‹ Principes d'économie politique [microform]Chapitre 10 sur 64 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LA NATÜRE

Il faut entendre par le mot de Nature non un facteur déterminé delà production, ce mot n’exprimerait qu’une.vague entité, mais l'ensemble des éléments préexistants qui nous sont fournis par le monde dans lequel nous vivons ‘.

Pour que l'homme puisse produire, il faut que la nature lui fournisse un milieu propice, une matière première utilisable, et très souvent aussi des forces motrices qui aident son travail. On pourrait ajouter le temps, puisque le temps aussi bien que l’espace conditionnent notre existence.

Le milieu.

Il semble à première vue que l’homme ne puisse rien changer au milieu où la nature l’a placé. Mais ce qui caractérise le degr de supériorité d’un organisme quelconque

* Oo disait autrefois la terre. L’expression est équivalente, à la condition d'entendre par là non seulement le sol cultivable, mais le globe terrestre avec son atmosphère. Il est bien évident que notre planète, et seulement dans son ecorce superficielle, est la seule portion de l'univera qui puisse servir de iheàtre à notre activité économique. Toutefois, comme on a vu des peuplades utiliser le fer natif qu'elles trouvaient dans les aérolithes tombés du ciel, et comme tonte force motrice (vents, cours d’eau, et calorique emmagasiné dans le charbon) dérive de la chaleur solaire, scientiûqueinent le mol de .Nature est plus exact.

86 PRINCIPES d’économie politique.

c’est la faculté qu’il possède d’adapter le millieu à lui-même au lieu de s’adapter au milieu. Cette loi se vérifie à un haut degré pour l'homme. Sans doute, il ne peut pas créer des mines là où il n’y en a point, mais il peut, par des amende-' ments, fabriquer de toutes pièces le sol cultivable, remplacer des marais ou mêmedes golfes, commeceluiduZuyderzee, par des terres arables. Il ne peut pas changer les grandes lignes que la nature a dessinées, mais pour peu que celle-ci y ait mis quelque complaisance, il peut les modifier; compléter par exemple un réseau de navigation intérieure, supprimer les barrières des montagnes et des bras de mer en établissant des routes à travers ou par dessous; ou bien encore détacher l’Afrique de l’ancien continent, l'Amérique du Sud du Nouveau Monde, et faire de ces deux presqu’îles deux îles. 11 ne peut certainement pas changer la situation climatérique, mais par des reboisements sur grande échelle, par certaines cultures appropriées, plus tard par d’autres moyens dont nous n'avons pas encore le secret, l'industrie humaine pourra peut-être modifier d'une façon appréciable le régime des pluies et des vents.

Le milieu est constitué :

1“ Par l'atmosphère, qui contient le gaz oxygène indispensable à la vie et qui répond au besoin le plus urgent et le plus continu puisque une ou deux minutes d’interruption suffisent pour entraîner la mort. Mais comme la composition de l’atmosphère est la même sur tous les points du globe et que partout elle est en quantité ultra surabondante, ce bien si précieux n’a pas d’intérêt économique. Cependant selon que cette atmosphère est plus ou moins tempérée, plus ou moins humide, plus ou moins lumineuse, selon le ' régime des pluies et le débit des cours d’eau, en un mot par ce qu’on appelle le climat, elle influe de façon décisive sur la culture du sol et sur tous les arts de la civilisation *. Si à Nice ou à Saint-Moritz un terrain aride se paie des cen-

' MootcsquieUf daos son KspviL des Lois^ est ud des premiers ejuj altacbé une iailuence décisive au climat.

IA NATURE. 87

taines de francs le mètre, c’est qu’on paie non le droit au sol mais à un air ou à un soleil qu’on ne trouve point ailleurs *.

Les contrées tropicales ont pu voir s’épanouir des civilisations brillantes : elles n’ont pas vu de races laborieuses et industriellement fécondes. La nature y semble décourager la production aussi bien par ses libéralités que par ses violences. Dans ces heureux climats où le pain pousse comme un fruit, où la température dispense de songer au vêtement et presque au logement, l’homme s habitue à compter sur la nature et s'épargne l’effort. Et, d’autre part, les forces physiques ont dans ces régions une telle violence, elles sont si irrésistibles dans leurs manifestations diverses, pluies diluviennes, débordements, tremblements de terre, cyclones, que l’homme intimidé ne conçoit même pas l’idée téméraire de les dompter et de les faire servir à ses fins : c’est assez pour lui de chercher à se défendre. Dans nos contrées tempérées, au contraire, la nature est assez avare pour obliger l’homme a compter beaucoup sur ses propres efforts, mais elle n’est pas assez redoutable pour ne pas se laisser domestiquer par l’industrie humaine. Ici elle favorise l’activité productrice à la fois par ce qu’elle nous refuse et par ce qu’elle nous accorde.

