent. » Ainsi les différences de densités déterminent des vibrations différentes qui, se repoussant moins bien, obligent les corps différents à s'approcher ou à se mêler; tandis que les plus semblables s'éloignent.

Nous sommes donc toujours en présence de la même loi d'action répondant aux différences de densités. Pour que l'action demeure proportionnelle aux différences de densités ou de masses, il faut remarquer que cela suppose une température ou des vibrations caloriques sensiblement constantes. Si cette valeur changeait, la force vive ne saurait être en rapport avec les masses.

Il se présente quelquefois des exceptions apparentes, comme dans les corps gras, qui ne se mélangent pas toujours avec les liquides cristalloïdes ; ces cas ne sont pas contraires au principe, car M. Ghevreul a montré que les corps gras, quoique fluides, peuvent être considérés comme des sels formés de divers acides unis à une base organique : la glycérine. Si tel corps gras ne se mélange pas avec tel liquide cristallin, c'est donc simplement parce que les éléments très différents des corps gras sont assez puissants pour les maintenir de préférence en contact entre eux.

MM. A. et P. Dupré {Comptes rendus, t. LXII, p. 1072) ont aussi calculé ce résultat : « La diffusion a lieu toutes les fois que la force de réunion des deux fluides l'un avec l'autre surpasse la moyenne arithmétique entre leur force

— Iode réunion respective. » Ainsi, dans l'un comme dans l'autre cas, les molécules obéissent aux plus grandes différences d'états ou de densités qui les sollicitent.

2"* Moindre répulsion des gaz différents. — Si nous mettons en contact deux ou plusieurs gaz, comme les molécules semblables de chacun d'eux se transmettent mieux leur force vive, elles se repousseront davantage que les molécules différentes de l'un avec l'autre gaz qui se rapprochent en raison de la moindre transmission de force entre matières difTérentes. Toutes ces molécules se mêleront donc, de manière que les transmissions de force soient partout égales et équilibrées; c'est précisément ce que nous montre l'expérience.

Lorsque deux gaz différents sont enfermés dans chacun un ballon, dans les mêmes conditions de pression, et que l'on met ces ballons en communication par un long tube, même en plaçant le plus dense en bas, « ces gaz, au bout de quelque temps se trouvent complètement mélangés... et ce mélange s'opère d'autant plus vite que leur densité est plus différente. » Encore et toujours, lorsqu'on opère sous la même température, l'action a lieu non en raison des masses, mais en raison des différencesde masses (1). L'action, en raison desdifférences de masses, est du reste très facile à établir expérimentalement. Si l'on fait diffuser de l'air ordinaire, dont la densité est 1,00, avec du chlore, dont la densité est 2,47, le temps de diffusion est considérablement plus longque si Ton fait diffuser de l'air avec de l'hydrogène dont la densité ou masse 0,069 est 36 fois moindre.

Cette union de corps différents est le résultat de la diffusion, non-seulement de tous les gaz et des vapeurs

(1) Dans les forces vives M «2 = w V2, si une cause tend à égaliser les vitesses m et V2 sans que les masses M et m puissent changer, il y aura nécessairement inégalité de force vive, et comme le rapprochement de deux corps tend à égaliser leur mouvement, les ditTérences d'actions tendront à devenir proportionnelles auK dilTéreuces de masses, et les corps ne pouvant pas s'équilibrer doivent tendre à se réunir.

qui ne se combinent pas chimiquement, mais elle est encore confirmée par ceux qui se combinent, puisqu'ils le font en raison de leurs différences.

3® Affinité ou moindre répulsion des molécules différentes, — A part quelques réticences qui n'ont pas la science pour mobile, tous les traités de chimie constatent que Vaffinité s'exerce de préférence entre les corps les plus dissemblables. Quant à la nature intime de ces différences, elle résulte de ce fait que le poids atomique ou moléculaire qui régit l'affinité est basé précisément sur les poids différents des volumes égaux de gaz ou de vapeur, c'est-à-dire sur leurs différences de densités.

Boerhaave avait constaté cette action des corps différents l'un sur l'autre, sans en connaître la cause, lorsqu'il cite Taction de l'esprit de nitre sur le fer, de Teau régale sur Tor, et qu'il dit : « Dans ce dernier cas, pourquoi les particules d'or, dix-huit fois plus denses que l'eau régale, ne se réunissent-elles pas au fond du vase? Ne voyez-vous pas qu'il y a entre .chaque particule d'or et chaque particule d'eau régale une force en vertu de laquelle elles se recherchent, s'unissent et se retiennent? » Oui, et cette force d'union entre les corps différents amène la dissolution des molécules de l'or et leur union aux particules de l'eau régale, ' plus différentes. D'autre part, en se basant : 1° sur le nombre d'atomes qui entrent dans la composition de chaque molécule; 2** sur la symétrie nécessaire à l'équilibre des forces; 3° sur la forme. que doit avoir une molécule pour donner les formes cristallines qu'elle produit, on arrive à cette nécessité que les molécules sont nécessairement alternées dans la composition; c'est ainsi que M. Gaudin, dans un livre très estimé (V Architecture du monde des atomes), est arrivé à ne pouvoir construire les molécules qu'en satisfaisant à cette loi de l'alternance des atomes, et si M. Gaudin avait connu la loi de l'alternance des matières différentes,

il n'aurait pas eu besoin de travailler quarante ans, comme il le dit, à la recherche de ces conditions. Il y a, donc là encore une conséquence de la moindre transmission de force vive entre matières différentes.

4" Moindre répulsion des électricités différentes. —

Maintenant que nous avons vu tous les corps tangibles agir selon la même loi, ils nous est facile de constater que cette loi se continue sous les formes non tangibles de la matière.

Lorsqu'il s'agit des atmosphères que les corps s'attachent sous le nom d'électricité et que nous étudierons plus loin, comme ces atmosphères entraînent dans leurs mouvements les corps tangibles auxquels elles s'attachent, nous savons parfaitement qu'elles s'approchent ou s'unissent en raison de leurs différences et qu'elles se repoussent ou s'éloignent en raison de leurs similitudes; nous n'avons donc pas à nous en occuper davantage, puisque leur mode d'action est précisément la répulsion en raison des similitudes, et la moindre répulsion qui les fait céder et se rapprocher sous la pression éthérée en raison des différences.

Seulement nous devons signaler ici une double erreur où conduit cette prétendue attraction en raison des masses. Voici comment s'exprime la science classique sous le titre de Loi des Masses : « Les attractions et les répulsions électriques sont proportionnelles aux produits des quantités d'électricité répandues sur les deux corps qui s'attirent ou qui se repoussent!! » Ainsi nos savants nous apprennent que, lorsqu'on additionne ou qu'on multiplie une quantité positive avec une quantité négative, cela fait une masse, absolument comme le négociant qui, pour savoir la somme d'argent qu'il doit encaisser, additionnerait 20.000 francs de bénéfî ce avec 20.000 francs de perte. Total : 40.000 francs!

C'eèt ainsi que le savant Ampère faisait rentrer l'élec-

tricito sous la loi des masses, malgré l'opposition prévoyante de tant d'autres. Il ne faut pas être difficile avec le classique système. Nos savants voudront-ils bien remarquer qu'ajouter une quantité négative avec une quantité positive, cela mesure, non pas des masses, mais précisément la raison des différences de masses que nous exposons?... Pour comble de malheur, ils ne voient pas que lorsque les électricités sont de même signe et qu'elles donnent un produit positif ou une masse, alors elles se repoussent au lieu de s'attirer.

Rien n'est donc plus simple que cet énoncé : les électricités, comme les autres corps, se repoussent en raison de leurs similitudes parce qu'ils se transmettent mieux leur force vive et ils sont comprimés (comme s'ils s'attiraient) en raison de leurs différences, faute de pouvoir se la transmettre aussi bien.

5° Les chaleurs s'égalisent ou se mêlent en raison de leurs différences. — Les mouvements caloriques ne sont pas tangibles, mais nouspouvonstrèsfacilementconstater qu'ils suivent la même loi que celle des autres corps. Les chaleurs différentes s'unifient ou se mêlent d'autant plus vite qu'elles sont plus différentes. Nous pouvons nous en rendre compte simplement par le toucher. Mettez le bout du doigt dans l'eau sans l'agiter; si elle est plus froide que votre doigt, vous sentirez qu'il y a échange de température; si elle est plus chaude, il en sera de même; si les différences de température sont très fortes, vous les sentirez très vivement s'unifier; si l'eau est à la même température, vous ne la sentirez pas du tout. En touchant le premier corps venu, vous sentirez des échanges analogues de température. Ainsi Vaction naît et augmente avec les différences de température; donc la différence est cause de ces actions.

La loi suivante, constatée par Newton et autres, dans les limites de température qui n'aboutissent pas à des

transformations, confirme le môme résultat : Les abaissements de température que subit un corps pendant Vunite de temps varient proportionnellement aux excès de température de ce corps sur celle du milieu environnant. Donc encore, c'est la différence qui cause l'action, puisqu'elle lui est proportionnelle.

6** Remarques, — Lorsque les molécules d'un corps sont à Tétat fluide, si elles sont différentes, elles s'alternent en se solidifiant dès que leur force vive devient insuffisante pour résistera la pression générale; mais si ce sont des molécules semblables, elles s'orientent en raison des éléments différents dont chacune est composée pour former les corps cristallisés, ce qui donne encore pour résultat l'alternation des matières différentes.

C'est ainsi qu'elles perdent la force vive qui leur permettait de résister aux vibrations éthérées et que le corps devient solide sous l'énorme compression de quatre à huit cents millions de vibrations par seconde. Mais, lorsqu'un corps solide est brisé, ces fragments ne peuvent se rattacher, parce que ses molécules sont si excessivement petites, qu'il est impossible de faire coïncider les molécules d'une matière donnée de l'un des fragments avec les molécules différentes de l'autre. Une molécule quelconque de l'un des morceaux éprouvera donc autant de répulsion des molécules semblables de l'autre que de compression vers les molécules différentes et les forces s'annulent. De plus, les corps solides s'attachent des atmosphères qui, étant à peu près semblables, tendent plutôt à se repousser qu'à s'unir. La solidité du corps ne peut se produire que par la fusion qui donne la mobilité aux molécules et leur permet de s'unir selon leur moindre répulsion lorsqu'elles perdent cet excès de chaleur répulsive.

Remarquons encore ici que les faits sont contraires à l'attraction en raison des masses, puisque les masses ne

peuvent s'unir entre elles^ tandis que les molécules, constituantes s'unissent très bien par la combinaison de leurs éléments différents. Si les corps s'attiraient en raison des masses, il est évident que ce seraient les corps solides et denses simplement mis en conctact qui manifesteraient les plus nombreux effets d'attraction.

Lorsque l'on met en contact deux corps denses et polis, 'ils adhéreraient immédiatement, et il n'en est rien. Ils ne le font que dans les conditions qui accusent l'action moléculaire et non Faction de masse. Si l'on superpose deux glaces, elles n'adhèrent pas d'abord par leur action de masse, mais, comme les molécules complexes qui font leur force sont équidistantes, lorsqu'on prend deux corps semblables, celles qui tendent à s'unir ne peuvent différer de la coïncidence avec celles de l'autre glace que d'une quantité excessivement petite, il suffit de les laisser quelque temps soumises aux ébranlements du milieu pour que, les molécules 'différentes cédant le moindrement à leurs tendances, il y ait un excédant de coïncidence entre elles, provoqué par leur tendance à s'unir et suffisant pour déterminer l'adhérence des glaces, et c'est seulement dans ces conditions qu'elles peuvent s'unir. Les faits de toute nature nous montrent encore que les corps n'adhèrent pas en raison de leurs masses, mais bien en raison de leurs différences de masses et de vibrations moléculaires.

Les corps seront donc d'autant plus durs, d'autant plus solides que les molécules qui les composent sont plus différentes. Inversement, plus les molécules ou les atomes seront semblables et également répartis et mieux ils se transmettent la force qui les oblige à s'éloigner. Mais ce n'est pas seulement dans l'extrême diffusion de l'éther que cette similitude peut être obtenue. Lorsqu'un corps est très dense et compact, on comprend parfaitement que s'il subissait une pression supérieure à celle qui

réunit les .atomes en molécules différentes, les atomes, en se rapprochant tous extrêmement et par conséquent également, doivent alors se transmettre la force avec une puissance d'autant plus grande qu'ils sont plus rapprochés et que les chocs répulsifs seront plus excessivement multipliés sous une vitesse donnée. Un tel corps .doit donc devenir fulminant par l'excès de force vive qui résulte du rapprochement extrême des atomes, et il reprendra ainsi toute la force qui a été employée à le condenser. Or, une pression suffisante pour amener cette unification de la matière doit nécessairement être atteinte dans lés couches profondes de notre globe ou ' d'un autre astre, et alors le mystère des tremblements de terre, des volcans et bien d'autres phénomènes se trouveraient expliqués par cette loi si simple, comme nous allons le voir plus loin.

En résumé, les corps sont comprimés en raison de leurs différences, ils se repoussent en raison de leurs similitudes. En d'autres termes, sous la pression du mouvement universel, les corps se transmettent d'autant mieux la force vive des vibrations répulsives qu'ils sont plus semblables, et sous une même vitesse les chocs répulsifs seront d'autant plus multipliés que les corps seront plus rapprochés, ;

§ 4. — Les atmosphères autour des corps denses sont la conséquence des moindres transmissions de force.

