‹ Principe universel du mouvement & de la vieChapitre 4 sur 13 · ET CETERA · texte numérisé non relu

ET CETERA

Societas Gœsarea naturae curiosorum mosquensis

Conveota die ÎY septembris m\ HDCCCLXXYII sociis sais adseripsit ordinariis

VIRUM NOBILISSIMUM, DOGTISSIMUM

EQUITEM PETRUM TRÉMAUX

(GrandX Praeses, A. Fischer de Waldheim.

1 Vice-Praeses, D' C. Renard.

*"*" / Secretarii, H. Frautschold et L. Sabonceff.

RÉPONSE DE M. TRÉMAUX

« Gharcey« par Saint-Léger-sar-Dheaoe (Saôae-et-Loire), le 8 octobre 1877.

» Monsieur le Président,

» Je vous prie de bien vouloir transmettre Texpression de mes remerciements et de ma reconnaissance à la Société impériale des Sciences de Moscou, qui vient de me faire Thonneur de me nommer l'un de ses membres étrangers. Cet encouragement d'une Société impériale à marcher dans la voie du progrès, m'est d'autant plus sensible, qu'il contraste avec ceux de notre Académie d'un État républicain qui agit comme si elle redoutait le progrès et la science.

» Votre Société a raison de ne pas confondre la science qui multiplie le bien-être pour toutes les classes de la société, avec les intérêts des partis qui s'épuisent en luttes pour le conquérir aux dépens les uns des autres sans le demander à l'instruction.

» Par la science, tout est bienfait. L'importante décou^ verte du Principe universel du mouvement qui me guide, a un autre avantage inappréciable : c'est de distinguer de la manière la plus satisfaisante les principes différents des actions matérielles et volontaires, ce qui nous débarrasse de ces prétendues solutions mathématiques ou fatales de Faction, volontaire par des équations dites singulières, car la volonté est bien réelle.

» C'est donc à tous égards que le principe du mouvement, si simple pourtant, est digne de considération, et je suis heureux de remercier la Société impériale de Moscou, qui a été l'une des premières à donner des encouragements à ma découverte.

» Veuillez bien recevoir, Monsieur le Président, l'expression de ma respectueuse affection.

» Trémaux. »

Le Correspondant de Baie qui reproduit cette lettre ajoute : On se figure à l'étranger que si la France est sujette à tant de variation dans sa marche, la faute en est aux masses chez qui pénétreraient difficilement les idées de progrès. Cette croyance est erronée. L'esprit du peuple est ouvert à toutes les lumières ; ce sont les grands qui la lui cachent, de peur qu'éclairé il ne réclame sa part des bienfaits de la civilisation, et sans voir que multiplier la science c'est multiplier la richesse.

Une nouvelle preuve nous en est offerte aujourd'hui par notre Académie des Sciences au sujet de M. Trémaux et nous fournit l'occasion de constater combien les classes élevées sont en France moins libérales que partout ailleurs, même en Russie.

La réputation de cet illustre savant étant parvenue jusqu'en Russie, la Société impériale des Sciences de Moscou désira lire ses œuvres et dès qu'elle en eut reconnu le mérite et la portée, elle lui fit remettre sa nomination de membre de la société en recherchant ses lumières.

Si nous résumons cette vie, enfin, nous la voyons pleine d'une originalité puissante. Nature laborieuse, esprit ouvert aux conceptions les plus diverses, intelligence avide d'inconnu, âme sans cessse en quête de son principe et de son essence, raison hardie et maîtresse cependant d'elle-même, homme par dessus tout^ homme bon et vrai, puisant aux sources de son cœur et de sa conscience, sa verve, sa verdeur, sa foi mâle et son éloquence; tour à tour artiste, savant, voyageur, écrivain et philosophe, notre héros ne cesse pas d'être un moment sur la brèche, apôtre s'occupant de tous et de tout, excepté de lui-même.

Peu de carrières ont été fournies comme la sienne; aussi, jugeant malséant d'attendre pour les honorer que

les grands hommes soient morts, est-ce avec une respectueuse fierté que nous devançons l'histoire et ajoutons à son frontispice ce nom glorieux : Trémaux. Nom inséparable de la plus grande découverte dont Thomme puisse jouir.

Ed. LEDEUIL.

DU

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