I La branche de lecole de Le Play, qui a fait schisme à la suite de .M. Üemoliiis, voit dans cette question du territoire le point de départ de toute la science sociale. Elle distingue trois catégories du sol qui donnent naissance aux trois types de sociétés primitives ; 1a steppe aux peuples pasteurs; — le rivage maritime aux peuples péc/ieurs; — la forêt aux peuples chasseurs. Ce sont là des types fondamenUux des sociétés simples, c’est-à-dire qui vivent uniquement des produiU spontanés du sol. Bien plusl l’école en fait dériver, par des rapporU de tiliation nécessaire, toutes les sociétés complexes, autrement dit civilisées. Et elle retrouve ingénieusement, dans l'état primitif du sol, l’origine et la cause unique de toutes les formes actuelles de la propriété, de la famille, du gouvernement, etc. Voir ce système développé d’une façon intéressante dans la collection de la revue La Science Sociale.

Mais l’école de Karl Mai x est plus près de la vérité quand elle montre que l’influence du milieu physique décroît au fur et à mesure que grandit l’intluence du milieu économique.

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PRINCIPES d’économie POLITIQUE.

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c’est la faculté qu’il possède d’adapter le millieu à lui-même au lieu de s’adapter au milieu. Cette loi se vérifie à un haut degré pour l'homme. Sans doute, il ne peut pas créer des mines là où il n’y en a point, mais il peut, par des amende-' meuts, fabriquer de toutes pièces le sol cultivable, remplacer des marais ou mêmedes golfes, commeceluidu Zuyderzee, par des terres arables. U ne peut pas changer les grandes lignes que la nature a dessinées, mais pour peu que celle-ci y ait mis quelque complaisance, il peut les modifier; compléter par exemple un réseau de navigation intérieure, supprimer les barrières des montagnes et des bras de mer en établissant des routes à travers ou par dessous; ou bien encore détacher l’Afrique de 1 ancien continent, 1 Amérique du Sud du Nouveau Monde, et faire de ces deux presqu’îles deux îles. 11 ne peut certainement pas changer la situation climatérique, mais par des reboisements sur grande échelle, par certaines cultures appropriées, plus tard par d’autres moyens dont nous n'avons pas encore le secret, l’ind usine humaine pourra peut-être modifier d'une façon appréciable le régime des pluies et des vents.

Le milieu est constitué :

t» Par L’atmosphère, qui contient le gaz oxygène indispensable à la vie et qui répond au besoin le plus urgent et le plus continu puisque une ou deux minutes d’interruption suffisent pour entraîner la mort. Mais comme la composition de l’atmosphère est la même sur tous les points du globe et que partout elle est en quantité ultra surabondante, ce bien si précieux n’a pas d’intérêt économique. Cependant selon que cette atmosphère est plus ou moins tempérée, plus ou moins humide, plus ou moins lumineuse, selon le ' régime des pluies et le débit des cours d’eau, en un mot par ce qu'on appelle le climat, elle influe de façon décisive sur la culture du sol et sur tous les arts de la civilisation *. Si à Nice ou à Saint-Morilz un terrain aride se paie des cen-

’ Montesquieu, dans son Esprit des Lois, est un des premiers qui «il aLlacbé uoe influence décisive au climat.

IA NATURE

laines de francs le mètre, c’est qu’on paie non le droit au

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2* Par le territoire, qui lui-même comprend la situation géographique, maritime ou continentale, le relief orographique, lequel détermine le cours des fleuveset des grandes voies de commuincation, la richesse du sol et du sous-sol. Qui pourrait mesurer l’influence qu'a exercée sur les desti- \ nées de l’Angleterre ou même du Japon, sur leur développement industriel et commercial, leur situation insulaire’?