En raison de l'incomplète élasticité qui résulte de ralternance des corps, nous venons de voir que le plus dense ne rend pas au moins dense en le répercutant ni en transmettant sa force, toute la vitesse qu'il avait; comme l'équilibre de force ne peut pas cesser d'exister dans le milieu fluide dont la pression force les corps à s'équilibrer, il en résulte que les molécules éthérées, qui

perdent de leur vitesse par une réaction incomplète du corps dense, se rapprochent de sa surface, de telle sorte que la plus grande multiplicité des chocs qui résulte de ce rapprochement compense la perte de vitesse. C'est ce qui fait que nous constatons des atmosphères plus denses autour des corps solides, soit sous forme électrique pour les fluides non tangibles, soit sous forme de gaz tangibles facilement appréciables autour de certains métaux, soit sous forme tangible ou non tangible comme les atmosphères autour des astres.

On peut aussi constater ces atmosphères par le maintien sur Teau de particules ou poussières de diverse nature et plus denses que ce liquide ; môme de la limaille de fer, près de huit fois plus dense que l'eau, se maintient sur ce liquide. Il faut pour cela que le volume de l'atmosphère qu'elle a la propriété de s'attacher avec plus de puissance que l'eau dépasse huit fois celui du métal; si la particule de fer est plus volumineuse, celle de l'atmosphère très dense ne pouvant guère dépasser une certaine épaisseur, le morceau de fer coule au fond.

Il est en efl'et bien naturel que le fer très dense et peu élastique dans son ensemble s'attache le gaz très peu dense avec plus de puissance que d'autres corps. Si la masse était la cause de cette action, il serait impossible que celle de l'air, si léger, l'emportât sur celle de l'eau, qui est 773 fois plus dense. Pourtant, bien que la différence de densité soit l'élément essentiel de l'action, on sait que le degré de rapprochement est une condition importante, de sorte qu'une fois que l'eau a mouillé le corps et s'est mise en contact avec lui, il est difficile de la déplacer. Nous voyons aussi que le volume proportionnel des atmosphères sera d'autant plus grand que les molécules denses seront plus petites, ce qui nous explique pourquoi les gaz les plus légers sont ceux qui doivent avoir les molécules les plus petites, comme

rhydrogèiie, qui s'insinue avec facilité dans les pores des autres corps.

Bien que les molécules des gaz soient invisibles, nous avons plusieurs moyens do nous rendre compte expérimentalement de la condensation des fluides légers à la surface des corps denses. Si nous prenons le plus léger des gaz tangibles, l'hydrogène, et que nous le mélangions avec son équivalent d'oxygène, les molécules demeurent assez éloignées les unes des autres pour ne pas se combiner; mais, si alors nous plongeons dans ce mélange le plus dense des corps connus, un morceau pur de platine, les gaz se condensent tellement à sa surface, quMls se trouvent assez rapprochés pour se combiner et former de l'eau, qui coule à la surface du métal.

Il n'est pas nécessaire qu'un milieu renferme des molécules de différentes densités pour qu'elles se disposent par ordre de densité décroissante. Si les molécules sont semblables, les plus rapprochées du corps dense, éprouvant la plus grande perte de vitesse, seront obligées de se rapprocher davantage pour produire un nombre de chocs équivalents, et il en résultera la décroissance de densité, aussi bien que si les molécules elles-mêmes étaient difTérentes, et que les plus denses, étant moins bien répercutées par leur propre atmosphère, se disposent par ordre de densité : par conséquent, que les matières fluides soient semblables ou difl'érentes, tangibles ou non tangibles, elles se disposeront nécessairement en atmosphère par ordre de densité décroissante autour d'un corps solide et plus dense.

Pour se rendre compte de l'accroissement de force que donne le rapprochement des molécules par la compression des gaz, il faut considérer, selon la loi de Mariotte, le volume et la force des gaz que l'on comprime. Leur force répulsive devient 2, 3, 4 fois plus grande, selon que

le gaz est comprimé dans un espace réduit de 1/2, 1/3, 1/4 de son volume. Par conséquent, les atmosphères des molécules devenant d'autant plus denses lorsque c'est une force de compression qui les réduit, sans que le froid ou la chaleur diminue ou augmente la vitesse, les vibrations de ces atmosphères se choquent 2, 3, 4 fois plus souvent. On constate ainsi que, chaque fois que Ton réduit successivement l'espace de nioitié, puis de moitié encore, etc., la force répulsive devient 2, 4, 8, 16,32, 64, etc. fois aussi grande (1). Il en résulte que la force et par conséquent la densité des atmosphères est inverse des distances quand la pression reste la même et que la surface réfléchissante varie en raison inverse du carre des distances, puisque la réflexion, comme la transmission varient de la totalité à la nullité, selon que les corps sont semblables ou extrêmement diflerents. La densité moyenne qui en résultera donc sera inverse des distances. On voit aussi que la force répulsive peut devenir infiniment grande par le seul rapprochement des molécules, i\\x\ augmentent la densité des atmosphères sans changer leur vitesse, ce qui est parfaitement conséquent, puisque la force répulsive ne se produit qu'au moment et en raison 4u nombre dés chocs.

Par conséquent aussi, lorsque les vibrations éthérées perdent de leur vitesse par la. réaction d'un corps plus

(1) Cette loi de Mariotte est exacte, sauf de légères difTéreoces d'action résaltant des diflTéreDces de grosseur et d'élasticité moléculaire, qui s'accentuent (Vautaut plus que ces molécules sout plus rapproctiées; cette loi serait rigoureusement exacte si les molécules pouvaient être considérées comme des points mattiématiques parfaitement élastiques au milieu de leur atmosphère. Mais, comme la grosseur de la molécule diminue la distance et augmente le nombre des chocs ou la force répulsive, qu'au contraire la complexité de la molécule la diminue par une moindre réflexion de force, laquelle s'accentue en raison du nombre des chocs, il en résulte, en consultant les expériences de M. Regnault, que cette dernière condition diminue plus la force que la première ne l'augmente, lorsqu'il s'agit de la compression des gaz; sauf pour l'hydrogène qui, par sa plus grande simplicité de composition, gagne davantage de force qu'il n'en perd.

dense, nous voyons qu'il suffit que ces molécules se rapprochent contre le corps dense sous forme d'atmosphère plus dense pour conserver la môme force vive. C6 résultat est donc la conséquence inévitable de l'égalité de pression nécessaire à l'équilibre et qui ne peut se démentir sans donner naissance à des mouvements équivalents.

Ces conditions donneront ainsi à la densité des atmosphères des corps denses une décroissance de densité indéfinie, puisque près du corps dense l'atome ou la molécule de l'atmosphère éprouve un manque de réaction sur près d'une moitié de sa sphère d'action, tandis qu'en s'éloignant de plus en plus, chaque corps ne l'éprouve que relativement à un espace de plus en plus réduit. La progression de cette décroissance est inverse du carré des distances, puisque la partie de la sphère d'action qu'un corps dérobe à un autre est inversement proportionnelle au carré de leur distance. Néanmoins nous venons de voir par expérience et nous savons par des mesures directes que la décroissance de densité atmosphérique est seulement inverse des distances, et nous constaterons plus loin par l'état et les mouvements des corps sidéraux que cette même décroissance se continue dans les matières tangibles ou non tangibles de l'espace sidéral. Gela tient à ce que, dans la composition des atmosphères comme ailleurs, les matières différentes s'attachent les unes aux autres et qu'étant les unes répulsives ou légères, les autres compressives ou pesantes, faction moyenne répond à l'inverse des distances.

Ces résultats nous expliquent avec une conséquence parfaite la décroissance de densité indéfinie des corps sidéraux complexes ou autres. Le degré de difficulté de réflexion et de transmission de la force vi*ve règle la puissance de ces atmosphères. Quant à la vitesse de transmission lumineuse, elle restera la même dans tous

— utiles cas, parce que le rapprochement des molécules ne la change pas.

Mais ne perdons pas de vue que cette moindre transmission de force, en raison des différences de densité et d'élasticité, devient encore plus complète si le corps, au lieu d'être uniforme, est au contraire composé de diverses couches ou éléments de différentes densités irrégulièment alternés, et dont chaque altcrnation diminue la transmission. Cette condition peut devenir telle, que sans aucune différence de densité dans Tensemble des corps, il y aurait une très grande différence de transmission de force. C'est ainsi que l'air, même humide, transmet assez bien la chaleur et la lumière, tandis qu'il la transmet fort mal et la réfléchit notablement lorsque l'eau se condense en petites particules sous forme de nuages, bien que la densité moyenne reste sensiblement la même que celle de l'espace transparent.

Cause de Véhuiticité. — Du moment où un corps, une molécule dense ne peut pas communiquer toute sa force répulsive aux éléments les moins denses, en raison de leurs différences de vibrations, ces éléments moins denses s'en approcheront sous forme d'atmosphère pour trouver dans ce rapprochement un excédant de force propre à maintenir l'équilibre. Deux de ces molécules plus denses ne pourront donc être pressées l'une contre l'autre qu'en comprimant et chassant une partie de leur atmosphère. Or, dès(|ue la force comprimante disparaît, l'atmosphère, qui tend h se reconstituer, éloigne les molécules les plus denses avec la môme force qu'elle a opposée à leur compression. Ainsi l'élasticité a beaucoup d'amplitude dans l'atmosphère étendue des gaz; elle en a peu dans celles réduites des solides. Dans les ondes sonores les molécules tangibles vibrent sans se toucher, parce que l'atmosphère de l'une chasse l'atmosphère de l'autre.

§ 5. ~ Causes de la chaleur, des transformatious de force, des équivalents, de raffiuité, etc.

(Exposé à la Sorbonne le 21 avril 1876 >.

La science ignore ce qui distingue la chaleur sensible, la chaleur spécifiquCy la chaleur latente, etc.

Pour avoir une idée de la transformation des vitesses de mouvement par la différence de poids des corps, cela est assez facile; frappez surdos cloches ou sur des lames élastiques, le même choc les ébranlera d'autant plus vite qu'elles seront plus petites, toutes proportions gardées, ce qui donne le degré de gravité ou d'aiguïté des sons, et nous montre de suite que sous une même action, la vitesse est plus grande pour une masse moins pesante. Puis les vitesses de réflexion des molécules du milieu seront augmentées de chaque côté par le corps vibrant, attendu qiiHl rencontre plus de molécules pendant qu'il s'avance contre elles que pendant qiCil revient sur luimême; molécules auxquelles il ajoute sa vitesse plus un excès de réflexion h chaque retour avec leurs conséquences. Puis les molécules avec leurs éléments atmosphériques, de plus en plus petits, agissant de même les uns contre les autres, il en résulte un accroissement de vitesse extrême pour les derniers éléments de la matière. Si un choc puissant a lieu contre un corps plus dur et plus élastique, qui vibrera plus rapidement et réfléchira plus vite encore, tel que le silex ou l'acier qui donne l'étincelle, les vibrations éthérées peuvent atteindre la vitesse nécessaire aux manifestations lumineuses, avant de se répandre. Ainsi, à mesure que le poids des corps mis en mouvement diminue, la vitesse augmente, le mouvement se transforme. La force mécanique de la masse solide devient vibrations sonores, caloriques, lumineuses, etc.

La transformation du mouvement plus rapide et de moindre masse en mouvement plus lent et de plus forte masse, peut se démontrer avec la môme facilité par la transformation éthérée ou d'électricité en lumière, de lumière en chaleur, de chaleur en mouvement atmosphérique, etc. ; elle se fait rapidement dans un milieu de densité très graduée; mais lentement, si les différences de densité sont brusquement tranchées. Lorsque le vent souffle dans la voile d'un bateau, sa vitesse, bien que grande, a besoin d'agir pendant un certain temps, accumulant les chocs moléculaires pour ne donner au bateau pesant qu'une faible vitesse relative; mais qui aura une grande puissance en raison de la forte masse mise en mouvement. La force transmise au bateau et à l'eau sera à peu près égale à celle perdue par le vent, mais les vitesses sont d'autant moins grandes que les masses sont plus fortes.

Remarquons aussi que si un marteau frappe un marteau semblable ou de môme poids, leurs vitesses sont échangées immédiatement et complètement; si, au contraire, le marteau ne frappe que l'air ou de petits corps suspendus, il lui faudra longtemps pour transmettre sa force et perdre son mouvement. Si notre bateau choque un autre bateau semblable, sa force serait transmise immédiatement si elle l'était par l'intermédiaire d'un corps élastique, il serait renvoyé par une masse de rocher. Mais si le bateau ne rencontrait qfu'un corps moins dense, il lui faudrait longtemps encore pour perdre ou transmettre son mouvement. Ainsi répétons encore : la force se transmet mieux entre corps semblables qu'entre corps, différents.

P. S. Autre preuve à la portée de tous. — Pendant que je prépare la quatrième édition de cet ouvrage, on vient accorder un piano à côté de moi. Quel n'est pas mon étonnement en remarquant un fait bien connu.

Lorsqu'une corde quelconque vibre, elle ébranle précisément celles qui répondent le plus exactement à ses vibrations, d'abord les unissons, c'est-à-dire les vibrations semblables, ensuite belles qui, dans un même temps, donnent le plus de vibrations synchromes, tandis que les notes les plus différentes restent silencieuses. Je demeure ébahi devant cette preuve palpable. Puis je songe aux peaux tendues sur les poteries des théâtres de l'antiquité qui, en vibrant à l'unisson de la voix du chanteur, lui donnait de la force, du charme, et une douce harmonie. Quoi, j'ai cherché ma loi dans les mouvements des astres et la voilà qu'elle frappe les oreilles de tout le monde depuis la plus haute antiquité!... physicien de tout âge w pends-toi, » la lyre, le luth, la harpe, le piano sonnent et résonnent cette loi « et tu n'y étais pas. »

On peut encore exécuter l'expérience de façon à la rendre visible et conséquemment bien vérifîable.

Prendre deux violons, les accorder et les placer vis*à-vis à distance et de façon à établir les cordes horizontalement. Sur les cordes d'un de ces violons, suspendre de petits rouleaux de papier léger, faire ensuite vibrer les cordes de l'autre violon et immédiatement les cordes de môme valeur du violon opposé vibreront et feront frémir les petits rouleaux d'autant plus qu'elles sont plus semblables, confirmant la loi : la force se transmet mieux entre corps ou vibrations semblables, qu'entre corps différents.

L'on peut aussi remplacer les violons par des cordes tendues d'instrument et donnant deux à deux la même note de la gamme.

Avec ces lois nous pouvons nous rendre compte dos résultats tangibles ou non tangibles. Là où la vue de l'homme s'arrête, celle du principe se maintient. On appelle capacité calorique ou chaleur spécifique des corps, la quantité de chaleur qu'un même poids de chacun nécessite pour s'échauffer d'un même degré.

Comme les molécules qui entrent en plus grand nombre sous un même poids sont plus légères, elles ont et transmettent à leur atmosphère des vibrations plus rapides qui sont d'autant moins transmises aux corps denses plus différents, par conséquent, elles sont d'autant moins senties comme chaleur.

En effet, ce sont les corps qui comprennent le plus grand nombre d'équivalents sous un même poids qui nécessitent et transforment le plus de chaleur pour atteindre un même degré d'échauffement. Il en résulte que, lorsqu'on mélange deux liquides par quantités égales, l'un à 0, l'autre à 100 degrés, si la chaleur reste au-dessous de 50 degrés, on trouve que c'est le plus froid qui comprend le plus d'équivalents et qui a transformé davantage la chaleur de l'autre en vibrations plus rapides et moins sensibles; si, au contraire, la chaleur dépasse 50 degrés, on constate que c'est le plus chaud qui possède le plus d'équivalents qui sur l'autre ont donné des vibrations plus lentes et sensibles.

Lorsque la science dit que les atomes ou les équivalents de diverses natures possèdent la même quantité de chaleur, elle fait une erreur en ne considérant que cette forme de la force vive. Lorsqu'on mélange 1 kilog. d'eau h et 1 kilog. de mercure h 100 degrés, et qu'au lieu d'obtenir une chaleur de 50 degrés, on l'obtient de 3*,2, évidemment il y a moins de vibrations calorifiques, mais il y a d'autant plus d'autres vibrations transformées. Ce n'est donc pas l'égalité de vibrations caloriques qu'il faut attribuer à chaque molécule, mais la même somme de force vive en vibrations diverses ; et dont une partie transmise extérieurement n'est égale que par réciprocité de transmission et d'absorption.

Ainsi les molécules des corps dits simples, déterminent des vibrations éthérées d'autant plus transmissibles aux corps denses qu'elles sont plus pesantes et d'autant

plus rapides et moins sensibles qu'elles sont plus légères. Puis les vibrations rapides répercutent mieux les vibrations rapides de l'éther et laissent se condenser autour d'elles les éléments qui les ont plus lentes. Au contraire, les molécules pesantes répercutent mieux les éléments qui les ont lentes et laissent se rapprocher ceux qui les ont rapides. Ce qui donne des effets plus ou moins calorifiques par les éléments repoussés et des atmosphères électriques inverses par ceux condensés. (Voy . § 18.) Ainsi Thydrogène léger donne peu de chaleur et rélectricité positive, Toxygène, donne l'électricité négative et plus de chaleur. Mais l'absorption avec transformations peut changer considérablement l'effet électrique, de même que la densité change l'état calorifique selon l'extension ou la réduction des extrémités moins denses des atmosphères.

L'expérience montre, en effet, que la. température augmente par la condensation et qu'elle diminue par la dilatation ou l'écartement des molécules, parce que, selon notre loi, en s'écartant elles sont obligées d'emprunter l'intermédiaire de vibrations plus rapides et d'autant moins puissantes sur les molécules pondérables.

Mais ce n'est pas seulement par des résultats intermoculaires imperceptibles que nous allons démontrer ces actions, ce sont maintenant les expériences les plus simples, les plus palpables et connues de tous, qui vont les mettre en évidence de la manière la plus indubitable. Chacun sait que lorsqu'on s'élève dans les régions supérieures de l'atmosphère terrestre, la densité diminue, et, comme les vibrations se rapprochent de plus en plus de celles de l'éther seul, la chaleur diminue proportionnellement à cette moindre densité; le phénomène est parfaitement palpable; si, au contraire, nous nous abaissons dans cette atmosphère, des effets inverses se produisent.

QO

Si nous nous abaissons dans l'atmosphère à mesure que la densité s'accroît, la part des vibrations plus lentes augmente et nous sentons, en conséquence, de plus en plus la chaleur. Si nous pénétrons dans les profondeurs de la terre, la densité de l'atmosphère augmente encore sous une plus forte pression, et la chaleur continue à s'accroître en .raison d'une moins grande différence entre ces vibrations avec celle de la moyenne des éléments pondérables. Pourtant il ne faudrait pas en conclure que si la manifestation calorique augmente par la densité générale qui supprime de pli^s en plus les vibrations non sensibles, elle croîtra indéfiniment avec la densité des atmosphères; car, lorsque les vibrations dépassent l'amplitude qui doit le plus troubler les rapports moléculaires, la sensation calorique s'affaiblit pour passer progressivement à celle des vibrations plus graves, puis aux sons, etc., et la chaleur augmente de moins en .ùioins avec la profondeur.

La décomposition spectrale nous montre parfaitement que la densité diminue à mesure que les vibrations sont plus réfrangibles, non-seulement parce que ces vibrations deviennent de plus en plus rapides et courtes, mais aussi parce que les corps qui donnent telle raie dans une partie moins' réfrangible perdent cette raie en se décomposant pour en prendre d'autres plus réfrangibles ou qui répondent aux éléments du corps plus divisés. Puis, dans cette échelle de densité décroissante, chaque mode de vibration a son maximum d'effet, non pas h l'une ou à l'autre extrémité de cette échelle, mais au point ou chaque mode de vibration a le maximum d'effet par plus de similitude relativement aux corps sur lesquels il doit agir. Que ce soient les vibrations caloriques, lumineuses, chimiques ou celles des couleurs spéciales, toujours chaque mode d'action diminue en s'éloignant de la similitude aussi bien dans le sens de la

plus grande rapidité et rofrangibilito des vibrations que dans celui des vibrations moins rapides et plus longues. De. plus, comme les décroissances de densité sont inverses des distances, nous voyons encore que ces décroissances de force spéciales sont soumises à cette progression et diminuent plus rapidement du côté de la plus grande densité que dans le sens opposé. Ce sont ces modifications en sens inverse et relatives qui,. dans l'état actuel de la science, font paraître les phénomènes si complexes et contradictoires.

Notre loi jette immédiatement dans cet imbroglio la plus vive lumière. Du moment où c'est en raison des similitudes de vibrations que les corps se transmettent le mieux leur force, il est évident que si le mode de vibration trouve son maximum de'similitude àtel point de cette échelle de vibration décroissante, il s'éloignera de cette similitude par tout écart aussi bien dans un sens que dans l'autre. Chaque mode de vibrations : sonore, caloriques divers, lumineux ou de couleurs chimiques ou latentes, a donc son maximum d'effet au degré de l'échelle des densités où les vibrations sont le plus puissamment mises en jeu sur les éléments ou les organes qu'elles doivent influencer. Nous trouverons dans ce mode d'action l'explication d'une foule de faits.

Notre principe, qui est d'une ressource* infinie, va aussi nous dire pourquoi les molécules gazeuses prennent un même volume d'atmosphère et possèdent toutes une même force vive dans les mêmes conditions. Pour résister k une même pression éthérée avec la moindre dépense de force, ne pouvant en prendre une plus grande sans causes distinctes, elles doivent nécessairement s'opposer le même mode de vibrations à une même longueur de rayon sphérique, car le rayon plus long serait comprimé par un excès de pression, le rayon plus petit admettrait la pression interne j usqu'à ce qu'elle

puisse équilibrer cette môme pression externe. Cette double condition a déterminé l'égalité de volume et Tégalité de force vive des gaz. Et, comme les matières plus denses qui ont formé le noyau de chaque molécule sont plus ou moins réfléchissantes ou absorbantes, ce noyau a dû se constituer d'une quantité de matière telle que le môme rayon de vibrations semblables puisse être atteint, malgré la plus ou moins grande densité d'atmosphère qui existe près de chaque noyau, ce qui a ainsi déterminé les différences de poids atomiques ou moléculaires.

Ces molécules, formées et équilibrées sous une même pression éthérée avec un même rayon d'actions semblables et une même force vive, peuvent et doivent s'éloigner de leurs semblables et se disperser entre celles de nature différente sans changer ni leur force, ni leur chaleur spécifique, comme nous le montrent les faits. Et la chaleur spécifique des gaz sera la moyenne de celle des molécules composantes. Mais si l'on oblige à entrer dans un même espace un litre de tel gaz avec un litre de tel autre, la pression sera sensiblement doublée, puisqu'il y aura à peu près une double quantité de force pouvant, dans un même espace, agir sur les corps tangibles. La densité ayant doublé, on voit que la force répulsive est proportionnelle à la densité et que la chaleur spécifique nécessaire pour l'échauffer sera d'autant plus réduite que son mode de vibration sera plus calorifique.

Maintenant, si l'on réduit le volume des gaz ainsi équilibrés, soit en augmentant la compression, soit en leur enlevant de la force vive, on voit que les noyaux ou équivalents puissamment solidifiés ne peuvent plus se modifier selon le cas, et ne peuvent se combiner qu'en entier les uns avec les autres. Leurs atmosphères n'étant pas de même densité, elles ne seront plus équilibrées et

s'opposeront des modes de vibration d'autant plus différents, que leurs différences de densité seront plus grandes. Eh bien, demandons encore à notre principe ce qui arrivera. — La force des vibrations répulsives se transmet d'autant moins que les corps sont plus différents, — En conséquence, notre principe nous dit encore pourquoi les molécules différentes s'uniront, et pourquoi elles s'uniront avec d'autant plus de forces qu'elles sont plus différentes, dans les mêmes conditions ou d'autres molécules moins différentes auront peine à s'unir faiblement. Telle est la cause de l'affinité.

Lorsque des molécules se sont unies en donnant de la chaleur, il est évident qu'il faudra leur rendre cette force pour les séparer, mais ce n'est là que le petit côté de la question; le grand, le plus difficile, c'est que sous une même perte de la chaleur du milieu, les molécules manifestent par combinaison d'autant plus de chaleur qu'elles sont plus différentes. C'est encore à notre principe qu'il faut recourir. En s'éloignant de leur équilibre gazeux et de leur rayon commun de vibrations pour se condenser dans leurs parties d'atmosphères de densité inégale, ces corps s'écartent dans des sens différents des vibrations moyennes les plus propres à les tenir séparés; ils ne pourront donc plus se rencontrer sans se combiner. Et, en se réunissant, chacun de ces éléments donnera d'autant plus de chaleur qu'il s'était plus éloigné du mode de vibration calorifique, pourvu que ce mode soit intermédiaire à ceux des éléments qui se combinent. Il y aura donc une plus puissante manifestation calorifique, et il faudra communiquer moins de chaleur à ce nouveau corps pour l'échauffer, puisque sa nature donne plus de vibrations calorifiques; c'est, en effet, ce que constate l'expérience. (On dit que sa capacité calorifique est diminuée; on devrait dire, au contraire, que sa puissance calorifique est augmentée).

Une fois que la chaleur des combinaisons est dispersée et équilibrée dans Tespace, il faudra donc rendre aux corps* d'autant plus de vibrations calorifiques ou de force vive pour leur faire reprendre leur état séparé, et c'est cette chaleur qui se transforme en vibrations plus rapides que la chaleur sur l'un des éléments, plus lente sur l'autre, qu'on appelle chaleur latente. Lorsque des molécules moins différentes se combinent, elles dégagent moins de chaleur, c'est-à-dire qu'elles transforment moins de vibrations extrêmes en vibrations calorifiques; mais elles ne contribuent pas moins à équilibrer de plus en plus les molécules denses.

La transmission est aussi favorisée par le synchronisme des vibrations que donnent leurs rapports les plus simples et le trouble de ce rapport peut amener une diminution de chaleur alors qu'une augmentation de force ou de matière, agissant inégalement sur deux corps en présence, paraîtrait devoir l'augmenter, et vice versa.