Et si l'on recherche pourquoi le continent Africain, connu de toute antiquité — et qui même a été le siège de la plus vieille des civilisations connues, cellede l’Egypte — est resté jusqu’à ces derniers jours en dehors de tout mouvement économique, tandis que les deux Amériques, découvertes depuis quatre siicles à peine, sont sillonnées en tous sens par les courants commerciaux, la principale cause doit en être cherchée dans la différence de leur réseau fluvial. Tandis que les fleuves du Nouveau Monde débouchent dans l’Océan par d'immenses estuaires et entrelacent si bien leurs réseaux que l’on peut passer des affluents de la Plata dans ceux de l’Amazone et de là dans ceux de l’Orénoque, ou bien encore du bassin du Mississipi dans celui des Grands-Lacs, presque sans quitter les routes d'eau — les fleuves africains, non moins vastes pourtant, opposent tous aux explorateurs, dans la partie inférieure de leurs cours, une barrière de cataractes infranchissables ou de marais pestilentiels — sauf le Nil pourtant, mais aussi quel rôle historique et économique a joué celui-ci I

La constitution chimique du sol, qui tient d’ailleurs comme celle du sous-sol à sa formation géologique, n’exerce pas une moindre influence. C’est elle, en effet, qui fait la richesse agricole. Si la Chine peut nourrir sa grouillante po-

t S'il fallait une preuve du rôle prépondérant que « le ruban d’argent » a joué dans les destinées de l'Angleterre, on la trouverait dans le curieux sentiment d'inquiétude qui s’est emparé de cette nation, pourtant si commerciale et libre-échangiste I à la seule perspective d'étre rattachée au continent par un tunnel sous la Manche, et le refus catégorique que, malgré » l'entente cordiale », te gouvernement anglais oppose à ce projet parfaitement réalisable et déjà amorcé.

LA NATURE

Dulalion, c’est à sa « terre jaune » qu’elle le doit ; et la Russrn’est pas moins redevable à ses riches « terresnoires » :

riches est bien le mot, car, au dire

renferment pas moins de 16 milliards de francs d azote

de nature, celte richesse de la terre n-â PM d'up grand secours pour l’homme et a. est plutdl un otelade pa? la végélaliou exubérante et dont le premier travail du pionnier consisle » ^ rasser - le plus souvent, il est vrai, avec une brutalité qu il a lieu plus urd de déplorer. L’homme aujourd hui regrette Ls forêts qu’il a abattues et s’efforce de préserver celles qui ouvrent encore certaines parties des couUoeuls sud-améri-

“jusqu’âu Se dernier le sims-.«l u’s eu presque aucune

action sur l’évolution des sociétés : mais aujourd h»» ^

une prépoudéraule et qui o’a pas peu

les rangs occupés par les nations dans 1 ordre industriel et

même comme grandes puissances, car c’est le sous-sol qui crée les grandes agglomérations d’hommes comme en Allemagne, en Belgique, en Angleterre. La production mondiale de la houille et du fer représente déjà une valeur éga e a celle du blé. Bientôt les récoltes du sous-sol dépasseront en valeur celles de la terre et ce sont celles-là qui sont aujourd’hui les plus convoitées.

La Frauce u’eat pas parmi les pays les P'us nchetueul tés ; elle n’est pas non plus parmi les plus déshérités, ce qui coDcerne la houille, elle a quelques bous mais ils ne se trouvent pas heureusement situés eu Angleterre, au bord de la mer; ni, comme en ■'"'"'■'Sue près des grandes voies navigables; et ceux situés dans les montauues du Gard ou du Tarn sont loin des grands centres .“dustriels. Telle quelle, elle produit 40 millions de tonoes, mais ce n’est guère que les 2/3 de ce qu’elle consomme et ce S ira gVandis Jit. Pour le fer, grâce à un procédé qui a permis l’emploi des minerais phosphalés de Lorra.ee naguère . inutilisables, la France se trouve en meilleure siliiation.

La question du territoire comprend aussi la question de place. Car c’est là une condition indispensable de toute production. 11 faut à l’homme une certaine place ferme ne fûtce que pour y poser son pied. 11 lui en faut un peu plus pour s y coucher, un peu plus pour y bâtir sa maison, et beaucoup plus encore pour y semer son blé et y faire paître ses troupeaux.

Or, celte question de place devient menaçante sitôt que la population d’un pays a dépassé un certain degré de densité. Quand les êtres humains, obéissant à leur instinct de sociabilité, s’agglomèrent dans quelqu’une de ces grandes fourmilières qui s’appellent Londres, Mew-York, Paris, remplacement nécessairepour les loger finit par faire défaut: on voit les terrains acquérir une valeur supérieure à celle des constructions qui les recouvrent, fussent-elles des palais de marbre, et les conséquences sociales, comme nous le verrons à propos de la question des loyers, en sont désastreuses.

11 serait absurde, certes, de craindre qu’un jour vienne où il n’y aura plus sur la terre assez de place pour que les hommes puissent s’y nourrir. En effet, l’étendue de terrain nécessaire pour suffire à l’alimentation d’un homme est considérable. Les progrès de la civilisation et de l’industrie agricole tendent, il est vrai, à réduire sans cesse cet espace. Chez les peuples chasseurs, il faut à chaque individu plusieurs lieues carrées, chez les peuples pasteurs plusieurs kilomètres carrés, chez les peuples agricoles quelques hectares suffisent, et au fur et à mesure qu’ils s’élèvent de la culture extensive à la culture intensive, la limite s’abaisse encore. La Chine, grâce à une culture intensive qui est presque devenue une culture maraîchère, arrive à faire vivre plusieurs hommes par hectare. Cependant la borne fatale, quoique sans cesse reculée, demeure et suffit pour inquiéter l’espèce humaine sur ses destinées futures.

Il est évident que la terre étant limitée en étendue ne peut nourrir qu’une quantité limitée d’habitants. C’est ce qui fait le fondement des fameuses lois de Malthus que nous

IJL NATURE.

verrons plus loin. U de

en rapport avec rèten-

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de VAastrala.sie a assure njt^e P ^ accroissement de l'espèce générations encore. Ma ,5 „imons d'hommes

humaine 1'" .•A„aiseront vite. Et nous

“t'Sus’Teiroif ddcot"'*

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aura été occupée, le erme j QjjUgée de se contenter de

mais l’espèce humaine^^^^^^b^,^^^^^

son domaine de conuuêtes. La seule conso-

rer l’agrandir par de no Regnard

It^nSraveaun orgueil asses peu justifié d'ailleu., sur un rocher de Laponie .

Hic ,uümm tandem nobi, M defuit orU.I

La matière première.

au’à la très petite profondeu çnantdes êtres

pénétrer et les qui ^mplent sa surface,

vivants (végétaux ou *“'“"7,'l,.emière qui lui est indis

fournissent a originaire de toute richesse.

pensable et constituent! élément o g ^ ^

11 est certains de ces ?est montrée très avare,

à profusion et d'autres dont elle ^

Cependant ceuxdà même donl > J considère telle

îi;L»""d;r ït Citée en général comme

PRINCIPES d’économie POLITIQUE.

exemple d’une richesse surabondante : cependant il n’est point de grande ville où l'eau ne soit insuffisante et où des travaux très coûteux et parfois colossaux ne soient nécessaires pour s’en procurer. Et il est beaucoup de pays où, même pour la culture, le transport de l’eau par sa propre pente, ou plus rarement par des machines élévatoires, 1 ir~ Hyation^ est une question vitale, tellement qu'on peut parler d’une « politique hydraulique* ». Et elle a fait naître des formes très curieuses de propriété, généralement ditlérentes de celles de la propriété de la terre. Parfois, comme en Égypte et dans le Tell algérien, l’eau est la propriété de rÉtat qui la répartit gratuitement mais qui, par le fait même de cette répartition, exerce un pouvoir souverain. Parfois, comme dans les célèbres hxierla^ de Valence ou dans les oasis d'Algérie, elle appartient à des communautés qui la font payer.

Quand il s’agit de matériaux transportables l’industrie humaine peut remédier àTinconvénient d’une inégale répartition, en les déplaçant. C’est pour cela que, comme nous le verrons plus loin, le transport constitue véritablement un acte de production. Mais comme la matière, par sa pesanteur et son inertie, oppose au déplacement une résistance qui peut être fort considérable, et comme l’efTort et les frais

* Vôir le beau livre de M. Brunhes, V Irrigdtion dans la Pénin^ suie Ibérique et dans V Afrique du Nord, et ce tableau par Fromentin du « répartiteur des eaux d à Laghouat. « C’est un vieillard à barbe, grisonnante, une sorte de Saturne armé d’une pioche en guise de faux, avec un sablier à la main. Une ficelle tenant au sablier, et divisée par nceuds, lui sert à marquer le nombre de fois qu’il a retourné son horloge... Quand il est au bout de sa ficelle, c’esl que les jardins ducanloû ont assez bu et que le moment est venu de changer le cours de 1 eau. Alors ii se lève, démolit d un coup de pioche le barrage et reconstruit l'autre avec des cailloux, de la terre et de la paille ».

il y it non pas une, mais quatre questions de l’eau : 1® l’eau potable pour l’approvisionnement des villes, problème qui devient presque insoluble et, en tout cas, de plus en plus onéreux pour les grandes villes: 2® l’eau irrigation pour les cultures; .3® l’eau force motrice pour l'iodustrie, houille blanche et houille verte; 4® l'eau rowte et moyen de transport, soit par cours d'eau naturels, soit oar canaux.