Conclusions. — Nulle augmentation ni diminution de force locale n'est nécessaire pour produire le mouvement. Lorsque sous l'impulsion universelle des corps arrivent en présence, ceux qui subissent des vibrations

PLUS SEMBLABLES S'ÉTENDENT, s'ÉLOIGNENT EN SE TRANS-

METTANT MIEUX LEUR FORCE, et simultanément. Ceux qui

'ont DES VIBRATIONS PLUS DIFFÉRENTES SE RAPPROCHENT

OU s'unissent par MOINDRE PRESSION. Aiusi, lorsquc des molécules différentes s'approchent ou se combinent, les corps et les éléments plus semblables s'éloignent, et vice versa. Chaque corps est donc poussé dans un sens ou dans Vautre, selon son état relatif.

Dans quelques passages non refondus et abrégés de ce livre, les différences de chaleur ou de force vive doivent être entendues comme étant surtout des différences de vibrations ou leurs conséquences.

En résumé, notre principe nous montre ici : la cause des dégagements calorifiques, des chaleurs spécifiques, des chaleurs latentes, la cause de Tégalité de volume des gaz, celle de leur diffusion, celle de Tégalité de force vive, celle des poids atomiques différents, celle des maximum de chaleur, de lumière, des couleurs, de chaque mode d'action spéciale, la cause de l'affinité, celle des équilibres et des troubles de forces, etc.

Tout cela avec cette simple loi : La force vive se transmet mieux par vibrations semblables que par vibrations différentes. Tout cela en quelques pages, là où notre science entasse des volumes de faits sans liens et sans résultats !

Comparez cette simplicité de principe qui s'applique partout avec justesse à notre science d'hypothèse, comparez cela à la chute d'une épouvantable énergie, selon Tyndal, que feraient l'une contre l'autre en se combinant deux molécules qui parfois se touchent déjà de si près dans les liquides, qu'on ne saurait passer entre elles la dix-millième partie de l'épaisseur d'un cheyeu. Tyndal attribue à cet imperceptible rapprochement la force qui résulte d'une immense quantité de vibrations se multipliant indéfiniment après avoir établi un autre équilibre de milieu. Les absurdités débitées sur la chaleur sont si considérables, que nous ne pouvons pas même entreprendre de les résumer ici.

Le principe des transmissions de force montre dans quelle erreur sont nos savants qui développent V équivalent calorifique et mécanique de la chaleur sans connaître cette loi si importante. Les effets de la chaleur ne résultentpas seulement de lapuissancecalorifîqued'un corps, mais de la multitude de vibrations qui s'échangent, se transforment plus ou moins entre les corps, et qui sont en partie transmises au milieu extérieur; ils dépendent auési bien de la nature du corps qui les reçoit que

de celle du corps qui les émet. Aussi les températures comptées sur le thermomètre à mercure ne sont plus celles du thermomètre à alcool.

Ce n'est pas l'équivalent mécanique de la chaleur considérée comme une force déterminée qu'il faut étudier, mais l'équivalent mécanique de ce que tel corps dans telles conditions peut transmettre à tel autre; en un mot, la chaleur est une force relative. Alors seulement on aura des résultats exacts et utiles, et non des discordances, malgré le choix des conditions. Ainsi Meyer a trouvé 365 calories pour ce prétenduéquivalent;Hirn,413; Regnault, 436; Joule, 424 à 443, etc.

Il en est de même pour les vibrations lumineuses ou autres; ainsi les rayons lumineux qui sont les plus sensibles pour notre vue, ne sont point ceux qui ont le plus d'action avec d'autres corps. La puissance des vibrations ne dépend donc pas seulement du corps qui les émet ou les réfléchit, mais aussi de celui qui les reçoit. Il en est de même pour les vibrations de toute nature. La chaleur développée par un corps qui tombe dépend non-seulement de sa nature, mais aussi de celle du corps qui reçoit le choc.

La théorie mécanique est inexacte et ne peut être utile sans ces conditions : 1** la force calorique est variable selon les conditions d'émissions et d'applications dont.la chaleur spécifique ne suffit pas à tenir compte; 2* on appelle attraction interne et travail externe ce qui n'est que pressions variables et ne peut être évalué qu'avecle principe des transmissions de force; 3** on n'emploie que les formules M V et MV^, qui ne sont que les cas extrêmes de la série continue des transformations de force. Il ne faut donc pas s'étonner si l'Académie est obligée de convenir que ses calculs n'ont jamais été utiles à la science.

Oh le voit, sans la découverte de la loi des répulsions relatives, la répulsion, pas plus qu'une attraction fictive, ne pouvait expliquer la généralité des phénomènes; il

ne faut donc pas s'étonner que notre philosophie ait pris une fausse route et fait des faux pas aussi considérables.

Les chaleurs spécifiques, selon Dulong et Petit, sont réelles ; mais leur interprétation ne Test pas. En désignant par jo le poids atomique, par C la capacité de l'unité de poids, ils supposent que c'est la molécule tangible jo qui produit la tension des gaz par ses seules vibrations. Or, d'une part, il est impossible d'éliminer l'action de l'éther, d'autre part, l'expérience nous montre qu'une grosse bille, choquée de toutes parts par une infinité de petites, a des mouvements d'autant plus réduits que les oppositions de densités sont plus grandes. Par conséquent, les volumes des atmosphères ne seraient pas égaux, s'ils étaient le produit direct des vibrations des molécules denses. Ce sont donc les chocs des petits corps formant l'atmosphère de la molécule qui produisent la tension générale. Et les vibrations de ces atmosphères sont seulement modifiées comme nous l'avons vu par la présence des molécules tangibles, qui reçoivent la force de leurs atmosphères pour la transmettre aux autres corps tangibles en servant d'intermédiaires. A plus forte raison, l'hypothèse de Bernouilli, qui envoie les molécules tangibles choquer les parois des récipients, doit être rejetée; elle ne saurait rendre compte des différences de force de compression par la faible vitesse de mouvement du piston, qui est presque nulle comparativement à celle des molécules fluides.

Les interprétations si défectueuses de la science ne sont pas conciliables entre elles ni avec le fait reconnu que la force en général, et surtout la partie représentée par la chaleur, se transmet fort inégalement entre les corps différents. Il faut aussi ne pas avoir réfléchi que si elle se transmettait également entre tous les corps, il n'y aurait aucun mouvement relatif dans la nature.

Mais l'égalité d'action calorique convient parfaitement

pour exprimer que, dans les opérations inverses, une même quantité de chaleur sera rendue. En général, on trouvera que la somme de chaleur, ou mieux de force vive reçue, est égale à celle dépensée, si Ton peut faire la part qui a été transmise sous telle ou telle forme, soit celle du corps qui la reçoit le plus directement, soit celle du milieu environnant où elle opère des dilatations, et vice versa, ou d'autre travail, milieu où même elle pourrait être indéfiniment transmise, si une suffisante uniformité s'y prêtait.

Il y a plus de quinze ans, je fis un perfectionnement à Tharmonium par la découverte d'un registre (f harmonie voilée pour régler les sons souvent trop puissants des notes graves de cet instrument. Mais ce furent des prévisions incertaines qui me guidèrent en appliquant divers genres d'obstacles à un harmonium que j'avais chez moi. Dans les registres antérieurement employés, on appliquait une sourdine, de manière à diminuer l'intensité des sons après leur émission. Or l'air, ébranlé selon les vibrations propres à telle note, en venant se réfléchir contre cet obstacle, modifiait son mode de vibration, ce qui faussait la note en la baissant, c'est-àdire en la faisant participer des vibrations lentes du corps interposé. Mon système consiste à régler, avant rémission du son, l'introduction de l'air qui doit le produire par une tablette réduisant à volonté les ouvertures, surtout du côté de la basse, de sorte qu'après son émission le son n'est plus faussé par la rencontre de ce corps qui modifie le mode de vibration propre à la note voulue.

Cette observation est de la plus haute importance pour les facteurs d'instruments, car on tâtonne, sans se douter de la condition qui donne la qualité sous le rapport de la précision des notes. Ils doivent donc apporter le plus grand soin à ce que tous les modes de vibration se trouvent dans les mêmes conditions relativent après leur

émission. Les troubles qui peuvent se produire par la présence d*un corps et qui sont considérables par le rapprochement (en raison inverse des distances), sont l'analogue des différences de vibrations qui modifient les capacités caloriques. On peut même dire que cela est tout à fait semblable, puisque, en prenant les métalloïdes, par exemple, l'oxygène dense répercute en vibrations caloriques graves, les plus semblables et* s'entoure des vibrations plus ténues, plus différentes ou négatives, l'hydrogène réfléchit les plus ténues et s'entoure des plus graves ou positives.

§ 6. -- Transformations de laC matière.

La loi que nous venons de développer expérimentalement nous montre que ce n'est pas seulement la température qui régit l'état de la matière, mais qu'à température égale elle se réunit et se condense en raison de ses différences d'état et par suite de mouvement et qu'au contraire elle se transmet la force vive et se disperse en raison de ses similitudes d'état et de mouvement, qui sont également la conséquence de la similitude des éléments. Or, la similitude est possible, aussi bien dans les corps les plus denses que dans les fluides les plus légers. De ces conditions, qui sont maintenant indubitables, il résulte que si les molécules de la matière dense ou mieux les atomes qui les composent étaient rapprochés également et sans interstices plus grands les uns que les autres par une compression extrême, ils pourraient alors se transmettre la totalité de la force vive des vibrations et cela avec une puissance d'autant plus immense, que les atomes étant excessivement rapprochés, le nombre des chocs, sous une vitesse donnée, sera excessivement multiplié, la force de répulsion, qui est proportionnelle au nombre des chocs, sera donc excès-

sive et la raréfaction qui résultera de cette force extrême sera aussi excessive. Nous savons combien la condensation des atmosphères électriques donne de puissance au fluide, à la foudre, et il est facile de comprendre combien sera plus grande celle de la matière dense, si la pression parvient à égaliser ses éléments

Divers savants ont pressenti que la matière devait aboutir à une transformation inverse de , celle de la condensation par des causes plus puissantes que celles des fluctuations caloriques que nous observons; mais comment l'expliquer, comment la définir, sans base précise? M. Lamy, dans son ouvrage : Unité de la matière (Clermont, 1871), cite une expérience de M. Cheneau qui vient complètement à l'appui de notre principe; nous allons la rapporter en même temps que les observations de M. Lamy. Ce savant fait remarquer que les diff'érentes propriétés de la matière viennent des différences de groupement moléculaire et que les calculs algébriques même n'ont pas de but pratique sans différence d'éléments. Il en résulte que les éléments de tous les corps qui seraient amenés au contact auraient les mêmes propriétés, « Il serait, dit-il, p. 249, très curieux d'observer la matière ramenée à ce dernier état; si tous les corps convergent vers un même inconnu que, dans l'état actuel de la science, on ne peut produire, il est certain qu'on ne peut douter que les propriétés des molécules ne se modifient par degrés insensibles, et au fur et à mesure de la contraction les corps révèlent des propriétés nouvelles. Ces propriétés deviennent à peu près les mêmes pour les différents corps de la nature, et à la limite extrême, au zéro absolu, toutes les propriétés des corps ont été tellement modifiées, qu'ils sont tous ramenés à un groupement et à une forme unique. Bien plus, certaines propriétés générales de la matière, sinon essentielles, ont disparu; par exemple la porosité. C'est

ainsi qu'au zéro absolu tous les atomes sont en contact parfait, et le groupement de Tatome dans la molécule n'existe plus. Par conséquent, toutes les circonstances qui différenciaient les corps, toutes les propriétés de la matière sont concentrées dans un même état, et les caractères distinctifs de ces propriétés se sont effacés.