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la nature.

nécessaires pour vaiucre cette

tionoeUeraenl a la d'®'*”'®’ , i„égalilés uaturelles des

peul pas supprimer sa faible deusUé

pays. U houdle. ["■ “ relattuement à sa va-

écoDOonqae (c que par mer ou par ca-

leur), ne peut guère se le chemm

naux. S’il D y a que a rayou assez court,

de fer, elle est inutilisab g^^urels qui sont absolument

Enfin quant aux U est possible

rares et dont le mou e &e procédés de la nature, puisse

que l’homme, retrouv îPrpxemDle fabriquer les diales recréer ’ R charbon. Il est possible aussi

roants en faisant succédané, c’est-à-dire une

que l’homme trouve qu ^ ^ celle qui lui fait dé-

substance analogue par ses p P ^ -^^^jourssi sa science

faut.ll y rénssit souvent et ^ réuss^r^^ ^

était plus grande, parc q . ui présentent

corps organisés ou bruts lien est D

des caractères similaires e p ' P la goie faite

pléer dans une celle faite par le ver à soie,

avec la cellulose à la P'j'oe ce e^^ ai^ beurre,

lavégétaline d’éclairage. Ce remplacement

:r'2iUooi%'’ù-u“e apV»t|oo do « la i«i d. subsiiiu-

lion » dont nous avons déjà parlé (p. )•

Forces motrices.

U icvaii do U —

nous 1 avons vu, a dép souvent considérable et

pea . cbo. Do io.

SoTi^ dl^plyec gratutte.obi la

94 PRINCIPES d’économie politique.

force de ses semblables — l’homme a cherché à suppléer & sa faiblesse à l’aide de cerlaiues forces motrices que la nature lui fournil.

C’est à l’aide des machines que l’homme utilise les forces naturelles. La machine n’esl qu’un outil, avec cette différence qu’au lieu d’être mû par la main de l’homme, il estaclionné par une force naturelle (chute d’eau, vapeur, etc.)*.

11 est à remarquer que d’autant plus puissantes sont ces forces naturelles, et d'autant plus de temps et de peine il a fallu à l’homme pour les utiliser et les faire servir à ses fins. 11 est naturel qu’il en soit ainsi : la résistance grandit en raison directe de la puissance .

Voilà pourquoi il n'en est que quatre ou cinq que l’homme ait su utiliser pour la production : la force musculaire des animaux, la force motrice du vent et des cours d'eau, la force expansive des gaz (surtout sous forme de vapeurd’eau, un peu sous forme de gaz explosif), enfin, depuis peu de temps, [' électricité (c\m d’ailleurs n’est généralement qu’une transformation des deux précédentes). Mais il en est une infinité d’autres, connues ou inconnues. Les vagues que le vent soulève jnr la surface des mers, ou le flot de la marée qui deux fois par jour vient ébranler des milliers de lieues de côtes, constituent des réservoirs de force véritablement iné-

< Il est vrai que dans le langage courant les instruments mûs directement par l'homme sont qualifiés de machines toutes les fois qu’ils sont compliqués ^ machine à coudre, machine à écrire, bicyclette — mais cette terminologie n’est pas scientifique.

Du reste les outils ou instruments peuvent aussi mulliplier la force de l'homme. Ainsi, à l'aide d'une presse hydraulique, un enfant peut exercer une pression théoriquement illimitée et, avec un levier et un point d’ap- i

pui, Archimède se vantait avec raison de pouvoir soulever le monde. ,

Toutefois on s'est amusé à calculer que, en supposant même qu il eût ^

trouvé ce point d'appui qui lui faisait défaut, il n'aurait réussi à soulever i

la terre, en y travaillant pendant queltjues raillions d'années, que d'une '

quantité infiniment petite. C*est en effet une loi de ta mécanique qu'à I

l'aide des instruments l'homme perd comme temps ce quil gagne \

comme force. Or le temps, ainsi que nous l'avons vu, étant un élément très précieux et dont nous devons être très avares, l'avantage qu'on trouve dans l'emploi des instruments est en pratique assez limité.

Ul nature.

puisables. Et celles qu’on voit ne sont rien à côté de celles que l’on devine, ne fussent que les énergies latentes dans les combinaisons moléculaires que le radium a révélées. D’après M. Gustave Le Bon, l’énergie intra-alomique contenue dans un gramme de matière, par exemple dans une pièce de un centime, si elle pouvait être dégagée, suffirait pour faire parcourir à un train de marchandises plus de quatre fois la circonférence du globe terrestre !

La domestication de certains animaux, cheval, bœuf, chameau, éléphant, renne ou chien d’Esquimau, etc., a fourni aux hommes la première force naturelle dont ils aient fait usage pour le transport, pour la traction, pour le labourage. C’était déjà une précieuse conquête, car l’animal est proportionnellement plus fort que l’homme. La force d’un cheval est évaluée à 7 fois celle d un homme, tandis que son entretien représente une valeur moindre. Mais le nombre de ces animaux est restreint — d’autant plus restreint qu’un pays devient plus peuplé, car il faut beaucoup de place pour les nourrir; aussi ne représentent-ils qu une force motrice relativement peu considérable. Cependant la France emploie encore aujourd’hui, malgré les chemins de fer et les automobiles, plus de 3 millions de chevaux quadrupèdes, sans compter “2 millions de bRufs de labour.

La force motrice du vent et des rivières a été utilisée de tout temps pour le transport, mais jusqu’à ces derniers temps elle n’avait guère reçu d’autre application industrielle que de faire tourner les roues des moulins à vent ou à eau. Le moulin à eau, qui date des premiers siècles de l’ère chrétienne, marque la date d’invention de la première machine proprement dite, dans le sens de force naturelle asservie à la production*.

Mais de ces deux forces naturelles, l’une, le vent, est trop faible, généralement du moins, ou en tout cas trop intermittente; l’autre, si elle est plus puissante et plus facile

t Aussi cette décourerte du moulin ii eau a-t-elle été céiébrée dans des ' vers lyriques souTent cités d’un poète grec de 1 anthologie, Antiparos,

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îi capter, a le grave inconvénient d’être localisée sur certains points. Ce n’est que lorsque Newcomen (1705) et plus tard James Watt (1769) eurent employé la chaleur à dilater de la vapeur d’eau enfermée dans un réservoir clos, que fut créé ce merveilleux instrument de l’industrie moderne qui s’appelle la machine à vapeur Et ce qui a fait jusqu’à ce jour la supériorité de la vapeur c’est qu’elle est artificielle, en ce sens que ce n’est pas la nature qui l’a créée, c’est l’homme. C’est précisément pour cette raison qu’elle présente cet avantage inappréciable que l’homme peut l’employer où il veut, quand il veut, comme il veut. Elle est mobile, portative, continue, elle peut se développer à 1, 2, 3, 4..., 10 atmosphères, et sans qu’il y ait, théoriquement du moins, de limite assignable*.

Mais voici que l’eau en tant que force motrice est en train de conquérir une place de premier ordre, depuis que l’on a trouvé le moyen de rendre cette force transportable à des centaines de kilomètres, et non seulement transportable mais divisible à l’infini, en sorte que la force de l’eau peut rayonner à volonté autour du point où la nature semblait l’avoir enchaînée. C’est ainsi que le Rhône qui, depuis qu’il coule, se dépensait inutilement à user des galets, va aujourd’hui dans les chambres hautes de la Croix- Rousse faire marcher les métiers des canuts Lyonnais I Déjà la force motrice se distribue à domicile comme l’eau et le gaz et il

« Je dis « merveilleux » en raison des services rendus. En réalité, la machine à vapeur est, au contraire, un instrument très défectueux, en ce sens qu’elle n’utilise qu’une très faible partie, 1/10* tout au plus, de la chaleur développée par la combustion du charbon. Il y a déperdition énorme du foyer à la chaudière et déperdition considérable encore, quoique moindre, de la chaudière à la machine proprement dite. Aussi, M. le D' Gustave Le Bon, a-t il pu écrire : « J’espère bien qu’avant vingt ans, le dernier exemplaire de ce grossier appareil aura été rejoindre, dans les musées, les haches de pierre de nos primitifs aïeux », * Il suffirait de chauffer l'eau à516«,ce qui n’est pas une température bien élevée, pour développer une pression de 1.700.000 atmosphères, plus que suffisante pour soulever l’Himalayal La seule difficulté serait de trouver une enveloppe qui pût résister.