» S'il nous était permis de produire un froid assez intense ou une compression assez forte pour amener tous les atomes au contact, nous serions sans doute étonnés de l'imprévu et des nouvelles propriétés des corps. En effet, si on rapproche cet état de celui obtenu par Texpérience de Cheneau, on peut dès à présent avoir un avant-goût de ces propriétés inconnues. Cheneau (ingénieur à l'usine de Pontgibaud, Puy-de-Dôme), avait l'habitude de suivre des sentiers non frayés : il avait imaginé de soumettre les corps à des pressions énormes, telles que 300 ou 400 atmosphères. La première expérience, faite dans de telles conditions sur un lingot d'argent, avait produit une explosion qui fît renoncer aux essais ultérieurs; l'argent était devenu fulminant et la condensation ou le rapprochement des molécules avait suffi pour donnera l'argent une propriété nouvelle. Cette expérience, qu'on devrait répéter, dans l'intérêt de la science, sur des corps de nature différente, semblerait prouver que, lorsque les molécules sont amenées au contact, la force répulsive de la chaleur doit être considérable pour vaincre l'enchaînement des molécules, la force de cohésion; mais cette dernière, une fois vaincue, les molécules et peut-être les atomes cédant instantanément à la force répulsive, une explosion ou une dislocation de la matière est le résultat de la collision des forces antagonistes : la force moléculaire et la force répulsive de la chaleur.» (Ces forces sont considérées par M. Lamy, selon l'ancien usage, comme des forces opposées et non pas comme des forces semblables dont l'une est plus

faible que l'autre; c*est ce qui rend l'explication impossible, malgré ses sages prévisions). « L'expérience que je viens de rapporter pourrait peut-être nous mettre sur la voie de ces explosions qui se produisent dans quelques bolides, lorsqu'ils sont parvenus à une certaine distance de la terre. En effet, les aérolithes peuvent être comparés à de petits astéroïdes qui se meuvent dans l'espace avec une très grande vitesse. Lorsque le mouvement se fait dans les espaces interplanétaires, aucun phénomène apparent n'a lieu. Mais le bolide vient-il à se mouvoir dans une masse plus dense, comme le serait notre atmosphère relativement à ce qu'on appelle le vide interplanétaire; alors la résistance qui en résulte, résistance qui est une fonction de la vitesse du mobile, produit un double phénomène, l'incandescence et la compression. Le premier résultat est de faire apparaître, sous la forme d'un globe lumineux, le corps tout d'abord invisible. Le second a pour but de rapprocher les molécules et d'amener le corps à l'état fulminant. »

Ainsi, M. Lamy reconnaît que c'est la pression qui amène l'état fulminant; mais pourquoi le résultat est-il contraire à l'action exercée? voilà ce qui est inexplicable avec la science qu'on nous enseigne. Notre loi nous révèle la cause inconnue de ces explosions alors que les molécules perdent leurs différences de dispositions et d'éloignement : nous savons que la force vive est transmise avec toute la puissance des corps semblables et avec l'immense force de répulsion que donne^ sous une même vitesse, le nombre excessivement multipUé de chocs répulsifs qui résulte de l'extrême densité, de l'extrême rapprochement des éléments de la matière, et c'est de cette force excessive de répulsion et d'unification qui se produit de proche en proche, que résulte l'explosion. Les quelques combinaisons de matières différentes que l'on trouve dans les produits de certaines explosions

ne représentent donc que des matières non encore suffisamment unifiées et qui se sont combinées au lieu de se séparer.

Les fulminates les plus explosibles se préparent précisément avec les corps les plus denses et les plus malléables, tels que le mercure, Targent, Tor, qui sont en effet les corps simples les plus condensés et les mieux préparés pour atteindre facilement la limite de compression fulminante, soit sous Taction d*une compression calorique voisine agissant de proche en proche, soit sous un simple choc, résultat que Ton obtient plus facilement encore avec quelque préparation favorable à ces actions.

Quant à Tétat liquide que Ton prête au centre de la terre par suite delà compression qu'il supporte, cela est tout simplement une inconséquence, puisque journellement nous employons la pression, non pas pour faire passer le corps solide à Tétat liquide, mais le liquide à l'état solide; puis, en continuant la pression, il passe comme nous le voyons à Tétat fulminant.

Naturellement, si le corps est plus éloigné du point de condensation extrême propre à amener Tunification de ses atomes, il faudra une plus grande pression pour amener l'état fulminant, mais il n'est pas difficile de comprendre que, lorsqu'une planète se condense par l'action des plantes, des animaux, les actions chimiques et autres qui forment de nouvelles couches géologiques, ce degré de pression finit par être atteint d'abord vers le centre, puis dans les couches enveloppantes les plus comprimées. La matière dense, en atteignant l'état fulminant, formera nécessairement au centre des explosions un milieu éthéré qui luttera avec la compression extérieure de l'astre et agira comme elle. L'excès de force vive interne nous est accusé par la déperdition calorique qui se fait de l'intérieur à l'extérieur, aussi bien par explosion volcanique, que par déperdition

générale; car si c*était la force vive extérieure qui remportât, les courants seraient inverses. L'expérience nous montre d'ailleurs ces résultats de plusieurs manières. Nous savons que la séparation des molécules différentes absorbe de la chaleur et qu'elles tendent à s*unir en liaison de leurs différences. Les molécules semblables font le contraire : en s'unifiant sous une grande densité et une pression suffisante , elles deviennent fulminantes sous nos yeux, se repoussent et dégagent de la chaleur. Il n'est pas difficile de prévoir que ces résultats seront encore plus puissants sous la compression des masses géologiques.

William Thomson et autres ont effet calculé qu'il était impossible que la terre, considérée comme masse dense et de faible capacité calorique, ait pu fournir même aux déperditions caloriques des temps géologiques les plus récents. Le soleil lui-même, en le supposant un bloc de houille ayant à sa disposition tout l'oxygène nécessaire, aurait moins duré que les monuments égyptiens pour subvenir à son énorme dépense de chaleur. Les déperditions caloriques du soleil* et de la terre se trouvent donc ainsi parfaitement expliquées par la transformation fulminante de la matière dense, par l'énorme quantité de chaleur qu'elle produit, puisque nous savons que la condensation de la matière sous toutes ses formes et les chutes d'astéroïdes, d'aérolithes, etc., apportent sans cesse un appoint de condensation et de compression qui provoque et règle les dépenses de calorique. De plus, cette condensation de la matière en aérolithes, astéroïdes et astres, qui fait sa raréfaction dans l'espace, doit inévitablement avoir pour contre-partie équivalente le retour de la matière dense à l'état éthéré, l'une de ces transformations ne pouvant pas exister sans l'autre. De plus nous savons que les forces oscillent entre des points de réaction extrême, de sorte qu'en voyant la matière

dense perdre sa capacité calorique et s'échauffer de plus en plus vite par la condensation, on doit s'attendre à la réaction inverse par la condensation extrême.

Sous un autre point de vue, nous savons parfaitement que la terre est soumise à une déperdition calorique qui va de l'intérieur à l'extérieur, et que la matière dense, qui ne modifie pas sensiblement son état, étant d'une très faible capacité calorique, ne peut fournir une notable quantité de chaleur qu'autant qu'elle la reçoit d'une source quelconque ; c'est ce que l'expérience nous montre tous les jours. Donc, pour que la chaleur s'échappe de l'intérieur de la croûte terrestre à l'extérieur, où nous voyons un milieu très raréfié, il faut (toute transformation de mode de vibration à part), qu'elle soit plus puissante à l'intérieur du globe qu'à l'extérieur. Cette puissance de vibration éthérée plus grande à l'intérieur déterminera une densité de milieu excessivement faible, qui fera équilibre à l'enveloppe dense de la planète pour lui permettre de flotter dans l'atmosphère du soleil comme un ballon dans l'atmosphère terrestre. La force centrifuge restant la même sur les corps solides comme sur chaque corpuscule ou matière quelconque des atmosphères, chacun prendra la distance ou le niveau que lui assigne sa densité moyenne dans ces atmosphères indéfinies de densité décroissante.

De plus, nous sommes les témoins contemporains de ces explosions souterraines qui ébranlent les continents par de formidables secousses; ainsi que des chaînes de cratères que les puissantes couches stratifiées obligent à se porter dans les plissements plus faibles de la croûte terrestre, où ils vomissent le trop-plein de cette croûte résistante. Aujourd'hui même je lis dans les journaux : « Une éruption de VEin3,y\eni d'syo'irVieu après plusieut^s secousses de tremblement de terre. La lave coule rapidement et menace plusieurs villages. » Les mers et les

continents qui ont alternativement occupé les mêmes lieux montrent la puissance de ces commotions. ,

Les traces des actions caloriques internes et de leurs expansions externes sont manifestes. Les roches primitives, dites ignées, se relient par une communauté de transformation avec les roches sédimentaires; de telle sorte qu'il n'est pas toujours possible de distinguer où finit la roche primitive et où commencent les couches sédimentaires, ce qui a obligé les géologues à distinguer cette transition sous le nom de métamorphisme. Dans les terrains jurassiques, on voit des contre-forts relevés • contre les terrains granitiques et qui changent de caractère en raison de leur rapprochement avec les couches de cristallisation, elles tendent de plus en plus à présenter des signes de ressemblance. Ces roches présentent des bélemnites et autres coquillages, ainsi que des matières arénacées du lias; puis, en pénétrant vers le centre de la chaîne, quelques bélemnites se montrent encore; mais ces roches sont devenues compactes et cristallines; elles tournent au granit, sur lequel elles s'appuient, sans qu'on puisse déterminer la démarcation précise qui les distinguerait si elles avaient une origine distincte. L'on ne trouve nulle part une véritable surface de terrain primitif sur lequel la vie aurait commencé.

D'autre part, la géologie atteste que ' la force vive souterraine s'est toujours exercée de bas en haut, par une expansion de force ou chaleur centrale. Les matières fondues par les explosions se sont fait jour à travers les couches sédimentaires, où elles ont laissé des injections de roches cristallines, parfaitement reconnaissables par la manière dont elles les-ont soulevées et pénétrées.. Ces faits accusent donc le double phénomène de condensation, puis d'explosion, qui transforme les couches terrestres. Quant à la forme ellipsoïde de la planète, on comprend qu'elle a dû se produire et se maintenir sous l'action

centrifuge, soit par Tétat gazeux originaire, soit par un vaste centre éthéré, entouré d'une croûte relativement mince et périodiquement secouée et disloquée par les explosions, et cela sans faire intervenir autre chose que des transformations progressives telles que nous les voyons encore.

Maintenant jetons les yeux sur la lune, couverte de cratères qu'une abondante végétation et de nouvelles couches n'ont pas encore recouverts, et demandons-nous ce qu'auraient pu faire tant de bouches vomissantes si une puissante transformation de la matière dense centrale, en devenant fulminante sous la pression, ne les avait alimentées par Ténorme développement que prend la moindre parcelle de matière dense. La solution s'im-pose d'elle-même. Puis, lorsqu'un milieu éthéré s'est formé au centre de l'astre, la plus grande pression ne se produira plus à son contact, mais dans la masse de la croûte enveloppante et plus près de la face interne, où la pression est plus grande. Le grand nombre de cratères que nous montre la lune nous apprend que c'est dans cette dernière condition, c'est-à-dire dans l'épaisseur de la croûte et non au centre de l'astre, que se sont produites les dernières explosions; sans cela le nombre des cratères serait moins grand pour dégager une action centrale, un seul pourrait même suffire (1).

Maintenant voulez-vous voir de vos yeux ces explosionsformidabless'exerçantsous l'action de la pression?...

(1) Par an aatre ordre de phénomènes, nous remarquons aassi qu'avec un prétendu refroidissement progressif, il est impossible d'expliquer les alternatives de température douce succédant, sur un même point, à des époques glaciaires. Si, au contraire, une puissante explosion calorique intra terrestre fait surgir les Alpes, ou les exhausse seulement, toutes les matières de la même région, qui sont sur le point de devenir fulminantes sous la pression, auront satisfait à leurs tendances, grâce à l'excédant de pression que développe l'action elle-même. Après une puissante explosion, qui a pu se faire plus ou moins grandement jour à l'extérieur, il doit survenir une détention calorique dans les couches du sol qui laissera refroidir la surface, jusqu'à ce que, peu à peu, dans le cours des siècles cette tension se reproduise et ramène une température extérieure plus douce;

Prenez un télescope et regardez le soleil. Par sa puissante masse, il détermine la chute d'une grande quantité d'astéroïdes, bolides et aérolithes de toutes sortes, incomparablement plus nombreux que sur la terre. Gomme sa puissance de compression est aussi considérablement plus grande, leur explosion doit en effet se produire pour les matières les mieux préparées aussitôt en pénétrant dans la photosphère. Ne vous semble-t-il pas voir dans ce fait la cause toute trouvée de ces explosions gigantesques qui s'élèvent à des hauteurs prodigieuses à la surface du soleil, en même temps que la source de cette chaleur, jusqu'alors incompréhensible, que répand le soleil sans s'affaiblir et que nul phénomène connu ne peut expliquer. Nous voyons ainsi que le soleil rend en rayonnements éthérés ce qu'il reçoit en matière condensée.

Tous ces résultats concordants sont si démonstratifs, que si le principe, l'expérience et les faits ne nous en montraient pas la cause dans ce mode de développement de chaleur centrale, il faudrait encore l'admettre, et l'admettre surtout pour la chaleur solaire.

A la surface de la terre, la pression atmosphérique est trop faible pour produire de pareils effets. Cependant, lorsqu'un bolide à croûte très dense, équilibré dans d'autres milieux, y pénètre avec une très grande vitesse, capable de compléter le degré de pression voulu dans les éléments les mieux préparés, il peut aussi fa^ire explosion.

Ce mode de transformation de la matière, qui est la conséquence d'une grande loi vérifiée par l'expérience et les faits de toute nature, nous donne ainsi la clef d'une foule de phénomènes qui sont autant d'énigmes pour la science actuelle; il nous explique :

La continuité de l'émission de chaleur solaire sans combinaison et sans épuisement;

Les projections gigantesques de matières qu'il opère journellement à sa surface;

Gomment un soleil peut être immense sans être plus dense sous une compression excessive;

La cause de la chaleur terrestre ;

Comment les planètes peuvent flotter en équilibre dans une atmosphère qui paraît peu dense;

La cause et Tusage des volcans terrestres et lunaires ;

La cause des tremblements de terre;

Les alternatives d'époques chaudes et glaciaires;

La cause des projections géologiques ignées et des transformations des couches;

La force puissante qui a soulevé, disloqué et tourmenté les montagnes;

Le cycle complet des transformations de la matière par similitude et par différence d'action, etc., etc.

La prétendue attraction universelle ne pourrait donner que la condensation de la matière. Avec la répulsion relative, nous avons la condensation par différence d'action et la répulsion par similitude, qui nous montrent le mode d'union et de désunion des corps, ainsi que le mode d'accroissement et de transformation des planètes. Par une seule force, la répulsion^ nous avons la cause des mouvements de toutes nos machines présentes, la voie tracée pour la découverte de toutes nos machines futures, la clef de tous les phénomènes de la nature et le cycle complet des transformations de la matière : répulsion par similitudes y surtout aux deux extrêmes de l'état de la matière, à l'extrême densité et à l'extrême fluidité éthérée; puis compression par différences entre les divers états solides, fluides et moléculaires de la matière.

Voilà le grand secret de la nature. Il nous permettra non-seulement de dévoiler ses mille et mille ressources; mais il nous montre que la plus puissante force qui soit mise à notre disposition est celle que renferme par la

compression la moindre parcelle des corps les plus denses. Ce principe doit porter Thomme au plus haut degré de puissance et de bien-être, en le rendant maître des inépuisables forces que la nature a mises à sa disposition!... Oh! barbares continuateurs de la fanatique ignorance, quand donc aurez-vous compris que vous ôtes la serre impitoyable qui étouffe et paralyse Thumanité au milieu de ses trésors?

§ 7. — Mouvements et dispositions générales

de la matière.

« L'attraction, disent nos intrépides philosophes, est une qualité occulte, en ce sens qu'il n'y a aucun moyen de l'expliquer. » En cela ils ont parfaitement raison, et c'est précisément parce qu'rl n'y a aucun moyen de l'expliquer qu'il faut la considérer comme une absurdité, alors' que des phénomènes simples expliquent les résultats observés. On ne croirait jamais qu'à l'époque où nous vivons, alors que la force est reconnue avoir pour expression la masse multipliée par le carré de la vitesse, (MV^,) l'astronomie en soit encore à ne considérer que rim des facteurs de cette force, celui de la masse, et encore en renversant la raison, en prenant l'effet pour la cause, en appelant attraction ce qui est compression; d'où résulte cet énoncé fictif : attraction universelle en raison des masses. Voilà où en est la science astronomique!

Et la chaleur, qui meut toute chose, n'a-t-elle plus d'influence? et les vibrations prodigieuses de cet éther dédaigné qui nous apporte chaleur et lumière, la foudre qui brise, tue, est-elle une création imaginaire? et la matière que le soleil repousse en projections gigantesques à sa surface comme sur la comète, est-elle attirée en raison des masses?

Pour faire place à une chiquenaude contre nature, que Ton trouve sans doute plus belle que le principe même du mouvement universely voilà pourtant dans quel camp sont retranchés les philosophes et les savants qui se considèrent encore aujourd'hui comme les soutiens, les protecteurs du genre humain ! Après cela, il ne faut pas s'étonner qu'en semant de telles choses on récolte avec évidence le doute en tout et, par suite, Tathéisme. Non, il ne faut pas s'étonner de la situation précaire et de plus en plus chancelante qui s'accentue à mesure que la science se développe.

Les actions éthérées s'exercent nécessairement sur chaque astre avec une puissance en rapport avec l'état de chacun. Or on supprime cette action entre matières très différentes, astres et éther, pour supposer que ces astres agissent les uns sur les autres par un vide qui n'est qu'un vide de sens:

Pour calculer avec l'action dite en raison des 7nasses, on a été obligé de chercher des formules empiriques et de considérer comme nulle l'action du milieu éthéré, qui nous transmet pourtant la lumière, la chaleur, le mouvement et la vie, et de supposer que les masses peuvent agir les unes sur les autres sans nul intermédiaire.

Quand à cette énormité de l'attraction substituée à la répulsion^ que j'ai fait remarquer à plusieurs reprises à l'Académie elle-même, on s'est enfin demandé comment cela était possible, puisque les calculs astronomiques ne sont pas moins exacts en appelant la force attraction. M. Glausius (t. LXX, p. 1314 des Comptes i^endus) et surtout M. Yvon Villarceau (t. LXXV, p. 232), après la lecture de nos mémoires, se sont enfin décidés à rechercher comment il était possible que l'attraction puisse être substituée à la répulsion. Ils ont remarqué qu'un corps provoque toujours une réaction égale et

contraire on cherchant son équiUbre, que ces deux actions s éliminent dans les calculs astronomiques et autres comme étant égales et contraires. Dès lors, qu'on appelle ces deux forces contraires attractives ou répulsives, du moment où elles s'équilibrent et se détruisent, cela ne change rien au résultat. En effet, que l'on tire ou que l'on pousse également un corps de deux côtés opposés, cela ne change nullement son équilibre. Seulement, avec ce système renversé et incomplet, qui d'ailleurs ne pourrait donner que des équilibres inconstants là 011 la nature a mis des équilibres stables, on ne peut expliquer qu'une partie des phénomènes; mais, s'il faut dire pourquoi la terre circule autour du soleil, pourquoi elle tourne sur elle-même, pourquoi la lune est emportée sans rotation par rapport à la terre, etc., etc., autant de chiquenaudes ou de coups de pouces il faut donner. Plus Tastre est près, comme la lune, dont la connaissance des mouvements est si utile, et plus les anomalies sont évidentes. S'il n'y avait que les astres en jeu, on pourrait, sans trop d'inconvénients, les laisser aller seuls; mais c'est qu'en tuant le principe de la science, on tue du même coup le bien-être social et la puissance de l'homme pour « courir après Vombre. »

Peu après que j'eus reconnu le principe de la répulsion et le mode de transmission des forces vives, une découverte importante en fut la conséquence. En faisant remarquer que les plus fortes pressions ne sont pas senties lorsqu'elles s'équilibrent, que l'atmosphère exerce sur notre corps une pression de plus de 100 kilogrammes par décimètre carré sans que nous nous en apercevions, qu'au fond des mers les êtres les plus délicats vivent sous des pressions énormes; que sous la grande puissance d'un piston de vapeur, la plus légère membrane flottante reste en équilibre, tandis que la plus vigoureuse pression tend à refouler la garniture du

piston qui n'est pas équilibrée; alors il en résultait cette idée si simple : il suffît donc d'amener la pression par l'intérieur du piston contre la garniture pour qu'elle équilibre celle qui tend à s'échapper par le joint extérieur, et que cette garniture fasse le joint parfait presque sans pression ni frottement; le moindre excédant de force en faveur du piston suffirait ainsi à faire le joint parfait. Ce fût là un trait de lumière que ne pouvaient nullement donner les idées absurdes d'attraction; mais la chose me parut si simple, qu'il me semblait impossible que la science ne fût pas déjà en possession de ce moyen. Mon frère Jean-Marie, qui se trouvait en famille avec moi, affirma que ce moyen si simple en théorie n'était pas encore en usage, que ce qu'on appelle le cuir embouti, dans les pompes, donne un excès de pression considérable, et comme sa retraite du service des ponts et chaussées le laissait libre, il en étudia l'application. Mais, malgré la simplicité du principe, l'application n'offre pas moins de sérieuses difficultés, car il s'agit de trouver des matières assez résistantes pour ne pas se détériorer dans la vapeur très chaude et sous de puissantes actions et en même temps assez souples pour se prêter à faire des joints parfaits. En cela, mon frère a fait de nombreux essais et de sérieuses recherches qui l'ont amené à de très bons résultats ; ses pistons sont aujourd'hui appliqués à de nombreuses machines, et voici la communication qui, après nous être entendus, fut faite à l'Académie des sciences, à la suite des premières applications :

« Application du principe iinivei'sel de répulsion au perfectionnement des pistons de machines de toutes espèces (présenté à l'Académie des sciences, par P. Trémaux, le 14 avril 1873). — Le principe des forces répulsives qui régit les phénomènes de la nature, si éminemment propre à guider les recherches scientifiques et que je m'efforce de faire accepter par l'Académie

comme base de la science, vient de recevoir une très heureuse application par mon frère Jean-Marie Trémaux, faite à la pompe élévatoire des eaux de la banlieue, à Neuilly, mue par une machine de la force de 60 chevaux.

« On sait que nos machines subissent des pertes d'effet utile qui atteignent parfois la moitié de la force développée et que les garnitures de pistons constituent les plus puissants de ces frottements. Dans cette machine, une succession de 0'"25 de garniture en cuir vigoureusement comprimée sur un cylindre de 0"40 de diamètre a été remplacée par une garniture de 0"02 seulement, à coupures ou extensible, librement maintenue entre deux disques perpendiculaires à Taxe. .Cette garniture reçoit parTintérieurdu piston au moyen d'un clapet, la pression même du fluide qui agit dans le cylindre, ce qui donne à la garniture, par la face intérieure, une pression toujours égale à celle qui se produit dans le joint extérieur du piston.,, (Il faut que la surface de pression interne soit réduite pour ne pas donner trop d'excédent sur la pression incomplète du joint extérieur). »

Dès que ce système fut appliqué, la machine fonctionna dans des conditions qui accusaient une grande diminution de frottement. D'autres applications avantageuses furent faites avec l'emploi de segments en bronze flexibles et extansibles au moyen de coupures. (L'expérience justifia le besoin de réduire la surface de pression interne des segments pour obtenir le minimum de frottement dans le joint).

Nous venons de dire (§ 4) que les corps denses, comme les astres, s'entourent d'atmosphères de densité décroissante, aussi bien dans l'espace qu'autour de nous. Sachant, par les expériences de Frankland et autres, que la lumière est proportionnelle à la densité des gaz, nous en concluons tout d'abord que la lumière zodiacale accuse la plus grande densité de l'atmosphère solaire en

approchant de cet astre. « Puis, dit aussi M. Vicaire [Comptes rendus, t. LXXVI, p. 1541 et t. LXXVII, p. 1495), quant à rassimilation de la lumière zodiacale à une atmosphère du soleil, je serais tenté de dire que l'identité du plan de symétrie de cette nébulosité avec le plan de l'équateur solaire forme à elle seule une démonstration saisissante. Que si, pour la formation des queues de comètes, il faut qu'elle dépasse l'orbite de Mars, je vois là aussi bien une preuve qu'une objection, selon M. Faye, puisque déjà la partie qui est assez dense pour être visible ' dépasse l'orbite terrestre... Les difficultés de quatre grosses planètes au milieu de cette atmosphère se résolvent par une question de densité relative, ainsi que M. Faye la montré à propos de sa force répulsive. Les mêmes considérations s'appliquent ici sans changement aucun. » Ces faits sont la confirmation de nos mémoires, indiqués dans les Comptes rendus, t. LXV et LXIX, t. LXX, p. 1101, t. LXXIV, p. 235 et 370, etc.

M. Vicaire pense que c'est la densité d£s fluides qui fait leur visibilité ; c'est une erreur : c'est la différence de densité et de transmission de leurs éléments. L'égalité des éléments, quelle que soit leur densité, fait la transmission complète de force et l'invisibilité. C'est ainsi que dans notre atmosphère, sous la même densité moyenne, nous voyons des parties transparentes invisibles qui laissent voir les astres, et des nuages visibles qui interceptent la vue. C'est aussi par la même cause que le verre très dense est à peu près invisible, en raison de sa grande homogénéité.

Nous savons parfaitement qu'en chauffant un corps, il perd de sa densité, se vaporise et s'élève dans l'atmosphère de notre planète d'autant plus haut qu'il est plus léger, en cherchant la zone de densité semblable où il trouvera son équilibre; ce qui nous démontre et nous confirme, de la manière la plus positive, la décroissance

de densité de notre atmosphère terrestre, et nous savons que cette décroissance est inverse des distances. Il s'agit maintenant de faire la même expérience dans le champ de course des planètes, pour nous assurer que la décroissance de densité existe aussi dans l'atmosphère solaire!... Ne craignez rien, cela est facile : la science est avec nous.

Passons à l'expérience : tout est prêt, nos foyers sont allumés; commençons par observer la comète qui s'approche du soleil. A mesure que la chaleur de cet astre croît par le rapprochement, elle dissout la matière cométaire, qui, en devenant moins dense, s'élève d'abord dans l'atmosphère cométaire jusqu'au point d'équilibre des deux atmosphères cométaire et solaire ; alors l'atmosphère solaire prenant le dessus, cette matière est déversée autour de l'atmosphère cométaire, puis rejetée loin du soleil sous forme de queue. Puis, pour vous nciontrer que l'atmosphère solaire est concentrique au soleil à mesure que la comète tourne, toujours la matière dissoute et plus légère se porte en rayonnant au loin du soleil, ce qui montre parfaitement qu'elle y cherche son équilibre dans une atmosphère moins dense. Au paragraphe 12, nous étudierons plus en détail ce phénomène.