LA NATURE

suffit de tourner un robinet ou de presser sur un bouton pour se la procurer.

Mais comme l’eau agit non par sa masse, mais par sa vitesse — car quel parti tirer, en tant que force motrice, des milliards de mètres cubes qui dorment dans un lac ou même dans un fleuve à cours paisible comrr.e la Seine? on a été amené à utiliser l’eau surtout a son maximum de pente, c’est-à-dire à la cascade, et à remonter ainsi le plus près possible des sources des fleuves et des réservoirs où ils s’alimentent, des glaciers. C’est pour cela que M. Bergès, l’ingénieur de Grenoble, a donné, il y a près de cinquante ans (1868), à cette force nouvelle le nom, qui a fait fortune, de houille blanche. Il entendait par là, non point, comme on le croit généralement, l’eau des fleuves, mais le glacier en tant que réservoir de forces emmagasinées.

Par un heureux hasard, où l’on aurait vu autrefois une harmonie providentielle et qui doit bien tenir à quelque cause inconnue, ce sont précisément les pays les plus pauvres en houille noire qui ont été le plus richement dotés par la nature en fait de houille blanche et vice versa. Ainsi en Europe, la Suisse, ritalie du Nord, les États Scandinaves qui n’ont pas un atome de houille noire, ont de magnifiques ressources en houille blanche, tandis que l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne, si riches en mines, n’ont que peu de chutes et de cours d’eau utilisables comme force motrice. De même en Amérique, le Canada et le Brésil, qui ne paraissent guère avoir de raines de houille, ont des forces formidables en chutes d’eau. La France est assez bien par- ' tagée puisque, sans être déshéritée pour la houille noire ,voir ci-dessus, p. 90). elle possède une armée de chevaux hydrauliques évaluée à plus de 6 millions chevaux-vapeur.

Si elle sait l’uUliser, cela sullira non seulement pour la libérer du tribut qu’elle paie annuellement à l’étranger par l'achat de 20 millions de tonnes de charbon par an, mais encore pour lui permettre d’en exporter un peu.j^heureusement déjà l^accaparemeijt de ses chutes par de/sïffi^ "late^rs met de graves obstacles à leur utilisation^

• Gide. — Ér, Pol.

gjj principes d'économie politique.

Toutefois, houille noire et houille blanche sont 1 une et l’autre limitées. La première s’épuise par 1 usage, comme un trésor enfoui depuis les temps paléonlologiques où nous puisons en prodigues et qui bientôt sonnera creux. La seconde a l’avantage de ne pas se consommer par 1 usage — nous n’usons ici que du revenu et non du capital — mais nous n’avons aucune chance de voir la quanlUé augmenter au fur et à mesure des besoins, si tant est même que la diminution constatée des glaciers, et celle soupçonnée des pluies ne nous menace pas d’une décroissance de la force motrice de l’eau. 11 est donc permis de se demander avec Quelque anxiété ce qu’il adviendra de l’industrie humaine, si un jour, la houille noire et la houille blanche venant a lui faire défaut, il lui faut éteindre ses feux ou arrêter ses

^ V^t vrai qu’on rêve d’aller chercher à la source de tonte force.au soleil lui-même, la chaleur dont nous avons besoin. Mais! en admettant qu’on y réussisse, cette force empruntée au soleil aura, plus encore que les autres forces naturelles, l’inconvénient de ne pouvoir être développée ni où I on veut, ni quand on veut, ni comme on veut. Le soleil ne brille ni toujours ni partout. Si c’est lui qui doit faire marcher un jour nos usines, quel coup pour l’Angleterre bien pis que la concurrence de la houille blanche. Les brouillards de la mer du Nord deviendront son linceul et ce sera désormais au fond du Sahara que l’industrie humaine devra aller bâtir ses capitales.

Loi du rondement non proportionnel.

Puisque, comme nous venons de le voir, le terrain, les

matières premières et même les forces

celles présentement utilisables, sont en quantité limitée,

est impossible que la production dont ils constituent les

la nature.

facteurs nécessaires ne se trouve pas limitée parcootre-coup.