Voulez-vous maintenant une expérience céleste, dans laquelle vous puissiez toucher du doigt les différences de chaleur et de densité qui vont se produire en même temps que vous observerez le résultat obtenu, cela est encore facile : regardez les planètes qui tournent sur elles-mêmes; sur la nôtre, vous pouvez sentir et apprécier que la température n'est pas la même le matin et le soir, et ces différences de température, comme toute force ont nécessairement un équivalent mécanique. Le soleil échauffe chaque planète de manière que, vers le soir, la chaleur accumulée pendant le jour se trouve à l'est du méridien solaire, et rend sur ce côté de la planète les matières du périmètre plus chaudes et moins denses;

par conséquent, ce côté s'éloigne, tant par plus de légèreté que par ce qu'il répercute plus efficacement la force vive des vibrations solaires, ce qui rend aussi plus facile la transmission de cette force répulsive à la matière dense de l'astre; par conséquent ce côté de la planète s'éloigne du soleil. A rotiest du méridien solaire^ sur la planète se trouvent au contraire les parties qui viennent d'être refroidies par la nuit et rendues plus denses. Par conséquent, ce côté de la planète se rapproche du soleil tant par plus de densité que parce que ses matières refroidies transmettent moins bien la force vive des vibrations solaires qui repoussent moins la planète de ce côté. Dès lors rien n'est plus simple que la conséquence de ces deux actions inverses ; le milieu de la planète étant en équilibrç, le côté qui n'est pas suffisamment repoussé par les vibj^ations solaires s'approche de cet astre dans son atmosphère plus dense, le côté plus repoussé s'éloigne vers le milieu moins dense, et la planète tourne nécessairement sur elle-même, en obéissant à ces deux tendances inverses! VA\e tourne indéfiniment, puisque indéfiniment ces différences de température se reproduisent sous l'action inverse du jour et de la nuit (voir la f\guve 2 et le paragraphe

suivant).

^^9^Jf,

mm

Figure 2.

Voulez -vous maintenant une cpntre-épreuve : regardez le satellite, qui ne reçoit pas ou que peu de chaleur de la planète qui le régit; il ne tourne pas par rapport à elle, il tourne un peu par rapport au soleil, et nous verrons pourquoi il ne peut pas tourner davantage par des faits qui sont encore fondés^ sur les différences de calorique et sur la décroissance de densité des atmosphères.

Enfin la terre, comme le soleil, ayant son atmosphère indéfinie de densité décroissante, il en résulte que, lorsqu'elle est à son périhélie dans une partie plus dense de Tatmos^phère solaire, la lune, qui n'a pu changer de densité, se trouve trop légère pour cet acCroissenient d'atmosphère, et elle s'éloigne de la terre pour trouver son équilibre. Inversement, quand la terre est à son aphélie, la lune se rapproche en conséquence de la terre. L'astronomie appelle cela une anomalie, faute d'en reconnaître la cause. Par son atmosphère décroissante, le soleil rétrécit l'orbite de la lune qu'il repousse au lieu d'attirer pendant son passage en conjonction et tend à rapprocher durant l'opposition. Mais chaque fois elle reprend son orbite normale aux quadratures. On appelle cela Vevection. Ainsi, les astres combinent leurs actions d'atmosphère, qui s'étendent indéfiniment comme celle du soleil. Dans cette atmosphère grandiose, chaque système planétaire prend la distance que lui assignent sa densité moyenne et la force qui le régit.

Remarquons, en effet, que la densité des planètes est, autant que puissent dire les calculs astronomiques, inversement proportionnelle à leur distance solaire. Il y a pourtant celle de Mercure qui embarrasse fort les astronomes; elle était cotée 2,94, il y a quelques années, dans les annuaires du Bureau des longitudes; elle y est cotée 1,37 aujourd'hui. Notre loi, qui sera encore vérifiée avec précision, tire d'embarras l'astronomie en montrant que cette densité est 2,58, celle de la terre étant 1.

Si maintenant nous remarquons que ce que la science a calculé sous le nom de masse est précisément la somme de perturbations que les astres exercent les uns sur les autres, en transmettant moins bien la force vive des vibrations éthérées, et que Vexpérience vient de nous montrer que cette moindre transmission de force est encore plus puissante lorsque les matières différentes sont alternées, nous en conclurons immédiatement qw'une planète aura d'autant plus d'action dite de masse, que ses couches seront plus différentes, plus hétérogènes et plus alternées, c'est-à-dire que la masse d'une planète paraîtra d'autant plus grande qu'zY tj aura une plus grande différence de densité entre les éléments de son enveloppe d'abord, et ensuite entre les éléments de celte enveloppe extérieure avec le fluide intérieur qui, par conséquent, transmettra d'autant moins la force vive qu'il sera plus différent des couches denses superficielles et de l'éther extérieur dans lequel nage la planète.

Loin de nous étonner, ce résultat va satisfaire à toutes les questions embarrassantes et ramène simplement les astres à l'équilibre parfait, que nous pouvons facilement expérimenter par le ballon, qui, au moyen d'un gaz central léger, enlève non-seulement une enveloppe plus dense, mais encore une si^rcharge de monde, de lest et d'autres corps denses; tout cela pèse moins que cet air qu'on appelle rien. D'ailleurs, la loi des actions matérielles que nous développons nous montre, avec expérience à V appui, que la pression d'une puissante masse a pour conséquence le développement d'un vide relatif au centre d'une planète. Puis les mouvements sidéraux nous donneront la preuve que la densité moyenne d'une planète ne dépasse pas celle du milieu qui lui fait équilibre et dans lequel elle oscille.

Dans l'échelle immense d'astres et de matières fluides qui entourent le soleil, les planètes les plus éloignées

montrent Taspect de masses gazeuses qui est le caractère d'une moindre densité, tandis qu'à mesure qu'on s'approche du soleil, les atmosphères cèdent progressivement la place aux montagnes de plus en plus accentuées, qui sont le caractère des planètes les plus condensées sous une forte pression.

Les étoiles, malgré leur éloignement immense, doivent,

en raison de leur nombre, apporter un faible appoint à

la densité d'atmosphère du système solaire; mais elle

ne peut avoir de décroissance déterminée, en raison de

leur concours rayonnant dans toutes les directions. La

densité décroissante en raison inverse des distances de

l'atmosphère solaire se combinera donc avec une

certaine constance de densité venant des atmosphères

stellaires. Alors ces conditions se confirment, en nous

rendant parfaitement compte de la loi dite de Bode, qui

nous montre que les planètes sont réparties selon une

progression inverse des distances, sauf une certaine

valeur constante. En prenant la progression : 0, 3, 6, 12,

24, 48, 96, 192, 384, qui représente l'inverse de la

densité de l'atmosphère solaire, en ajoutant la constante

4 à chaque nombre pour la constante des atmosphères

stellaires, on obtient les nombres : 4, 7, 10, 16, 28, 52,

100, 196, 388, lesquels nombres représentent la distance

très approximative de la distribution des planètes, en

considérant le groupe des petites pour une seule. On

remarque que c'est près de Vénus que la somme des

atmosphères stellaires serait égale à celle du soleil seul,

et que les petites différences que cette progression

présente avec la réalité peuvent être compensées par de

faibles différences de force vive, en supposant qu'elles

ne soient pas dues à des erreurs de détermination.

Quand à la planète Neptune, on voit qu'on est dans

l'alternative d'admettre une irrégularité qui pourrait

tenir à ce que la planète n'aurait pas encore atteint le

degré de compression voulu pour former un vide intérieur, ou à l'insuffisance d'observations aussi délicates que difficiles.

Cette loi indique que la matière commence à se condenser à des laps de temps réguliers vers les confins des systèmes solaires et stellaires pour être entraînée régulièrement dans le giron de chacun des soleils, en se condensant progressivement. Cette condensation régulière entraînerait la distribution inverse des distances dans une atmosphère dont la densité est aussi inverse des distances, sauf la part d'action stellaire.

Ceux qui mettent en avant la force centrifuge comme seule opposée à une prétendue attraction, ne remarquent pas qu'il existe dans le ciel une infinité de groupes stellaires qui conservent leur position relative d'étoiles fixes sans tourner les unes autour des autres et sans force centrifuge qui les maintienne écartées, et qui, par conséquent, tomberaient les unes sur les autres, si elles n'étaient maintenues à distance par la force répulsive de leur atmosphère, qui explique leurs positions relatives avec une merveilleuse facilité. L'absurdité d'une prétendue attraction universelle est don,c aussi démontrée par la généralité des rapports stellaires; c'est trop dire que la base de notre système philosophique n'est qu'un gâchis déplorable.

§ 8. — Cause de la rotation des astres.

Le principe qui régit la matière amène tellement de connexité dans les phénomènes, que la démonstration de la cause de rotation se trouve déjà faite par d'autres vues (§7). Il ne nous reste que des développements à ajouter.

La cause qui produit le mouvement de rotation des planètes, et qui a dû agir depuis l'origine de leur

formation, est si manifeste, qu'en supposant même que cette rotation n'existât pas du tout, on reconnaît que raction qui la produit s'accuserait encore plus impérieusement. Si, par exemple, l'un des côtés de la terre était constamment exposé aux rayons solaires, il acquerrait une chaleur telle, que de nombreux corps y seraient dilatés, dissous, et que des liquides seraient abondamment vaporisés. Sur la face opposée, dans une nuit constante, un froid immense se développerait, les vapeurs et les corps se condenseraient fortement, et nous savons par expérience quel est le résultat de ces deux transformations contraires; la face de la terre chauffée deviendrait moins dense, plus répulsive, et tendrait à s'éloigner dans l'atmosphère moins dense; la face refroidie, condensée, agirait inversement. De là naîtrait un équilibre inconstant, que la moindre irrégularité d'action suffit à rompre, et la terre se mettrait à tourner. Elle tournerait d'abord très lentement, en raison de la forte masse qu'il s'agit de mouvoir. Mais, une fois ce premier mouvement commencé, il continuera nécessairement, puisque la face refroidie dans la nuit se réchauffe en passant sous les rayons du soleil pour acquérir son maximum de répulsion vers le soir, tandis que la face refroidie pendant la nuit reprend des tendances inverses.

Dans ces conditions, la rotation d'un astre a dû commencer à se dessiner dès que les différences de température inégalement réparties ont pu se produire, et sa vitesse de rotation s'accélérer jusqu'au point où elle fait équilibre aux différences de transmission de force vive. Alors la rotation devient régulière et ne peut plus s'accélérer tant que durent lés mêmes conditions.

Ainsi le côté de l'astre qui s'échauffe s'éloigne dans l'atmosphère solaire, un peu parce qu'il perd de sa detnsité, mais surtout parce qu'il est plus repoussé par

— celés vibrations solaires, qu'il répercute mieux en raison de sa moindre différence d'état. Le côté qui se refroidit se condense, fait exactement le contraire, et l'astre tourne indéfiniment, puisque indéfiniment les mêmes différences de température se reproduisent par Talternative du jour et de la nuit. Ce double effet de la rotation constitue donc un éloignement par une augmentation de chaleur et un rapprochement par une moindre chaleur, absolument de même nature que ceux que nous constatons de toute part en physique.

Le mouvement de la terre fut un des premiers qui me guida dans la découverte de la grande loi calorique. Voici le premier récit que j'en ai donné :

« Un matin, fatigué de recherches, je sortis avant l'aurore pour jouir de notre fraîche campagne. La nature était calme, elle semblait attendre le soleil pour s'animer. La rosée condensée sur la pointe du végétal va se vaporiser, me disais-je; la sève qui dans ce moment agit dans un sens va bientôt, sous l'influence du soleil, agir dans l'autre; les corps contractés vont se dilater; il y a donc réellement effet contraire par suite de l'influence alternative de la lumière et de l'obscurité, ou ce qui est à peu près la même chose, de la chaleur et du froid. Hier soir, étant à cette même place, la nature semblait fatiguée du jour, tout était chaud, et, comme si le soleil eut repoussé son œuvre accomplie, nous étions, suivant la rotation de la terre, emportés loin de lui avec une grande vitesse. Ce matin, la nuit vient d'agir à soij tour, tout est froid, et nous volons, au contraire, comme précipités du côté du soleil, avec une vitesse de plusieurs centaines de mètres par seconde. C'était encore la chaleur et le froid produisant des effets opposés. Les faits les plus divers semblaient confirmer la môme loi.

» En rentrant à la maison, une chose qui, mille fois

s'était présentée à mes regards sans que j'y fisse attention , m'arrêta court et me frappa vivement; c'était simplement le pot-au-feu. La flamme, qui ne le touchait que d'un côté, y faisait monter l'eau et les légumes; de l'autre côté, l'action plus froide de l'air et de la paroi du vase contribuait à les faire redescendre au fond, pour recommencer leur évolution. Eh quoi, me disais-je, c'est encore comme le mouvement de la terre devant l'action du soleil : il rompt l'équilibre, et la terre tourne comme Teau dans ce vase, par suite des différences de densité et de chaleur! ..

Quand deux ou plusieurs astres sont en présence, s'ils ont assez de différence de température pour modifier leur surface, ils s'imprimeront des mouvements de rotation aussi bien par la chaleur que parle froid qu'ils se transmettent. Si un astre émet de la chaleur, c'est le côté le plus froid de l'astre voisin qui se tournera toujours vers Ilii. S'il en absorbe, c'est au contraire le côté le plus chaud qui se présentera, puisque ce sont les différences qui tendent à se rapprocher; et, à mesure que cette différence s'égalisera, ce côté sera repoussé pour faire place au côté le plus différent; ce qui détermine le mouvement de rotation. Pour qu'un soleil tourne, il suffit donc qu'il ne soit pas au centre de sa nébuleuse ou qu'il en reçoive des forces inégalement réparties. La puissance de la rotation des astres dépend, non de la proximité du soleil,, mais des différences de vibrations qui se développent sur les faces opposées.