Il en est ainsi, en effet. , ,

C’est dans l’industrie extractive que la plus évidente. Quand la mine est épuisée il tant bien s ar rêter et généralement même on est obligé de s arrêter, bt ’avanfqu’elle soit vide, parce que l’-lrac^^ d’être rémunératrice — quoiqu’elle puisse le redevenir

jour où la métallurgie aura fait des progrès.

^ La chasse, qui tenait une si grande place dans les sociélés primitives, a disparu de la liste des industries productives

dans les pays civilisés, par cette fort bonne a cessé de donner un produit rémunérateur, "™el gré tous les règlements faits pour la protéger. Même dans les déserts de l’Afrique, même dans les solltudesdes pôles, les dépouillés des éléphants, des autruches, des castors, des loutre , L baleioes, commencent à faire défant aux explorateur oui vont les v poursuivre. La pêche manUme a raison ^ nmmensilêdu réservoir où l'homme

naturelle, est encore une grande industrie qui e“

France 150.000 personnes et produit environ 150 "““O

de francs mais l’épuisement des mers qui baignent nos tages est un sujef de lamentation pour nos populations marflimes, qui déjàsont obligées d’aller poursuivre le pojsson dans la haute mer et d’armer des bateaux plus forts. L’extermination des oiseaux - pour les mettre sur es chapeaux des dames, ou pour les manger ou par stupid. e foute pure - a pour conséquence le pullulement des insectes et de toutes les vermines qui dévorent les récoltés La disparition des forêts, et par suite du bois d œuvre est d ja unLt accompli dans plusieurs pays d’Liirope, en Angleterre. La France, qui du temps des Gaulois ne formait q^u’une forêt et que, même au Moyen âgœ, les momw d’Occîdent n’avaient qu’incompletemeot aujourd’hui que 1/6 de son territoire environ en millions et demi d’hectares sur ?>S mi»>'ons,). La est inférieure encore en d’autres pays (pas même 5 p.0/0 en

AügErc), mai, supérieure dans .Faulres pays : euvirou

^QO principes d’économtè politique.

\/k en Allemagne, 1/3 en Autriche-Hongrie et Russie, et près de moitié en Suède. On aurait pu croire que la substitution de plus en plus complète du fer au bois dans la construction des maisons, comme dans celle des navires aurait pour résultat de prolonger la vie des forêts. Mais d’autres industries sont nées qui en consomment plus encore.

La plus grande mangeuse de forêts en ce dustriedu papier, spécialement ‘«s journaux. Tel gran iournal quotidien des États-Unis dévoré a lui seul une forêt par an. LesjojiisJfi^ de k Corse sont e^e

moment c^çîèlemen^^ pourTâ Tabricallon deXa-

^^rlS^^ue quand il s'agit des êtres vivants, animaux ou vé<rétaux, l’industrie peut conjurer dans une certaine mesure le sort qui les menace en transformant ses procédés. Au lieu de faire la chasse, on peut faire de Vélevage; au leu de faire la pêche, on peu! fa,re de la pUtckultwre ; au lieu de défricher la forêt, on peut faire d\i rebmement; c’est-à-dire qu’on peut s’elever de la catégorie de 1 industrie simplement extractive à celle de l’industrie agricole,

< Une conférence, composée des gouverneurs et d’experte spéciaux des StrenufSate des Étete-Unis, s’esl réunie en »ervalion des ressources nationales .. Le président de.s États-Unis, M. Roo- >.evelt, a ouvert la conférence par cette décliiralion :

. Les ressources naturelles du pays, qui sont la base finale de la puissance et de la durée de la nation, sont en tram de s épuiser rapidement Déjà l’on voit apoaraltre lu limite des terres non encore livrées à

" "uilür. É»U-Uni.ont coom.D.é «... »« ».■ P«™ J»

forêts; or déjà la moitié du bois de construction a disparu. Les Etats- Unis ont commencé avec des gisements de charbon plus éler^us que ceux d’aucune autre nation, avec du minerai de fer *1“' puisable; or, beaucoup de personnalités compétentes inlV

Lnt que la fin du charbon et du fer approche. Les accumulations énormes d’huile minérale et de gaz ont disparu en grande

. Les voies navigables naturelles existent. toujours; mais elles ont été

tellement dégradées par suite de négligences et d autres causes que la navigation y est inférieure à ce qu’elle était il y a cinquante «"s Enfin les Élats-uL ont trouvé à leurs débuts des terres d une fe^'ililé sans exemple, et ils les ont appauvries de telle manière que leur faculté de producüon décroît au lieu d’augmenter ».

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