Le radioscope (figure 3) que M. Grookes vient de construire selon notre principe d'action, démontre expérimentalement la cause de rotation. Il a placé un tourniquet libre dont chaque aile a une face noire ou rugueuse et une face polie, dans un globe de verre, où Ton a fait le vide, pour laisser agir surtout l'action éthérée. Aussitôt qu'on expose un côté à la lumière, même diffuse ou artificielle,

les vibrations éthérées sont absorbées par les faces noires et transformées en vibrations caloriques plus lentes qui, étant moins différentes de celles des ailes solides, les repoussent mieux. Les vibrations des faces polies offrent ainsi une opposition plus tranchée avec celles de Téther et sont moins repoussées. La rotation diminue avec les vibrations caloriques qui restent plus égales sur les faces polies ou noires. En réduisant réclairage aux faces noires, la rotation s'accélère et montre qu'elle repoussait aussi les faces polies. Donc les faces polies s'avancent contre la lumière parce qu'elles sont moins repoussées que les faces noires-; et, comme preuve, la rotation cesse en supprimant les teintes noires qui déterminent Vexcès de i^épulsion. En refroidissant, les vibrations caloriques étant les moins repoussées, la rotation est inverse.

Figure 3 .

Mais nous avons une confirmation non moins puissante encore de la cause de rotation : c'est que les satellites, qui ne reçoivent pas ou presque pas de lumière ou de chaleur de la planète qui les régit, n'opèrent pas de

mouvement de rotation par rapport à elle, et lui montrent toujours la même face. Néanmoins les satellites font une rotation par rapport au soleil en même temps que leur translation autour de la planète, et ils tourneraient probablement davantage sur eux-mêmes par rapport à Taction solaire, s'ils n'étaient retenus en face de leur planète par une action plus puissante dont voici la cause : à chaque révolution autour de la terre, la lune reçoit sur sa face extérieure, pendant qu'elle passe du côté du soleil, une chaleur qui est d'environ un centième plus forte que celle qu'elle reçoit sur sa face intérieure pendant qu'elle passe loin du soleil. Ces différences indéfiniment répétées font que la surface extérieure de la lune est moins dense que celle intérieure et que par conséquent elle se maintiendra toujours du côté le moins dense de l'atmosphère terrestre, tandis que la partie la plus dense de la lune tombe ou mieux se tourne nécessairement du côté de la terre, où la maintient sa plus grande densité.

On pourrait se demander aussi pourquoi* la lune ne tournerait pas autour de son axe dirigé vers la terre. En voici la cause : si 'la face du satellite, échauffé pendant qu'il va de la nouvelle à la pleine lune, se mettait à fuir le soleil plus vite que l'autre, en tournant dans l'un ou l'autre sens autour de l'axe dirigé vers la terre, ce mouvement, d'abord très lent, se trouverait contraire à Faction solaire dès que le satellite arrive dans l'autre moitié de sa translation. Ces effets contraires, ne pouvant être surmontés par une grande vitesse de rotation, se trouvent détruits.

Ces résultats si conséquents, si concordants dans tous les cas, dans toutes les situations, nous donnent donc la certitude la plus complète de la 'cause des mouvements de rotation, qui sont d^'ailleurs la conséquence d'une loi des actions matérielles déjà surabondamment démontrée et qui le sera encore à profusion.

irto du solall et da la terra.

§9. — Cause de la translation des astres secondaires.

Lorsque deux nébuleuses stellaires s'impriment un mouvement de rotation et que toutes les étoiles tournent ensemble auteur d'un même centre de gravité, comme si leurs positions étaient à peu près fixes les unes par rapport aux autres, oji voit que ce sont celles de Textérieur qui tournent avec la plus grande rapidité, et que, par conséquent, la force de rotation de cet ensemble doit être reçue principalement par les étoiles extérieures, comme si l'ensemble formait un corps à peu près rigide. Mais il n'en est pas ainsi dans le système solaire et dans les systèmes planétaires : les astres sont transportés d'autant plus vite qu'ils sont plus rapprochés du centre, et l'on voit que c'est l'astre central qui doit recevoir une force de rotation et agir sur les astres secondaires qui l'entourent et qui sont transportés dans leurs orbites avec une force d'autant plus faible qu'ils sont plus éloignés du centre d'action rotative. Nous avons le moyen de nous assurer de ce résultat et de reconnaître si la valeur de l'action se rapporte à la force centrale de rotation.

Si l'astre central, le soleil par exemple, n avait pas de mouvement de rotation, tous les rayons d'action vibratoire partant du périmètre du soleil pour agir sur une planète s'équilibreraient concentriquement par rapport à son centre de gravité et n'auraient aucune tendance h la pousser dans une orbite, soit à droite, soit à gauche. Mais pi le soleil tourne sur lui-même, il est évident que la planète ne recevra plus les rayons solaires avec une égale force de toutes les parties du soleil ; la vitesse des vibrations solaires partant du côté qui s'approche de la planète par rotation, sera augmentée de toute la vitesse de rotation, tandis que celles parties du bord solaire qui s'éloigne par rotation, seront diminuées de vitesse et

affaiblies de toute cette vitesse de rotation. Or, il est facile de voir, comme l'indique la figure 2, page 60, ou la figure 5 ci-après, la conséquence de ces différences de force sur la planète.

En figurant, à partir du centre de la planète, par une flèche ou ligne quantitative Texcès de répulsion dans la direction opposée au bord solaire qui la produit, en indiquant par une flèche égale, ù. partir du même centre de planète, la moindre répulsion dans la direction du bord solaire qui la produit, nous voyons que la résultante de ces différences d action est une force de projection tangentielle de la planète dans le même sens que celui de la rotation solaire qui la produit. La planète, poussée selon cette force tangentielle, détermine la force centrifuge, qui a pour réaction la nécessité pour la planète de retomber dans la zone concentrique au soleil, où elle doit trouver son point d'équilibre dans l'atmosphère solaire de densité inverse des distances. Lorsque Torbite prend une forme excentrique, c'est par suite d'une force indépendante de celle dont nous nous occupons ici et que nous examinerons plus loin.

La vitesse de transmission des vibrations éthérées étant de 300.000 kilomètres par seconde, la différence produite par la rotation du soleil, qui s'opère en vingtcinq jours et demi, serait de 1/75000 (4.000 mètres environ par seconde) entre les vitesses d'action exercées selon les deux tangentes, équatoriales du soleil. La force de translation des planètes étant une action parfaitement définie, indubitable, nous pouvons donc nous dipenser de recourir à la chiquenaude astronomique newtonienne.

Mais nous avons une confirmation bien plus complète encore de la force de translation : c'est qu'elle rend compte avec la plus complète exactitude, et dans chaque système, des vitesses décroissantes de translation selon l'éloignement.

Pour établir la loi des forces translatives et l'appliquer ensuite aux systèmes solaires et planétaires, nous allons prendre les conditions et rapports les plus simples, comme dans la figure 5 ci-dessous, pour en faciliter l'intelligence :

Figure 5, — Translation des planâtea.

Le soleil, dont le centre est en Cetl'équateur en A RD, représente, par son rayon, l'unité de distance à laquelle se produit la force tàngentielle de rotation, et par les différences de force tangentielle R et D, l'unité de force qui régit les différentes planètes figurées aux distances 2, 4, 8. Si telle est bien la force de translation qui emporte les planètes dans leur orbite, toutes les vitesses des planètes, quelle que soit leur distance, doivent être rigoureusement en rapport, et selon les densités, avec la force de translation résultante à telle ou telle distance, et c'est le rayon solaire à l'extrémité duquel se produit cette force qui représentera l'unité de force et l'unité de dislance à partir de laquelle devront croître ou décroître toutes les progressions constatées dans le système solaire; il en sera de même pour tout autre système. Si telles sont bien leurs forces proportionnelles à cette base et les vitesses qu'elle doit donner à chaque distance

et dans tous les systèmes, nous aurons la preuve de sa réalité la plus complète.

Pour déterminer les forces relatives qui régissent chaque planète, nous remarquerons que les composantes de forces tangentielles solaires appliquées au centre de gravité de chaque planète doivent garder la même valeur linéaire, puisque la vitesse des vibrations ne change pas selon le plus ou moins d'éloignement solaire. Ces composantes obliques, appliquées à chaque planète, nous donnent des résultantes de forces inverseinent proportionnelles aux distances solaires, ainsi que le montre la construction graphique, et on peut les calculer simplement en divisant l'unité d'action par la distance du corps ou de la planète sur laquelle elle agit. Mais cette décroissance de force n'est pas la seule dont nous ayons à tenir compte, il faut encore tenir compte de la décroissance de densité des corps sur lesquels ces résultantes sont appliquées et qui sont aussi inverses des distances, et enfin 'de la décroissance du rayonnement calorique, qui est inverse du carré des distances. Or les forces inverses des distances, agissant sur des densités inverses des distances, se compensent exactement, puisqu'une force 1 a autant d'action sur une résistance 1 qu'une force 2 sur une résistance 2. Il reste donc pour décroissance non compensée celle de la force calorique, qui est inverse du carré des distances.

Maintenant, pour connaître l'emploi de ces forces, il faut recourir aux données astronomiques, et en calculant le carré des vitesses de chaque planète, on trouve que ces carrés ou vitesses V^ sont exactement proportionnels à l'inverse des distances solaires. Or, pour que la somme de force vive MV^ employée par chaque planète dans son mouvement de translation soit égale à la force développée qui reste inverse du carré des distances après compensation, il faut en effet que la masse M ou densité

de chaque planète soit inverse des distances pour que le produit MV^ soit inverse du carré des distances et rigoureusement égal à la force développée à chacune des distances.

En conséquence, pour établir le tableau de la force tangentielle, nous posons des distances d facultatives, mais simples, pour plus de facilité; nous calculons comme il vient d'être dit les résultantes r inversement proportionnelles aux distances; les vitesses v s'obtiennent en prenant les racines des résultantes ; les puissances p s'obtiennent en multipliant les résultantes par le carré des vitesses ou par elles-mêmes, puisque la force des vibrations est inversement proportionnelle au carré des distances, et nous avons ainsi le tableau des forces de translation tirées directement 'des forces tangentielles, et qui va nous rendre rigoureusement compte de toutes les forces et les vitesses dans tous les systèmes.

d Dist. 0,05 12 4 8

rRés.^=2 1=1 1=0,5 1=0,25 1 = 0,125

V Vit. 1/2= 1,41 /r= 1 /53 =0,707 [/Ô^= 0,5 |/Ô425 = 0.a34 p Puiss. 24=4 12= 1 0,52=0,25 0,252=0,062 0,1252=0,0156

Par conséquent, si nous avons constaté que la vitesse de translation est pour chaque planète en raison inverse de la racine carrée de sa distance au soleil, c'est tout simplement parcequ'elle est la résultante de la force de translation exercée par cet astre.

Si maintenant nous trouvons que ces forces et ces progressions, dérivant directement des forces tangentielles; répondent à tout; si nous trouvons, comme dans nos résultats, que le carré de chaque vitesse de planète multiplié par sa distance au soleil est un nombre constant, comme le veut l'application de nos forces; qu'il en

est de même pour chaque système de satellite ; que cette somme est toujours égale à Tunité d'action produite, qui résulte du multiple de la puissance exercée à chaque distance par le rayon ou bras de levier selon lequel elle se produit; que chaque fois que ces deux facteurs restent les mêmes, tous les mouvements qui en dépendent donnent le même produit; que chaque fois que ces facteurs ou Tun seulement change, tous les mouvements qui en sont la conséquence changent aussi ; qu'il en est de même lorsqu'on passe du système solaire à un système planétaire ou de Tun à l'autre des systèmes planétaires; en un mot, si tous les mouvements sidéraux répondent à cette simple solution de mécanique, si tous les mouvements en particulier s'encadrent parfaitement dans les résultats qu'elle donne, et si, de plus, il est impossible d'en sortir sans sortir des lois sidérales dont elle rend rigoureusement compte, il. sera de toute impossibilité de récuser une action qui s'impose dans de telles conditions.

Eh bien, ce sont précisément là les résultats rigoureux auxquels nous sommes conduits, comme on peut le voir par les tableaux qui suivent. En prenant celui du système solaire, on voit qu'il suffit seulement d'une distance, d'une densité ou d'une vitesse pour en déduire toutes les autres valeurs, comme cela résulte du calcul des actions tangentielles.

En voyant les résultats que nous exposons ci-dessous, on comprend qu'il serait superflu de confirmer notre principe par l'application des lois sidérales développées par Kepler, Pascal, Newton, etc., ainsi que nous l'avons fait* dans notre première édition.

Calcul des actions tangentielles donnant la loi des

actions sidérales.

Calcul des actions tangentiet

Distances (a)

Résultantes de l'unité d'action . (6) Racines ou vitesses (c)

2« puissance. —

Force centrifuge ~

Houvementsi

Applications des mêmes calculs d'actions tangentielles ci-dessus aux lation, les vitesses, les forces de compression, les forces (^e

INDICATIONS

Distance au soleil

Résultantes d'actions

Racines ou vitesses

2* puissance. —

Force centrifuge —

Force tangentielle reçue

Force tangentielle transmise . .

Force tang. absorbée en transform.

{c) id)

if)

AU HAYON

solaire

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